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Enfants et handicap

Troubles de l’oralité : Les conseils d’Accompagn’moi

Troubles de l'oralité Accompagn'moi

Vous êtes parents d’un enfant en situation de handicap? La rubrique Accompagn’moi vous est dédiée. Célia Della Tommasa, éducatrice spécialisée et fondatrice de la société Accompagn’moi, vous invite à poser ici toutes vos questions.  Découvrez ici ses conseils concernant les troubles de l’oralité.

Les enfants ayant des troubles de l’oralité sont plus nombreux qu’on ne le pense. Handicap ou non, ce trouble peut toucher tous types d’enfants. En tant que parents, on se sent alors démuni face à son enfant qui ne s’alimente pas ou très peu. S’alimenter nous donne de l’énergie et permet de grandir, il est donc légitime pour un parent d’être effrayé.

J’ai choisi d’aborder ce sujet afin d’informer sur ce trouble que je pense trop méconnu. Dans mon travail j’ai pu constater que de jeunes adolescents avaient des troubles de l’oralité et qu’aucun professionnel n’avait pu conseiller les parents méconnaissant ce trouble. Je développerai également la différence entre trouble de l’oralité et phobie alimentaire.

Qu’est-ce que l’oralité ?
L’oralité désigne l’ensemble des fonctions orales se rapportant à la survie et à la communication : l’alimentation, la ventilation, le cri, l’exploration tactile et gustative et le langage. Elle débute dès le 3ème mois de grossesse. Les premières manifestations de l’oralité alimentaire interviennent lors de la mise en place du réflexe de Hooker : la langue descend, la main touche les lèvres, la bouche s’ouvre et la langue sort pour toucher la main. Cette première exploration corporelle constitue le passage de l’embryon au fœtus. Après 6 mois d’entrainement dans le ventre de la mère, le couple succion/déglutition, indispensable pour la tétée, est mature à la naissance.

Petit à petit, l’enfant va se redresser et commencer à se nourrir à la cuillère avec une alimentation de plus en plus solide et variée. La mastication va progressivement se mettre en place (à partir de deux ans). Au moment où la mastication se met en place, l’enfant commence à dire des mots puis de petites phrases.

L’oralité ne se résume pas à la bouche, et la bouche ne sert pas que pour l’alimentation.

La bouche est la région du corps spécifiquement située à l’interface du dedans et du dehors, la bouche et son fonctionnement se trouvent ainsi impliqués dans toute une série de fonctions centrales dans l’ontogenèse de la personne (attachement, étayage des pulsions, sevrage, instauration du langage), et ils s’avèrent essentiels à la compréhension, par exemple, du développement fœtal que l’on retrouver plus fréquemment chez des enfants autistes.

Comment définir les troubles de l’oralité ?
Le trouble de l’oralité recouvre l’ensemble des difficultés de l’alimentation par voie orale. Selon Catherine Senez – orthophoniste – ces signes physiologiques sont regroupés au sein d’un Syndrome de Dysoralité Sensorielle (SDS). Les troubles de l’oralité se caractérisent par une l’hypersensibilité ou hyposensibilité sensorielle concernant les goûts et les odeurs. Les troubles de l’oralité alimentaire sont variables selon chaque enfant :

-Quantités alimentaires insuffisantes

-Nausées et/ou vomissements

-Lenteur de la prise alimentaire

-Absence de plaisir

-Hypersensibilité de la bouche et des lèvres

-Refus des aliments nouveaux

-Refus des morceaux

-Troubles de la déglutition.

La présence d’une multitude de troubles de l’oralité est susceptible d’entraver le bon développement de l’enfant.

Parfois, l’enfant refuse de s’alimenter, pouvant faire croire à une anorexie alors qu’ici la cause n’est pas psychologique mais physiologique.

Que remarque-t-on au quotidien ?
La personne qui présente des troubles de l’oralité va développer une hyper sélectivité avec une rigidité sur ce qu’il va accepter de manger. On peut rencontrer des familles en détresse avec un repli social car il est impossible pour leur enfant de manger autre part que chez eux. Ou encore, il doit toujours avoir la même cuillère ou le même aliment. D’autres enfants refusent tout aliment solide, ce qui réduit les possibilités en nutrition.

Trouble de l’oralité et néophobie : Il est important de ne pas confondre trouble de l’oralité et la néophobie: La néophobie se caractérise par l’apparition chez l’enfant d’une forte opposition dans la découverte des aliments nouveaux, inconnus ou peu familiers.

La néophobie apparaît généralement dans la période où l’enfant commence à être naturellement opposant, il souhaite ainsi s’affirmer par le refus.

Quelle prise en charge est donc nécessaire pour les troubles de l’oralité ?
Généralement ce sont les orthophonistes qui y sont formés. Cependant tous les orthophonistes ne sont pas spécialisés dans ce domaine pour autant. Il sera alors possible pour certains enfants de voir deux orthophonistes différentes en fonction du travail à effectuer. Tout au long de la prise en charge, l’orthophoniste commente, explique ce qu’il propose à l’enfant afin de dédramatiser la situation et d’en faire un moment sécurisé par la verbalisation. ll emploie un ton doux et rassurant de façon à mettre l’enfant en confiance. La mise en mots des actions réalisées ainsi que des objets et des aliments proposés au patient tend à désamorcer l’angoisse du patient avant qu’elle ne soit trop envahissante. Le but ultime de la prise en charge reste évidemment la ré-alimentation totale par la bouche.

Cependant, cet objectif ne doit pas être prépondérant dans la prise en charge, il doit être considéré comme l’étape ultime mais ne doit en aucun cas être l’élément central des séances autour duquel tout gravite.

Il est possible de travailler ce trouble également avec un psychométricien, un kinésithérapeute, un psychologue et un gastro-entérologue en plus de la prise en charge orthophonique.

Il est surtout très important de ne pas forcer l’enfant à mettre dans sa bouche des aliments. Cela pourrait ajouter une angoisse supplémentaire et accentuer le blocage déjà installé. Être à l’écoute de son enfant sera le seul et unique conseil que je vous proposerai. Il est nécessaire que ce soit un accompagnement parental avec une guidance et des recommandations thérapeutiques. Les parents sont des partenaires indispensables à la bonne réussite de la guidance.

N’hésitez pas à nous écrire si vous souhaitez plus de précisions sur le sujet des troubles de l’oralité. Et continuez à nous poser vos questions sur www.handirect.fr, rubrique « À vos questions » ou par courrier postal à : Handirect, Rubrique Accompagn’moi, 5 rue de la Claire, 69009 Lyon. Service anonyme et gratuit. Pour en savoir plus sur Célia Della Tommasa : www.accompagnmoi.com

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