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Traumatisme de Guerre, la CABAT répond présent

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Traumatisme de Guerre, la CABAT répond présent

À l’occasion de la signature de la convention entre Thales et la CABAT (Cellule d’ Aide aux Blessés de l’Armée de Terre), nous avons eu l’occasion de rencontrer l’Adjudant Frédéric, bénéficiaire du dispositif. Il a accepté de nous raconter les conditions qui l’ont conduit à être victime de blessures psychologiques.

Pouvez-nous nous retracer votre carrière dans l’armée ?
Je suis entré dans l’armée de terre en avril 1991, j’ai été affecté aux services de transmissions au centre de traitement des informations de Paris, j’y suis resté 8 ans. Puis j’ai le 110éme régiment d’infanterie en Allemagne durant 7 années, puis le 126ème  régiment d’infanterie de Brive durant 6 années   et enfin je sui arrivé à la DIRISI (Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information) en Ile de France.

Quelles sont les origines de vos traumatismes ?
Au cours de ma carrière, J’ai fais deux fois six mois en Afghanistan en qualité d’informaticien de combat, j’assurais le bon fonctionnement des outils de communication et d’informatique embarquée à bord de véhicules de patrouille. J’étais de fait directement impliqué dans les combats et j’ai vécu des épisodes traumatisants. J’ai entendu des balles siffler à mes oreilles a plusieurs reprises et un jour j’ai été traumatisé par la mort de l’un de mes meilleurs camarades, disparu au cours d’une explosion, ce fut très dur. Sur place les conditions de vie étaient très particulières puisque même nos alliés Afghans nous tiraient dessus, soit par erreur, soit parce qu’ils avaient rejoints les talibans.  Les patrouilles s’échelonnaient tous les trois jours avec leur lot de stress et de blessés. Sur la fin j’étais devenu paranoïaque, j’avais la main constamment sur mon arme.

Comment avez-vous pris conscience de vos blessures psychologiques ?
Une fois de retour en France, je ne dormais plus et je revivais les combats toutes les nuits. Je me suis renfermé et désocialisé y compris de ma propre famille. J’étais aussi devenu claustrophobe.  Après un an et demi de cette vie, ma femme m’a demandé de réagir. Mon médecin m’a imposé de m’arrêté, il a pris contact avec l’armée qui m’a orienté vers la CABAT. Ce fut difficile car je ne voulais pas arrêter l’armée. J’ai du faire des deuils difficiles.

Comment s’organise votre prise en charge par la CABAT ?
Avec d’autres blessés psychologiques, nous assistons à des stages de prises de parole, de travail avec une psychologue et d’étonnantes séances de Lego, qui nous permettent de faire ressortir  nos angoisses.  On nous alors expliqué que le retour à une vie professionnelle civile était possible grâce aux partenariats d’entreprises mis en place pour nous accueillir avec nos compétences.

Comment vos blessures sont ‘elles considérées par l’armée ?
En maladie professionnelle. Ce statut est valable pour 6 ans, ensuite nous basculons sur un autre statut si nous n’avons pas trouvé de travail.

Qu’est-ce qui vous a conduit chez Thales ?
Je voulais travailler dans un grand Groupe cohérent avec mes savoir-faire et mes capacités et j’ai eu la chance d’être choisi. Chez Thales je vais dans un premier temps travailler au service achat, ce qui me va très bien. Aujourd’hui j’ai 46 ans et je vais beaucoup mieux grâce à un traitement, je peux envisager une nouvelle carrière car Je vois cela comme un renouveau avec une certaine stimulation. 

 

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