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Vaccination et handicap au Royaume-Uni : Une gestion contestée

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Vaccination et handicap au Royaume-Uni : Une gestion contestée
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La gestion de la vaccination pour les personnes handicapées au Royaume-Uni largement contestée

Par Jean-Christophe Verro. Le Royaume-Uni compte plus de 100 000 décès dus au coronavirus. Deux tiers de ces décès concernent des personnes handicapées. 40% des décès ont touché des résidents de maisons de retraite (30% sont décédées dans les maisons de retraite et 10% l’ont été à l’hôpital où elles ont été transportées). En parallèle de cela, la gestion de la vaccination au Royaume-Uni est contestée du fait qu’elle n’a pas donné suffisamment de priorités aux personnes en situation de handicap en tant que personnes vulnérables.

59% des décès concernent des personnes handicapées

Selon les données du Bureau des statistiques nationales, 59% de tous les décès concernent des personnes handicapées. Cette statistique est largement cachée à la vue du public et doit être extraite des données.

Certaines personnes parlent de cette pandémie comme s’il s’agissait d’une guerre. Nous ne sommes pas en guerre. C’est une pandémie, une émeute, en temps de paix. Les vies perdues ne sont pas celles de personnes engagées sciemment au combat. Ce sont les vies perdues de civils qui s’acquittent pacifiquement de leurs activités quotidiennes. Il convient de noter que même en temps de guerre, pendant la Seconde Guerre mondiale, 70 000 vies civiles ont été perdues. En cette période de paix pandémique, le chiffre est déjà un tiers plus élevé que cela.

Les associations de défense des personnes handicapées ne partagent pas l’opinion selon laquelle le gouvernement a fait tout ce qu’il pouvait pour protéger leur vie, mais au contraire considèrent qu’il n’en n’a pas fait assez pour les protéger et les soutenir. Elles demandent au Gouvernement et au NHS (service de santé) de reconnaître l’énorme impact du coronavirus sur la vie des personnes handicapées.

D’autant que de nouvelles données du Bureau des statistiques nationales montrent que les personnes handicapées couraient trois fois plus de risques de mourir du coronavirus que les personnes non handicapées entre janvier et novembre 2020.
Le risque était 3,1 fois plus élevé pour les hommes plus handicapés et 1,9 fois plus élevé pour les hommes moins handicapés, par rapport aux hommes non handicapés. Chez les femmes, le risque de décès était 3,5 fois plus élevé pour les femmes plus handicapées et 2,0 fois plus élevé pour les femmes moins handicapées, par rapport aux femmes non handicapées.

Les personnes handicapées en 6e place sur la liste des priorités de vaccination au Royaume-Uni

Les besoins médicaux et d’accessibilité spécifiques des personnes handicapées doivent être reconnus et placés au cœur de la planification du programme de vaccination du Royaume-Uni.

La liste des priorités, par ordre de vaccination, est la suivante:

  1. Résidents des maisons de soins pour personnes âgées et leurs aidants
  2. 80 ans et plus et travailleurs sociaux et de santé de première ligne
  3. 75 ans et plus
  4. 70 ans et plus et les personnes cliniquement extrêmement vulnérables
  5. 65 ans et plus
  6. 16 à 64 ans souffrant de problèmes de santé sous-jacents graves
  7. 60 ans et plus
  8. 55 ans et plus
  9. 50 ans et plus

En février dernier, débutait la vaccination des cohortes 5 et 6 (celles de 1 à 4 avaient déjà reçu au moins la première injection). Disability Rights, une association de défense des droits des handicapés, estime que les personnes handicapées devraient être placées beaucoup plus haut dans les priorités de vaccination. En effet, il peut être plus difficile pour elles de s’isoler et de suivre les mesures de sécurité, et aussi parce qu’elles sont plus susceptibles d’avoir des problèmes de santé sous-jacents qui augmentent les risques de coronavirus et de complications à long terme.

Concilier vaccination et handicap implique de rendre les informations accessibles

Les informations doivent être claires, cohérentes et sans ambiguïté et éviter le jargon ou les termes médicaux qui ne sont pas expliqués. Et même avec cela en place, elles peuvent aussi avoir besoin de parler à quelqu’un. Par exemple les personnes ayant des troubles d’apprentissage et les personnes autistes ont besoin de quelqu’un au bout du téléphone à qui parler, et de ne pas avoir à écouter des robots. La vaccination est importante, mais elle doit être effectuée en toute sécurité et avec une autorisation totale. Cela signifie que les gens ont besoin d’avoir l’information dans un format qu’ils peuvent utiliser, afin qu’ils puissent comprendre et convenir par eux-mêmes d’aller de l’avant. Cela implique que les risques aient été expliqués et que vous donniez votre consentement pour aller de l’avant. C’est pourquoi il est si important de se préparer.

Après la vaccination, il est important de surveiller les effets secondaires, en particulier ceux qui ne disparaissent pas en un jour ou deux. Au 19 février, au Royaume-Uni, environ 8 millions d’adultes étaient déjà vaccinés.

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Journaliste pour le magazine papier « Handirect » et son site internet www.handirect.fr, je rédige actuellement des articles sur tout ce qui touche de près ou de loin au handicap. L’objectif étant aussi bien de sensibiliser le public non initié que d’apporter des informations pratiques aux personnes directement concernées. Cela comprend plus particulièrement : - Le handicap en tant que tel qu’il soit permanent ou temporaire, visible ou invisible, qu’il touche des adultes ou des enfants, et quelle que soit sa forme ou sa nature : handicap moteur, déficience visuelle ou auditive, handicap psychique, intellectuel ou cognitif, autisme, polyhandicap. Cela inclut aussi toutes les situations de handicap au sens large, telles que les problèmes de santé, la douleur, les conséquences ou séquelles d’une maladie, les effets de l’évolution en âge… - L’accessibilité appliquée à tous les domaines de la vie quotidienne pour une personne en situation de handicap : l’école, les lieux publics, les soins médicaux, la culture, le tourisme et les loisirs, la vie sociale, intime, et professionnelle. - Les aidants et proches des personnes en situation de handicap : les difficultés qu’ils rencontrent, les différents lieux et acteurs auprès desquels ils peuvent trouver un soutien, le répit, leur rôle indispensable dans la société, leurs revendications et les évolutions juridiques les concernant. - Des interviews et portraits de personnalités Outre ces articles de nature pratique, je réalise également des interviews et portraits destinés avant tout à mettre en valeur des personnalités, des parcours, des initiatives, des situations, des manières de vivre… qui à mon sens méritent d’être mieux connues et/ou partagées avec le plus grand nombre. Auparavant correspondante pour le quotidien régional « Le Progrès », et journaliste au sein du magazine papier et internet « Le Journal de l’Emploi Rhône-Alpes », j’ai par ailleurs une sensibilité particulière aux thèmes de l’emploi, la formation et l’insertion professionnelle, des éléments primordiaux pour faciliter l’intégration de chacun dans la société, et souvent à plus forte raison pour des personnes en situation de handicap.

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