Partager, , Google Plus, Pinterest,

Ecouter avec Readspeaker

Posted in:

Emploi-Formation et handicap

Sabooj : 1re agence de com entreprise adaptée en France

Sabooj entreprise adaptée agence de communication

Sabooj : « Il ne faut pas sous-estimer le secteur adapté et protégé »

Rencontre avec Marie-Hélène Delaux, dirigeante et fondatrice de l’entreprise Sabooj, première agence-conseil en communication, entreprise adaptée, à avoir vu le jour en France.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis fondatrice et dirigeante de l’entreprise Sabooj. Auparavant, j’ai été salariée du groupe Crédit Lyonnais – Crédit agricole pendant 22 ans. À l’origine, j’ai fait une école de commerce à Paris. C’est après avoir exercé différents postes que je me suis lancée dans l’entrepreneuriat en 2009.

Sabooj, qu’est-ce que c’est ? Pouvez-vous nous raconter son histoire ?
C’est une agence-conseil en communication basée à Paris et c’est la première agence de communication qui a été agréée entreprise adaptée (EA) en France.
En tant que responsable de communication des ressources humaines du Crédit Agricole, j’ai été amenée à recourir à des prestataires du secteur protégé et adapté. Un jour, en voulant faire réaliser des vidéos pour mon site internet, j’ai recherché avec le responsable de la mission handicap de l’époque, Philippe Le Reste, une « agence de communication entreprise adaptée » mais nous n’avons rien trouvé.
Il m’a alors suggéré que ce serait une idée intéressante, parce que c’était nouveau et qu’eux-mêmes avaient beaucoup de besoins en communication, au niveau de la mission handicap. Du coup, je suis revenue le voir deux jours plus tard et je me suis lancée dans l’aventure.
C’est vraiment parti de ce constat qu’il y avait un réel besoin. Philippe Le Reste avait d’ailleurs clairement exprimé l’idée que le Crédit Agricole pourrait aider à la création d’une telle entreprise, aussi bien financièrement par le biais d’une subvention (car dans le cadre des accords Agefiph, les grandes entreprises peuvent aider à la création d’entreprises adaptées ou d’ESAT), que commercialement pour faire démarrer la structure. Nous nous sommes donc quittés en très bons termes. Le Crédit Agricole m’a fait travailler pendant 9 mois en attendant que je reçoive l’agrément entreprise adaptée. Et dès que je l’ai obtenu, en juin 2010, j’ai effectivement reçu une aide financière. Le Crédit agricole est resté très présent durant toute la première année pour me permettre de recruter les premiers graphistes et commencer à pérenniser l’entreprise.

Et aujourd’hui, où en êtes-vous ?
Aujourd’hui, Sabooj emploie 11 personnes, dont 8 en situation de handicap : des graphistes, des web graphistes et des illustrateurs, ainsi qu’une chargée de communication. Chaque entreprise adaptée doit compter parmi ses effectifs de production au moins 80% de salariés en situation de handicap ; chez nous ils représentent 100% des effectifs de production.

Plusieurs types de handicaps sont présents. Proportionnellement, il y a un peu plus de personnes sourdes ou malentendantes car beaucoup d’entre elles se dirigent plus facilement vers les métiers du graphisme, mais Sabooj reste ouverte à tout type de profil, quel que soit le handicap des candidats.

Quelles sont les principales activités de l’entreprise adaptée Sabooj ?
Nos activités reposent sur le conseil en communication et la mise en œuvre d’un plan de com’, en passant par tous les supports : édition (plaquettes, kakémonos, brochures), supports web (sites internet, bannières…), supports audiovisuels (animation, motion design) et photo. Nous faisons parfois appel à des personnes extérieures pour certaines prestations (photographes, cadreurs, monteurs, réalisateurs…) mais nous nous attachons à travailler au maximum avec des personnes qui sont également en situation de handicap, qu’il s’agisse d’autoentrepreneurs, de free-lance ou d’intermittents.

Êtes-vous susceptibles de recruter prochainement ? Si oui, quels sont les profils recherchés ?
Nous recrutons régulièrement car il y a parfois des mobilités, notamment des personnes qui réorientent leur parcours professionnel. Lorsque nous recrutons, nous recherchons essentiellement des graphistes, des personnes compétentes pour faire des motions vidéo et des animations.
Il reste encore des a priori sur l’entreprise adaptée… mais les personnes qui travaillent au sein de l’entreprise Sabooj ne sont pas là par hasard. Le graphisme est un métier passion qui nécessite de l’autonomie et des compétences techniques acquises à travers l’expérience, la formation, et la maîtrise des logiciels. Le graphisme demande aussi d’être créatif et curieux de ce qui se passe dans les différents univers visuels qui nous entourent.

Avez-vous des projets pour les mois à venir ?
Mon principal projet est de développer cette société de manière pérenne, pour vraiment installer cette structure et qu’elle puisse vivre de façon durable. Pour cela je souhaite mettre en place des partenariats avec de très grandes entreprises ou des agences de communication qui pourraient travailler avec nous en cotraitance pour asseoir ce projet – qui est un projet social mais qui a besoin d’avoir une certaine récurrence économique pour être mené à bien. Une entreprise adaptée a tout de même des contraintes, comme n’importe quelle entreprise, et ne peut fonctionner que si le projet économique fonctionne.
Dans ce sens, le projet que nous avons et que je mène depuis 8 ans, c’est aussi de faire en sorte que les responsables de services communication dans les entreprises changent un peu leur regard et se pose la question : « Si nous changeons d’agence de communication, pourquoi ne pas entrer dans la boucle d’une entreprise adaptée ? ».

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Je suis également animatrice de la filière des agences de communication entreprises adaptées. En 2009, il n’y en avait pas en France et aujourd’hui il y en a 5.
Sur certains projets, nous travaillons déjà avec Inspirience, une agence parisienne qui est plus basée sur l’événementiel et donc assez complémentaire de Sabooj.
Ainsi, dans la mesure du possible, nous essayons de travailler ensemble, en proposant des cotraitances, car cela rassure les grandes entreprises et que nous avons le point commun d’avoir créé une entreprise adaptée, avec une même vision des choses et des valeurs en commun : la solidarité, le partage, le travail en équipe… De plus, cela donne de la visibilité à nos entreprises adaptées qui sont encore très peu nombreuses sur le marché de la communication. C’est ce qu’on appelle un GBI : groupement de bonne intelligence.

Comme exemple de cotraitance avec Inspirience, nous avons réalisé la remise des diplômes de Science Po Paris l’année dernière. Nous avons également assuré toute l’animation de la SEEPH 2016 pour l’Agefiph. Aujourd’hui, nous répondons à des appels d’offres publics conséquents. On sous-estime parfois la capacité du secteur protégé et adapté, mais nous pouvons monter sur des contrats de 250 000 euros, tout en procurant des unités bénéficiaires aux clients.

L’équipe de Sabooj dessinée par l’une de ses graphistes, avec, par ordre d’apparition de gauche à droite : Margot, Maja, Marie-Hélène, Eudes, Cécile, Edouard, Isabelle, Estelle, May et Xavier. Chacun signe son nom en LSF.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

J’ai lu et accepte la politique de confidentialité de ce site