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Sport et citoyenneté a fêté ses 9 ans: Rencontre avec son directeur

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« Poursuivre notre mission et gagner encore en influence », tel est l’objectif de Julian Jappert, directeur de Sport et citoyenneté pour les mois à venir.

 Sport et Citoyenneté a fêté son 9e anniversaire au mois de septembre. Retour sur les événements marquants et sur les perspectives d’avenir avec son Directeur Julian Jappert, qui répond aux questions d’Handirect.

 Julian Jappert, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ? Pouvez-vous nous raconter l’histoire de Sport et citoyenneté ?

De nationalité française et suisse, je suis né à Marseille. J’ai suivi des études de droit, avec une spécialisation en droit européen et en droit de la concurrence. J’ai aussi un diplôme en droit pénal et en criminologie. En parallèle, j’ai longtemps été joueur et moniteur de tennis et je me suis peu à peu intéressé au droit européen du sport, qui était en pleine construction dans les années 1990-2000. C’est ainsi que j’ai intégré Canal+ en tant que juriste lobbyiste, puis les institutions européennes, où j’ai pu suivre le développement de la politique européenne du sport. J’ai notamment travaillé sur la préparation et la mise en œuvre de l’Année européenne de l’éducation par le sport en 2004. Ce fut une très belle expérience, car les aspects éducatifs et citoyens du sport m’ont toujours intéressés, et ils étaient, jusque-là, plutôt ignorés par les institutions européennes.

En 2007, avec quelques amis, nous avons décidé de créer un Think tank sur ce thème (Sport et Citoyenneté) car nous avions remarqué qu’il n’existait pas en Europe de groupe de réflexion indépendant, apolitique et pluridisciplinaire dans le domaine du sport. Une structure capable de produire du contenu mais aussi de faire du lobbying politique et d’exister en tant que plateforme pour tous les acteurs du sport. Nous sommes aujourd’hui la seule structure de ce type en Europe et nous bénéficions d’une vraie reconnaissance, à la fois des acteurs institutionnels nationaux et européens, mais aussi de la société civile. Enfin, et ce n’est pas la moindre de mes fiertés, nous avons fédéré autour de nous un vrai réseau et nous continuons de produire régulièrement du contenu, des notes, des prises de position… C’est un marqueur essentiel à mes yeux.

Pensez-vous que le regard sur le sport ait changé depuis ces neuf années ?

Je l’espère ! Nous sommes des observateurs attentifs et des acteurs engagés sur cette voie, car nous pensons que le sport est un outil à forte valeur ajoutée et qu’il peut être utile dans la poursuite des différentes politiques publiques. Pas seulement sportives, mais aussi éducatives, sanitaires, territoriales… Je pense que les choses évoluent, mais pas assez vite. Au niveau européen, le sport dispose désormais d’un cadre politique et d’un programme de financement propres. C’est déjà une belle victoire. Mais le sport est toujours vu comme quelque chose de léger, de futile. Le budget qui lui est consacré en France comme ailleurs en témoigne. Or il s‘agit d’un secteur très dynamique, dont le poids est réel si on le prend dans son horizontalité.

Quels sont les objectifs que vous vous fixez pour les années à venir ? Avez-vous un message particulier à faire passer au nom du Think tank Sport et citoyenneté ?

Nous sommes de grands utopistes, et je crois qu’il en faut dans une société qui est en recherche de valeurs. Le sport doit être un lieu d’étude sérieux, qui participe comme les autres secteurs d’activités aux réflexions visant à imaginer la société de demain. D’autant plus qu’il bénéficie d’une médiatisation sans équivalent et qu’il intéresse une grande partie de la population, notamment les plus jeunes. Il détient une puissance de ciment social encore sous-exploitée. Les valeurs que nous portons sont des valeurs de citoyenneté. Nous souhaitons une société plus égalitaire, plus solidaire, plus fraternelle, moderne avec un mode de gouvernance, de management et de reconnaissance qui soit plus tourné vers l’humain que vers le profit. Et nous sommes persuadés que le monde du sport a de vrais atouts à partager dans ce domaine ! Pour prendre un exemple que vous connaissez bien, nous essayons de proposer régulièrement des pistes de réflexion pour accompagner la pratique sportive des personnes en situation de handicap. Quand on évoque ce sujet, on aborde bien sûr la question de l’accessibilité des infrastructures sportives, mais aussi celle des modes de déplacement, de l’accompagnement, de la formation du personnel encadrant, la pratique de loisir dans les établissements spécialisés, la question de l’inclusion scolaire et de la participation des enfants et adolescents aux cours d’éducation physique et sportive… On voit combien les enjeux sont réels et nécessitent une approche globale du sujet. Nous avons eu le plaisir de travailler sur ces thèmes l’an dernier, en partenariat avec la Fondation FDJ. Nous avons organisé un Débat du Sport Solidaire, qui est un rendez-vous co-construit avec la Fondation FDJ dans le but de questionner la place du sport dans la société et la manière dont il en éclaire les évolutions. Ce type d’action résume bien l’ADN de notre structure. Notre objectif est plus que jamais de continuer notre mission sur ce sujet et sur bien d’autres, en essayant d’être toujours plus pertinents dans nos propositions, et influents auprès des décideurs !

www.sportetcitoyennete.com

 Photo : Julian Jappert et Ségolène Neuville, lors des Débats du sport solidaire le 17 février 2016.

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