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Responsabilité sociale et handicap : Des atouts pour l’entreprise

Responsabilité sociale et handicap, l'analyse de Gérard Lefranc

Thales développe sa stratégie de responsabilité sociale comme un atout pour la réussite de l’entreprise. La politique globale du handicap mise en œuvre par Gérard Lefranc fait partie de cette dynamique.

Aujourd’hui toutes les catégories de personnels qui composent l’effectif d’une entreprise bénéficient des particularités et des protections destinées à favoriser leur intégration professionnelle. Nous avons demandé à Gérard Lefranc, en charge de la mission handicap de Thales; entreprise de plus de 90 000 collaborateurs, son analyse au sujet de la responsabilité sociale et du handicap.

Selon lui la société française est en pleine évolution et les entreprises ont pris conscience que la finance est indissociable des hommes. Nous sommes à une époque où la relation à l’autre s’est à la fois distanciée et parfois déshumanisée, or les entreprises symbolisent le travail collectif. Elles ont donc le devoir d’agir et de donner du sens aux individus et au collectif. « Pour cela il est nécessaire de mettre en place des environnements aptes à accueillir les personnes dans les meilleures conditions, commente-t-il. Pour une entreprise comme Thales, la relation avec ses collaborateurs va bien au-delà du simple respect du cadre légal. Mettre en place des politiques sociales dont l’importance est évidente et fondent les valeurs de l’entreprise est une demande conjuguée à la fois des salariés, de la société en général, de l’environnement, et de l’écosystème.

Pour Gérard Lefranc, les entreprises vont aujourd’hui au-delà du simple respect de lois « Chez Thales, nous avons des politiques globales dans lesquelles la différence ou le genre ne sont plus des sujets de « préoccupation ». Nous considérons que chacun est une richesse pour nos organisations et au centre des celles-ci la place des personnes handicapées est totalement actée ». Si les entreprises ont aussi bien évolué, il ne faut pas se cacher que la notion de responsabilité sociale y a beaucoup contribué. Aujourd’hui la loi PACTE (pour la compétitivité des entreprises) met en place un « label handicap » afin de permettre aux entreprises qui en ont une approche globale du handicap de valoriser leur engagement. À l’évidence, se focaliser sur le simple taux d’emploi n’est plus satisfaisant. Lors de la journée internationale du handicap, les valeurs de Thales ont été résumées en une phrase : « Parce Jean et Pierre qui sont en situation de handicap ont pu donner le meilleur d’eux-mêmes dans ces conditions, parce qu’ils peuvent compter sur leurs collaborateurs et leurs collaborateurs sur eux, notre entreprise devient un lieu de partage, de confiance, d’ouverture d’esprit et d’innovation. Accueillir des personnes en situation de handicap est une chance et une richesse pour nos collaborateurs et notre groupe. Le handicap c’est l’affaire de tous ».

Le handicap doit-il se distinguer de la diversité et de la responsabilité sociale ?
Dans ce domaine, chaque entreprise fait de son mieux et dans certaines on trouve une mission diversité qui comprend la thématique du handicap, et dans d’autres ces aspects sont plutôt séparés. Thales a fait le choix de traiter le handicap avec des process spécifiques. Pour Gérard Lefranc, la raison est simple et elle est mise en avant par le défenseur des droits : « En France le handicap est la première cause de discrimination. Thales, qui a toujours ouvert la voie à des innovations sociales sur de nombreux domaines, se doit d’avoir, face à ce constat, une démarche intégrée mais spécifique du handicap. Nous savons très bien que le taux de chômage des personnes handicapées est beaucoup plus élevé que pour d’autres et c’est aussi pour cette raison qu’il nous semble important de traiter cette question de manière spécifique. Spécifique mais en lien avec les écosystèmes de Thales et ceux de la société que sont : l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, et les Centres de rééducation professionnelles, qui ont vraiment besoin d’un partenariat fort avec des entreprises dotées d’une politique à la fois globale et spécifique pour mener à bien leurs missions. »

L’impact des réformes de la loi Pénicaud chez Thales
Cet impact se mesure à différents niveaux illustrés par les trois décrets dont les projets sont sortis récemment. L’un porte sur les modalités de déclaration de l’obligation d’emploi, l’un sur les accords agréés et le troisième sur la contribution due au titre de l’obligation d’emploi et notamment la sous-traitance au secteur protégé. Deux autres décrets vont sortir d’ici un mois. Ils portent, pour l’un sur les EACP (emploi à aptitudes et compétences particulières) et l’autre sur l’offre de services (répartition des missions en matière de contrôle, de contentieux et de partage d’informations).
Dans la société, les réactions face à cette loi sont très diverses mais pour Gérard Lefranc, le principe premier de cette loi est de prioriser l’emploi direct et de prendre en compte tout type d’emploi, que ce soit des CDD, des stages, de l’alternance, des mises à dispositions, des périodes d’insertion professionnelle. ….sans omettre le travail dans le secteur adapté et protégé.

Parallèlement, les entreprises n’auront bientôt plus à faire la DOETH (déclaration obligation d’emploi des travailleurs handicapés). Celle-ci se fera automatiquement lors de déclaration sociale nominative (DSN) que les entreprises font chaque mois à l’Urssaf. « Cette nouvelle approche permettra de connaître le taux réel d’emploi des personnes handicapées en France puisque, même les entreprises de moins de 20 salariés devront faire cette déclaration », ajoute Gérard Lefranc. Concernant les sociétés à établissements multiples, c’est le cumul des effectifs de ses établissements qui sera pris en compte pour le calcul du taux d’emploi, élément important de simplification mais aussi de visibilité globale de la situation de l’emploi. Pour Gérard Lefranc : « Ces mesures redonnent du sens au taux d’emploi car aujourd’hui ce pourcentage est trop confus et ne permet pas de mesurer la réalité de l’emploi des personnes en situation de handicap, et peut s’avérer même contre-productif pour l’emploi des personnes handicapées ». L’approche gouvernementale priorise l’emploi direct mais la loi permet aussi aux entreprises de s’adapter à la nouvelle donne du secteur du travail protégé et adapté, en faisant du partenariat avec le STPA un acte important de la politique de sous-traitance et d’achat de l’entreprise. Dorénavant c’est sur la partie productive de la sous-traitance au STPA que l’entreprise pourra dégrever la somme correspondante à sa contribution. Gérard Lefranc confirme que « La stratégie de Thales ne sera donc plus de comptabiliser des unités bénéficiaires par des accords de sous-traitance mais en accord avec la Direction des Achats : de bâtir avec les fournisseurs de rang 1 de Thales des contrats en cotraitance avec le secteur protégé et adapté et de les déployer dans les différents bassins d’emploi dans lesquels Thales est acteur. » Ce n’est donc plus dans les seules mains de la mission handicap, cela devient un acte de partenariat chargé de sens De son côté, le STPA verra son rôle renforcé dans le passage des travailleurs handicapés du milieu protégé au milieu ordinaire grâce au nouveau contrat « CDD tremplin ».

« Ces entreprises auront également comme mission d’accompagner les entreprises dans l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés et le maintien dans l’emploi, et elles ont toutes les compétences pour le faire » selon Gérard Lefranc. Des entreprises adaptées qui n’étaient que fournisseurs vont devenir partenaires à part entière de la politique handicap et ressources humaines de l’entreprise.

Concernant les accords agréés, ils seront limités dans le temps (2 accords de 3 ans successifs) à partir de 2020 et c’est un véritable changement de paradigme avec ce qui nous vivons depuis 30 ans. Pour le directeur de la mission handicap de Thales, «Ces deux accords successifs ont pour fonction de donner le temps nécessaire pour permettre la mise en place d’une politique globale destinée à développer l’emploi des personnes handicapées et non plus de soulager l’entreprise de sa contribution.» On s’oriente par ailleurs grâce à ces mesures vers une offre de services et une problématique partagée entre la Fonction Publique et le secteur privé.

Ces mesures peuvent-elles créer une nouvelle dynamique ?
Oui, répond Gérard Lefranc, « elles font bouger les choses, elles permettent aux acteurs publics de l’emploi et à l’Agefiph de mieux travailler ensemble. Mais également de mieux reconnaître le service apporté par le STPA et sa valeur productive, de savoir travailler avec l’Éducation nationale et l’enseignement supérieur pour préparer les jeunes à l’emploi : une nouvelle dynamique qui se met en place. On s’oriente vers une offre de services et une problématique partagée entre la Fonction publique et le privé. Même si ces secteurs conserveront leurs spécificités. »

La politique d’inclusion et la responsabilité sociale, des atouts pour Thales ?
« La notation sociale d’une entreprise est de plus en plus importante et la politique d’inclusion de Thales dépasse le handicap. Cette politique revêt aussi une importance majeure pour les salariés. Les personnes qui sont dans l’emploi ou qui entrent dans l’entreprise sur la base de la marque employeur sont en droit de demander si l’entreprise est respectueuse de son environnement, si elle a une politique égalité hommes/femmes, comment la différence est prise en compte, poursuit Gérard Lefranc. Et les entreprises qui ne respectent plus ces principes se mettent en danger ». L’indicateur de responsabilité sociale est effectivement aujourd’hui scruté par de nombreux acteurs y compris financiers. Pour Gérard Lefranc le message vis-à-vis de l’extérieur est clair « Nous avons besoin de vos talents et de la diversité, de ce que vous êtes, et Thales fera en sorte que votre environnement de travail s’y adapte». Et, il précise, en conclusion : « Sur l’aspect du handicap nous mettons aussi un point d’honneur à assurer à nos collaborateurs une véritable évolution professionnelle. Tout cela contribue à la réussite d’une entreprise comme Thales. »

Plus d’infos sur Thales : https://www.thalesgroup.com/fr

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