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PAP, ou quand être Dys n’est plus un handicap !

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Dyslexiques, dyspraxiques et autres Dys ont officiellement été reconnus comme des handicaps par la loi de 2005. Mais au cœur du système scolaire, les difficultés n’ont jamais vraiment diminué et semblent même empirer. Un article réalisé par Jean-Marc Maillet-Contoz avec l’appui de Jean-Marc Roosz, président de la plateforme École2demain, dédiée à « L’accès aux savoirs et aux apprentissages au bénéfice de tous les élèves ».

 À l’école, les enfants Dys qui pouvaient voir leur situation prise en charge par le dispositif  de Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) sont aujourd’hui orientés, poussés, vers un accompagnement de droit commun, le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) dont les réponses ne sont plus du tout à la hauteur des troubles et, donc, des besoins des enfants.
Porté par certaines associations de parents, le PAP est aujourd’hui synonyme d’une sortie des troubles «dys» du domaine du handicap. Tout du moins dans le cadre scolaire. C’est la mise à l’écart progressive à l’école des élèves touchés par la dyslexie, la dyspraxie, la dysphasie, la dyscalculie, etc. que craignent le plus les parents… Le PAP est un dispositif  beaucoup plus large que le PPS. Il touche aussi les enfants qui ont des troubles d’apprentissage ou d’attention sans lien avec un quelconque handicap ou censés ne pas nécessiter de moyens de compensation matériel et / ou humain financés par l’État. Du coté des MDPH le problème est le même puisqu’elles rechignent aussi à reconnaître le statut de personne handicapée à une personne souffrant de Dys.

Or, comme le rappelle Jean-Marc Roosz président de École2demain, pour chaque enfant Dys il faut un diagnostic précis afin de bien comprendre les empêchements constitutifs  du handicap et les moyens qu’il faut mettre en face. Si parce qu’il a réussi à mettre en place des stratégies de compensation (provisoirement ?) un enfant Dys obtient la moyenne en classe, ses troubles ne seront pas repérés et son handicap ne sera pris en compte.

De leur côté, les familles peu informées sont maintenues dans l’ignorance des troubles et de leurs droits, ce qui favorise le déni. Elles sont aussi désarmées face à la pression d’une administration qui souvent refuse même de les rencontrer. La cause en est une logique financière, de la part des collectivités et de l’Éducation Nationale car, pour elles, le PAP est nettement moins coûteux et beaucoup moins difficile à déployer. Dans ce contexte, même des médecins sont parfois pro PAP et ne font rien pour arranger la situation de l’enfant. Les enseignants  sont aussi très peu formés et donc très démunis pour défendre le cas de ces élèves.  En France, la formation des enseignants relève du volontariat ; il y a très peu de demandes dans les domaines qui concernent les troubles Dys et, de fait, ces formations ne constituent jamais une priorité. Les enfants et les familles sont au final les victimes de ce système.

Dès lors que le PAP est lancé il est quasiment impossible d’accéder au PPS.  Qu’adviendra-t-il de ces enfants, une fois devenu adultes ? Ceux qui n’ont pas pu suivre une scolarité en adéquation avec leurs besoins n’auront qu’à se débrouiller dans le monde du travail, c’est le message de fond de cette politique. Comment faire bouger les lignes ? La Fondation Dyslexie et LADAPT ont décidé conjointement la création d’un think-tank pour réfléchir aux solutions à mettre en œuvre pour l’accueil et l’accompagnement des élèves à besoins spécifiques.

Il semblerait que le dispositif  PAP, bien que porté à ses débuts par des associations qui se sont voulues représentatives, soit aujourd’hui majoritairement rejeté. Le réformer pour que les enfants Dys, “vrais Dys”, puissent de nouveau pleinement bénéficier  du PPS paraît aujourd’hui bien illusoire. Cette situation illustre assez bien l’histoire du handicap en France : « un peu mais pas trop » !

En photo : Jean-Marc Roosz : « Pour chaque enfant Dys il faut un diagnostic précis afin de bien comprendre ses difficultés et les moyens à mettre en face ».

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