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Archives des articles et dossiers du handicapTransports, mobilité et handicap

Permis moto: « J’ai réalisé mon rêve malgré mon handicap »

Passer le permis moto, coûte que coûte : Tel était le rêve de Gabriel, jeune passionné de mécanique et d’engins motorisés. Cela semblait compliqué au départ, en raison de son handicap : suite à une blessure due à l’explosion d’un pétard, Gabriel a perdu en partie l’usage de sa main gauche ainsi que ses doigts à l’âge de 18 ans. Mais avec un bon encadrement, toutes les précautions d’usage et une grande motivation, il est parvenu à atteindre son objectif au centre de conduite CESR ECF de Bron (69).                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

Gabriel, 30 ans, jeune conducteur moto

 

Son projet: Au début, alors que j’avais mon permis de conduire une voiture, je ne pensais pas que je pourrai un jour passer aussi le permis moto. Puis j’ai aperçu une moto adaptée chez un garagiste, ce qui m’a amené à lui poser des questions à ce sujet et à me renseigner davantage. C’est là que l’idée a commencé à mûrir. J’ai alors été confronté à pas mal de difficultés car je ne savais pas comment m’y prendre et les auto-écoles vers qui je me suis tourné au départ ne semblaient pas convaincues par ma demande. Finalement, je me suis adressé par téléphone à l’association « Handicap Motard Solidarité » qui m’a apporté une grande aide : on m’a indiqué que je devais avant tout passer une visite médicale de contrôle pour garantir officiellement que j’étais apte à conduire une moto. L’association m’a également accompagné plus tard dans mes démarches d’assurance, et elle a proposé de mettre un véhicule adapté à ma disposition. Toutefois, je préférais acheter mon propre véhicule.

 

Son expérience avec l’auto-école : J’ai alors fait des démarches pour trouver une auto-école qui pourrait dispenser ma formation et je suis arrivé au Centre ECF Bron. J’ai expliqué ma situation et montré mon formulaire de visite médicale validé. L’équipe de l’auto-école m’a dit qu’elle allait se renseigner auprès des formateurs, et quelques jours plus tard elle m’a donné son accord, m’indiquant également que je pourrais utiliser le parking du centre ECF pour stocker ma moto pendant la formation.

Une fois certain que je pourrais suivre une formation, j’ai acheté une moto classique que j’ai fait adapter (pour 75 euros) en fonction des aménagements prescrits par le médecin : il s’agissait simplement de faire passer l’embrayage du même côté que le frein, du côté de ma main valide. Puis j’ai commencé ma formation, à l’été 2013.

Mes formateurs ont dû prendre un peu de temps pour découvrir ma moto et s’habituer à son fonctionnement, mais pour ma part je me suis très vite adapté, aussi parce que je n’avais jamais conduit d’autres motos… donc pour moi c’est un peu comme si elles étaient toutes comme ça. Au niveau du pilotage, j’ai eu des crampes dans le bras au départ car je devais forcer plus pour compenser, mais cela s’est vite arrangé en prenant l’habitude de la moto. Je dois également compenser le fait que mon bras gauche s’agrippe moins en travaillant plus avec le bassin et les cuisses, mais ce n’est pas un problème. Après ma formation, qui n’a pas duré plus longtemps que la moyenne, j’ai réussi l’examen du premier coup, en plateau et en circulation. Je suis ravi d’y être arrivé.

 

Sa conclusion : J’aurais pu passer mon permis sur une moto automatique mais je préférais le faire sur une moto classique, comme je l’avais imaginé. La visite médicale imposée avant la formation m’a aidé à prendre conscience que je pouvais réellement passer mon permis moto, que c’était possible. Si l’on est vraiment motivé, on peut donc passer son permis moto avec un handicap au bras. Après, que l’on ait ou non un handicap, il s’agit de rester raisonnable et conscient des dangers de la route dès lors que l’on conduit.

 

Christophe, 38 ans, formateur moto depuis 13 ans 

 

Son expérience auprès de Gabriel : C’était la première fois que je formais un élève en situation de handicap à la conduite moto. En fait, il n’y a eu presque aucune différence par rapport aux autres élèves. Les autres formateurs et moi-même avons commencé par une phase d’adaptation à la moto adaptée de Gabriel. Aucun de nous n’était familiarisé à ce système. Mais lui s’est habitué tout de suite ! Le travail était donc surtout de notre côté sur ce plan-là. Ensuite j’ai suivi le cursus traditionnel, sans exercices intermédiaires car ce n’était pas nécessaire. Je craignais que Gabriel rencontre des difficultés pour tenir le guidon de la moto, mais ça n’a pas été le cas. Il a par ailleurs fait un peu d’exercice pour muscler son bras gauche, de manière à disposer d’une poussée suffisante pour braquer et contre-braquer. En dehors de cela, aucune différence.

Sa conclusion : C’était une belle expérience, atypique, que je renouvellerai avec joie, pour former une personne ayant le même type de handicap ou un autre. Sur le plan professionnel, c’est très enrichissant car cela permet d’apprendre à s’adapter quelles que soient les circonstances et de vivre des expériences différentes de l’habitude.

Propos recueillis par Caroline Madeuf

 

 

Centre CESR ECF Bron : Des actions en direction des personnes handicapées et des seniors

Très concernée par la question du handicap mais aussi de la perte d’autonomie, l’équipe du Centre de formation CESR ECF Bron propose des formations adaptées aux personnes en situation de handicap, tout en menant des actions de soutien et de sensibilisation auprès du public âgé en perte d’autonomie.

 

Des formations adaptées aux personnes en situation de handicap

« Nous disposons de deux véhicules aménagés, tout automatiques, avec des adaptations modulables en fonction des besoins de chacun. Nous pouvons ainsi former à la conduite automobile toute personne quel que soit son handicap, dès lors qu’elle a validé sa visite médicale auprès d’un médecin agréé en préfecture », explique Christelle Oberholz, directrice du centre de formation CESR ECF Bron. Le centre dispose également de moniteurs formés spécifiquement à l’apprentissage de la conduite pour des personnes en situation de handicap.

 

Des interventions auprès des publics déficients intellectuels

Le centre CESR ECF Bron organise régulièrement des interventions auprès des publics déficients intellectuels sous forme de sensibilisation à la sécurité routière. Cette année, nous avons travaillé avec un ESAT pour interpeller ses salariés sur la question du partage de l’espace de circulation et du respect des règles de sécurité essentielles. Nous avons d’autres projets en cours de maturation, notamment autour de l’utilisation du vélo. Nous sommes ouverts aux propositions de partenariats des établissements sur ce sujet.

 

Des réactualisations des connaissances pour les automobilistes seniors

Une fois par trimestre, le Centre CESR ECF Bron organise à destination des automobilistes seniors (65 ans et plus) une « Journée Loisir sécurité routière » lors de laquelle les seniors sont invités à réactualiser leur connaissance du Code de la route, mais pas seulement, comme l’explique Christelle Oberholz :

« La journée débute par une réflexion sur ce qu’il se passe lorsqu’on avance en âge : changement du temps de réaction, acuité visuelle, sens de l’observation, perception… À cela viennent s’ajouter des ateliers pratiques autour du partage de la route, des réflexes, des angles morts, des aides à la conduite (limitateurs de vitesse, GPS…), de l’installation. Tous ces ateliers permettent d’aboutir à des déductions et de réfléchir à la meilleure d’adapter son comportement aux situations qui se présentent. Dans une situation simple, un senior régira de la même manière qu’un autre automobiliste, mais dans une situation complexe, son temps de réaction sera automatiquement plus long. Cette prise de conscience peut ainsi amener à prendre de nouvelles habitudes plus adaptées, par exemple éviter de sortir lorsqu’il y a des bouchons, choisir un itinéraire plus simple même s’il est légèrement plus long… Le but n’est pas de donner des leçons de morale mais vraiment de donner des clefs aux conducteurs, pour qu’ils trouvent eux-mêmes les solutions qui leur conviennent et soient plus sereins lorsqu’ils prennent le volant. À noter qu’il n’y a pas de partie « circulation ». On ne cherche pas à modifier des gestes acquis depuis longtemps, mais bien des comportements, pour les adapter aux changements physiologiques qui interviennent au cours de la vie. L’inscription pour une journée coûte 130 à 160 euros. En général, les participants ressortent très contents de cette formation – sensibilisation ».

 

Plus d’infos sur : http://www.ecf.asso.fr/

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