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Sports, loisirs et handicap

Paralympiques 2016 : « Participer à une olympiade, c’est grandiose » #17

Paralympiques 2016 Romain Noble escrimeur

Romain Noble, escrimeur français, médaillé d’argent à Londres participe aux Jeux Paralympiques 2016 à Rio. Il bénéficie du support et du soutien de la SNCF  pour qui il travaille depuis 5 ans.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
J’ai 35 ans, je suis membre de l’équipe de France Handisport d’escrime depuis la saison 2008-2009 où je pratique l’épée et le sabre, et je suis actuellement assistant planificateur de travaux au sein de la SNCF. J’étais auparavant entraîneur d’escrime.

Pouvez-vous nous parler de votre handicap ?
C’est un handicap de naissance : le spina bifida. Il s’agit d’une malformation de la moelle épinière aux niveaux S1-S2. Cela provoque des déformations aux pieds et aux membres inférieurs, et les choses ont tendance à se compliquer avec l’âge. J’ai la chance d’être marchant, ce qui n’est pas le cas de toutes les personnes touchées par le spina bifida.

Racontez-nous votre carrière sportive.
Mon parcours sportif est un peu atypique. Je suis mal marchant mais je ne me déplace pas en fauteuil, de ce fait, lorsque j’ai commencé l’escrime à l’âge de 14 ans, c’était en tant que sportif valide et dans un club de valides. J’ai pratiqué l’épée et le sabre en valide de l’âge de 14 ans jusqu’à 26 ans. En 2003, j’ai passé mes diplômes d’enseignement (Brevet d’État d’escrime) et l’une unité dédiée au handisport a attiré mon attention. Ça m’a donné l’envie d’essayer. Je me suis donc lancé ! Il m’a fallu un temps d’adaptation pour m’habituer au fauteuil et transposer à l’escrime fauteuil la technique que j’avais apprise debout, mais je me suis finalement bien adapté. Certains mouvements sont similaires, notamment les mouvements du tronc. J’ai alors débuté les compétitions handisport, juste après les Jeux de Pékin (2008) pour lesquels je n’avais pas assez de temps pour me préparer. J’ai commencé par les circuits nationaux, et puis sont venues les coupes d’Europe et les coupes du monde Handisport. Ces compétitions permettent d’accéder aux qualifications pour les championnats du monde handisport et les Jeux Paralympiques. C’est ainsi que j’ai pu me qualifier aux Jeux de Londres en 2012, lors desquels j’ai remporté une médaille d’argent à l’épée. Et aujourd’hui, me voilà reparti pour une olympiade ! J’ai reçu la confirmation officielle de ma qualification au sabre le 16 juin pour les Jeux de Rio et je suis en attente de sélection pour l’épée (au moment de l’interview). L’annonce aura lieu le 27 juin 2016. 

Les Jeux paralympiques, qu’est-ce que ça représente pour vous ?
C’est le graal du sportif amateur ! Quand on gagne on est sur le toit du monde. C’est aussi l’aboutissement d’une carrière. Participer à une olympiade, c’est grandiose, mais en faire deux c’est vraiment quelque chose de très fort. C’est aussi quatre ans de travail, de discipline et de sacrifices, mais ça en vaut la peine surtout lorsque c’est pour une passion. 

Comment vous préparez-vous à cette compétition ?
Je fais beaucoup de stages, notamment avec l’équipe de France d’escrime handisport. Ces stages ont lieu essentiellement en France et de temps en temps à l’étranger. On essaye d’aller s’entraîner là où se trouvent les meilleurs tireurs, très souvent auprès de sportifs valides. Ils se mettent dans un fauteuil pour pouvoir s’entraîner avec nous, ce qui fonctionne bien dès lors qu’ils s’habituent. En parallèle, il y a toute une préparation physique et mentale, des séances de kiné et des périodes de récupération qui sont aussi très importantes avant une grande compétition.  

Quels sont vos objectifs pour les Jeux Paralympiques de Rio 2016 ?
Mon objectif c’est de monter sur la plus haute marche du podium pour décrocher la plus belle médaille. Est-ce que j’y parviendrai ? Je ne sais pas ! Mais ce qui est sûr c’est que j’y vais pour gagner et que je m’entraîne pour ça. 

Parlez-nous du lien que vous relie à SNCF.
En 2011, la SNCF a pris contact avec la Fédération Handisport dans le but de recruter et soutenir des athlètes handisport dans leur carrière sportive. Mon profil a été sélectionné et la SNCF m’a proposé un poste avec des horaires aménagés pour faciliter l’entraînement et les compétitions. J’ai débuté en 2011 par un CDD avec « mise à disposition à 100% », ce qui signifiait que je pouvais dédier 100% de mon temps de travail à la préparation des Jeux Paralympiques de Londres. En 2012, ce CDD a été transformé en CDI * avec une mise à disposition qui peut varier de 30 à 50% (sur l’année) selon les échéances des compétitions. C’est ainsi que j’ai intégré en 2012 l’Infrapôle Aquitaine, où j’occupe mon poste actuel de planificateur de travaux.
Aujourd’hui SNCF me soutient et m’offre une chance de reconversion professionnelle. Sans cette aide, tout cela ne serait probablement pas possible. Quand j’ai intégré l’entreprise en 2011, tout s’est simplifié. Le fait d’avoir eu beaucoup plus de temps à consacrer à ma pratique m’a tout de suite apporté énormément. D’ailleurs dès l’année qui a suivi j’ai remporté quatre médailles aux championnats d’Europe. Mon emploi précédent nécessitait que je sois présent à temps plein, et comme il s’agissait d’un petite structure il n’était pas possible pour mes employeurs de faire autrement. »

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Une carrière comme celle que je vis en ce moment, on ne peut pas la faire tout seul. L’inconvénient du handisport, c’est que notre pratique n’est pas prise en compte par la fédération. Pour progresser et accéder aux grandes compétitions, les sportifs doivent investir du temps mais aussi de l’argent, pour le matériel, les déplacements, les frais de participation… Le fait d’être bien entouré permet d’aborder les compétitions dans un état d’esprit bien meilleur et bien plus serein. Sans cela je ne pourrais pas partir quatre fois par an aux quatre coins de la planète pour me qualifier aux Jeux. SNCF m’apporte donc un soutien indispensable. Je suis également membre du team Caisse d’épargne. Autres soutiens très forts : mon préparateur physique « Pro feel concept » et ma préparatrice mentale, ainsi que la région Aquitaine, qui aide financièrement les athlètes français dans le team Rio.

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