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Culture et handicap

Morgane Alegann, comédienne-humoriste : Le spectacle, c’est de la magie!

Morgane Alegann, comédienne-humoriste, sur scène

Rencontre avec Morgane Alegann, comédienne-humoriste actuellement en formation à l’école du One Man Show de Paris.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Morgane Alegann. J’ai 29 ans et je suis heureuse ! J’ai un nouveau métier qui déchire : comédienne- humoriste ! Ma vie c’est mes amis, ma famille, la scène, l’écriture et des aventures de pacotilles mais qui peuvent s’avérer exceptionnelles à raconter !

Racontez-nous votre parcours professionnel.
Après une école de technicienne en biologie-biochimie, j’ai embrayé avec une école d’ingénieur en biochimie à Toulouse. Comme j’aime apprendre, je ne me suis pas arrêtée là ! J’ai poursuivi avec une thèse de génétique à Rennes. Et puisque j’ai réalisé un virage à 360° pour monter sur scène, je suis depuis un an et demi dans une école de théâtre à Paris : l’école du One Man Show de Paris. Les études, ce n’est pas encore fini pour moi !

Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Aujourd’hui j’en suis à écrire mon premier one woman show. C’est un exercice très compliqué, parce que l’écriture et très personnel aussi parce que quand on souhaite faire du stand up cela peut demander de parler de ses propres expériences. Enfin stand up, pour ma part je suis plutôt sit down !

Qu’est qui vous a amenée au domaine du spectacle ?
Quand j’étais en thèse, je souhaitais trouver une activité qui me permette de décompresser. Le théâtre était une idée qui me trottait dans la tête depuis des années déjà. Lors d’un forum des associations, j’ai rencontré le professeur de théâtre qui ouvrait pour la première année un atelier d’improvisation théâtrale dans la ville où j’étais. J’ai signé tout de suite. Deux mois après, avec le groupe, nous avons fait une représentation pour animer le téléthon et ce qui devait arriver arriva : le coup de foudre. La fusion scène/public/rires/jeu = c’était indescriptible ! J’ai « renié » ce sentiment jusqu’à la fin de ma thèse, essayant de m’auto-persuader que ce n’était qu’une lubie, que le théâtre resterait dans ma vie à la place d’un hobby. Mais plus je montais sur scène, moins il était possible de nier l’évidence. Elle m’appelait, la scène m’appelait. C’est comme quand quelqu’un à deux mètres de vous qui vous appelle en criant toute la journée « Morgane, Morgane, Morgane, Morgane » ; vous avez beau faire la sourde oreille, au bout d’un moment vous répondez « j’arrive ». C’est ce que j’ai fait. J’ai répondu en montant à Paris, sur scène.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de faire du spectacle ?
Faire du spectacle vivant c’est une expérience difficile à décrire. C’est un échange avec le public, une communion dans l’énergie qui peut être porteuse ou pas d’ailleurs (enfin je préfère quand c’est de la bonne énergie). J’aime cette ambiance de « show », de spectacle, de – voilà, je me livre à vous, je vous fais partager ce que je suis de plus drôle et je m’en amuse avec vous, je vous nourris en rires et vos rires me nourrissent en retour.

J’adore l’idée d’être généreuse avec plein de personnes en même temps, de partager une expérience, un souvenir ou autre chose et finalement le devenir par le spectacle. C’est le pied ! J’apprécie aussi beaucoup de rencontrer les personnes du public après chaque représentation, parler, discuter, communiquer, véhiculer de bonnes ondes ; ce dont nous avons tous besoin. Amener le public à s’interroger et à réfléchir sans qu’il ne s’en rende compte, ça aussi ça me plait. Et c’est un exercice très difficile ! Le challenge d’y parvenir en faisant rire le public est un défi des plus palpitants. Le spectacle, c’est de la magie ! Une adéquation parfaite entre (principalement) la générosité de l’acteur, son jeu, la subtilité de l’écriture et le public !

Y a-t-il d’autres élèves en situation de handicap (visible) dans votre promotion ?
Alors pas dans ma promotion, mais je ne suis pas la première à être passée par cette école. Une autre jeune femme a terminé les cours en juin dernier, et à une autre époque, Guillaume Bats y était aussi.

Est-ce que ça a quand même été « facile » d’y entrer ?
Easy (Fastoche) ! Handicap ou pas handicap, au final dans le monde du spectacle, ce qui compte est ce que l’on est, ce que l’on sait de nous, sa singularité et ce que l’on en fait. Entrer dans l’école a donc été facile ! Par contre, entrer au sens physique du terme c’est plus délicat, il y a une marche à l’entrée du théâtre. Il y a plus handicapant…comme un véritable escalier. C’est faisable avec un fauteuil manuel.

Et aujourd’hui est-ce que vous pouvez suivre tous les cours comme tout le monde ? Tout est accessible ?
Tout n’est pas accessible mais avec de l’huile de coude, une bonne séance de kiné et des collègues imbibés de testostérone on peut gravir… une scène à 40 cm du sol.

Dans tous les cas, le jour où l’intégralité des théâtres seront accessibles, les personnes handicapées auront des dents. Mince ce n’est pas ça l’expression. Les personnes handicapées voleront ? Non, marcheront, les personnes handicapées marcheront.

Avez-vous déjà échangé avec d’autres élèves ou des professeurs sur le sujet du handicap ?
Oui, obligée. C’est un sujet récurent puisque je dois composer avec mon handicap sur scène. Bien entendu, sans en faire le sujet principal de mon spectacle, je ne peux pas ne pas l’évoquer, il fait partie de ma singularité.

Dès que j’arrive sur scène, le fait d’être en fauteuil roulant peut bloquer certains pour ne pas dire la majorité des spectateurs. Ils vont rester bloqués sur le handicap et ne pas prêter attention à ce que je dis. Il est donc indispensable que j’aborde le sujet sur scène et vite pour désamorcer ce blocage, montrer que je vis très bien mon handicap et que je peux parler d’autre chose… next (la suite) ! Discuter du handicap me permet de beaucoup avancer professionnellement car je dois prendre en compte le regard de la société pour pouvoir en rire, donc connaitre le point de vue de mes collègues et professeurs est primordial. La curiosité est à satisfaire et je sais qu’en répondant aux nombreuses questions de mes collègues, je réponds inévitablement aux questions que se pose le public.

Pouvez-vous nous parler un petit peu du spectacle que vous préparez en ce moment ?
Bien sûr. C’est mon premier spectacle écrit. Mon premier One woman show. Pour le moment il est en construction, tout est à faire, ou presque. Sur 30 minutes écrites de texte je n’en garde au final que 10, donc j’avance et je recule pour ré-avancer de nouveau. La ligne conductrice est assez bien définie : C’est Morgane qui cherche l’amour, qui fait tout pour le trouver mais qui fait surtout n’importe quoi. Sa famille, ses amis et des gens qu’elle ne connait même pas s’en mêlent et sont désormais de la partie pour mettre un terme à son interminable célibat. Sympathiques, ils lui dispensent gracieusement une multitude de conseils pour changer… à ne surtout pas suivre. Morgane trouvera-t-elle l’homme de sa vie avant qu’elle ne se transforme en ce qu’elle n’est pas ? Suspense…

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
Venez me rencontrer ! Vous pouvez me voir régulièrement dans le spectacle, « Le Big Show », qui se joue jusqu’à fin janvier tous les vendredis, samedis et dimanches puis les vendredis et samedis seulement à partir de février 2019. Nous sommes 8 humoristes sur scène et les membres du public votent pour leur chouchou, leur préféré, leur idole du soir. N’hésitez pas à venir me parler après le spectacle, c’est avec grand plaisir que nous pourrons échanger ! Vous pouvez dès maintenant suivre mon actualité et vernir me parler sur la page Facebook : Morgane Alegann ! À bientôt !

En photo : Morgane Alegann sur scène.

 

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