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Coronavirus, une pensée pour ces victimes invisibles

Jean-Marc Maillet-Contoz

Aujourd’hui je prends la parole en direct pour rendre hommage à de nombreuses personnes et avoir une pensée solidaire pour de nombreuses autres.

La crise sanitaire que traverse le France, l’Europe et plus généralement le monde, met à rude épreuve notre modèle de vie occidental. Habitués à la liberté de mouvement, de consommation, d’expression et enfermés le plus souvent dans un égocentrisme érigé en valeur suprême, nous semblons tous découvrir soudainement la fragilité de notre modèle de vie comme de la vie. Nos croyances dans la solidité et la pérennité d’un système social élaboré et d’une société protectrice sont ébranlées. La société capitaliste, la paix, la démocratie, la religion et une administration qui semble tout contrôler ne valent plus grand chose aux yeux du citoyen à qui l’on dit qu’un mal invisible mais implacable peut frapper à tout moment, quel que soit le lieu, la condition sociale, l’âge ou le genre. Cette prise de conscience nous renvoie à de grandes peurs : la perte totale de maîtrise de notre mode de vie, de notre environnement et de notre proche avenir.

Pour lutter contre ce virus qui ne connaît aucune frontière, aucune loi, ni aucune des limites à dépasser du vivre ensemble que nos sociétés ont édictées. Nous subissons un confinement de plus en plus dur et d’autres l’ont vécu avant nous. Mais l’homme est un animal social comme le disait Aristote. Alors il est bien sûr difficile de l’accepter et de le faire accepter aux autres. Coupés de la plupart de nos liens sociaux, de nos activités habituelles, de nos petits plaisirs, de nos pieds de nez quotidiens aux règles sociales, morales ou éthiques, nous allons devoir faire appel à ce que nous avons des plus riche et de plus positif en nous, pour que, coupés de nos repères, nous restions ou devenions plus matures, plus proches de nos proches, plus créatifs, plus patients, plus respectueux des autres et de leur bien-être. La grande majorité d’entre nous trouvera ces ressources, j’en suis certain.

Je reviens à mon intention première ; celle de rendre hommage à toutes celles et ceux qui vont supporter le confinement dans la solitude la plus totale, la peur, le manque, mais aussi la violence domestique.
Je souhaite que nous ayons une pensée pour ces personnes qui vivent dans de minuscules logements, parfois insalubres, seuls ou en famille. Ces personnes qui vivent de petits boulots au jour le jour sans économie, sans protection sociale. Ces femmes battues qui, sans les indispensables soupapes que leur procuraient le travail ou les courses, ne peuvent plus échapper à leur bourreau. Ces enfants maltraités qui ne connaîtront pas de répit au cours des prochaines semaines. Toutes les personnes qui au nom de la précaution sanitaire vivent confinement comme consignés à résidence sans appel possible. Les services sociaux comme les services de police ne pourront plus agir avec autant de facilité et les indispensables liens sociaux qui servaient de bulle d’oxygène disparaissent.
Je ne veux pas rester dans une vision trop noire de la situation mais notre société est complexe et nous devons tenir compte de tout et de tous dans ces moments.

Je pense aussi aux soignants, aides à domicile, aidants familiaux, personnels administratifs et logistiques qui grâce à leur engagement au-delà du raisonnable vont permettre à de nombreuses personnes âgées, handicapées, démunies et isolées de garder une vue sur le bout du tunnel et un minimum de réconfort et de liens sociaux. 
Je vais aussi rendre hommage au Gouvernement qui prend des mesures d’une incroyable impopularité et d’une grande violence pour préserver la santé du plus grand nombre et à notre économie de sortir de cette douloureuse parenthèse dans les meilleures conditions possibles.

Nous sommes au pied de la courbe épidémique et nous n’avons pas fini de scruter quotidiennement son évolution et ses conséquences. Il nous faut donc garder notre humanité, cultiver notre bienveillance et contribuer à la solidarité chaque fois que c’est possible.

Jean-Marc Maillet-Contoz
   

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