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Handisport

Paralympiques 2016: Christophe Durand, coach au tennis de table #7

christophe durand paralympiques 2016

Depuis notre dernière interview, nous avons gardé le contact avec Christophe Durand qui accepté de répondre à nos questions au cours de l’un des stages d’entrainement qu’il animait avec les 14 pongistes sélectionnés pour les Jeux paralympiques 2016 à Rio.

Sur quelle base s’organisent les stages quelques semaines avant les Jeux ?
Nous avons commencé à élaborer ce programme à l’issue des Jeux de Londres au cours desquels la France n’avait remporté aucune médaille d’or. Cette situation nous a totalement remis en question est nous avons commencé par mettre au point une sélection plus dynamique et plus sévère. À Londres nous avions 28 participants, cette année, pour les Jeux paralympiques 2016 à Rio, nous n’en avons plus que 14.

Le rythme des grandes compétitions : Europe/Monde/Europe/Jeux paralympiques, nous permet pendant l’année des Jeux d’avoir plus de temps de préparation. Généralement, d’octobre à mars les préparations se font individuellement. Puis d’avril jusqu’aux Jeux la préparation se fait à base de trois stages d’une douzaine de jours, et de manière collective avec l’ensemble des sélectionnés, ainsi que des partenaires d’entrainements et des jeunes joueurs à fort potentiel. Cela représente environ 22 personnes en tout. Entre chacun de ces stages, nous organisons des petits regroupements avec plus de gestion individuelle. Nous travaillons aussi beaucoup sur les procédures d’échauffement car avant un match un athlète peut passer jusqu’à trente minutes dans la chambre d’appel.

Dans un premier temps nous travaillons le foncier, puis nous travaillons les techniques les plus évoluées peu de temps avant les Jeux. Il faut avant tout maîtriser les bases.

Y a-t-il une préparation psychologique ?
Non pas réellement, nous avons fait intervenir un préparateur mental il y quelques années et depuis chacun utilise les outils qu’il a acquis. Certains le font, d’autres non, nous n’insistons pas là-dessus.  Concernant la préparation diététique et physique chacun sa a méthode et ses protocoles, de notre côté nous les suivons beaucoup plus sur la partie technique.

Quelles autres formes de préparation assurez-vous ?
Nous demandons à nos athlètes de filmer leur différentes compétitions et surtout celles qui les opposent à leurs principaux adversaires. Ces vidéos nous servent d’outils de travail et d’analyse de pratique de jeu. Nous décortiquons avec  chaque joueur ses points forts et ses points faibles mais aussi ceux de leurs adversaires, afin de corriger les gestes et les techniques. À 15 jours des Jeux c’est repos et détente pour tout le monde car il ne faut plus tirer sur la machine mais au contraire trouver l’énergie nécessaire pour le jour J.

Nous n’entendons pas souvent parler de dopage dans le handisport, qu’en est-il d’après vous ?
C’est que dans le tennis de table le dopage ne semble pas avoir d’intérêt. Les analyses coûtent chères,  sont longues, et la fédération Française Handisport n’a pas non plus beaucoup de moyens.

Cependant, lors de chacune de mes victoires internationales j’ai été contrôlé. Et avant chaque grande compétition internationale, il y a des contrôles inopinés et les athlètes sont censés donner un calendrier précis de leurs déplacements et de leur zone géographique. Si on ne peut pas joindre ou rencontrer un athlète sur cette base, il peut être disqualifié. En règle générale, durant toute ma carrière je n’ai jamais vu d’athlètes handisport se faire prendre pour dopage et donc encore moins être disqualifiés. Ce que je peux simplement faire remarquer c’est que les filles sont beaucoup moins représentées que les hommes, mais c’est je crois la discipline qui veut ça.

Mais alors que pensez-vous de l’exclusion des athlètes handisport russes des Jeux pour soupçons de dopage ?
J’ai été déçu par la marche arrière du CIO (Comité International Olympique) et j’espère que le CIP (Comité International Paralympique) tiendra ses positions. Ce qui me chagrine,  c’est que les athlètes des sports d’été vont payer pour ceux qui ont commis des fautes dans les disciplines d’hiver. Mais dans le doute il faut certainement le faire car il n’y pas de fumée sans feu. Au fond de moi, je serai quand même étonné que le CIP aille jusqu’au bout de cette affaire même s’il est inadmissible qu’il se soit fait berner par une délégation toute entière.

Quelle sont les nations les plus fortes au tennis de table handisport?
La Chine arrive en tête, elle remporte presque tout depuis les Jeux de Pékin. Arrive ensuite sa voisine la Corée du sud, puis je situerais l’Ukraine, l’Allemagne, et la France qui reste l’un des grandes nations du tennis de table handisport.

À quoi vous attendez-vous sur place en termes d’organisation ?
J’avoue que nous avons un peu peur car de nombreux bénévoles ont quitté leur poste lors des JO pour cause de lassitude due à la mauvaise organisation. Ce qui nous inquiète aussi c’est la faible fréquentation des lieux de compétition, quand on voit ce qu’il en est pour les JO. Ce n’est pas essentiel mais après Londres la barre est très haute et pour les athlètes, ça fait partie de l’aventure de Jeux. Heureusement, France Télévisions mets de gros moyen et les réseaux sociaux feront le reste. Les athlètes français seront vus et admirés dans l’hexagone. Après des années de préparation c’est un retour mérité et c’est aussi très important pour les familles.

Christophe Durand, 2 fois champion paralympique, 1 fois champion du monde, 3 fois champion d’Europe. Entraîneur de l’équipe de France de tennis de table Handisport pour les Jeux paralympiques 2016 à Rio.

Plus d’infos sur: http://cpsf.france-paralympique.fr/

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