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Mobilité européenne et handicap : Erasmus un dispositif perfectible

Mylan Douthe propose un gros plan sur le dispositif Erasmus vu sous le prisme de la mobilité européenne des personnes en situation de handicap.

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Gros plan sur le dispositif Erasmus vu sous le prisme de la mobilité européenne des personnes en situation de handicap

Par Mylan Douthe. La démocratisation d’Erasmus+ est un des objectifs du programme, qui vise à promouvoir l’équité et l’inclusion en facilitant l’accès à des participants ayant moins de facilités que leurs pairs, lorsque leur situation limite ou empêche leur participation à des activités transnationales. Le handicap est bien évidemment parmi ceux-là. Il est nécessaire de prendre en compte la mobilité européenne au regard du handicap.

Le programme propose une prise en charge particulière incluant les coûts additionnels concernant directement les personnes en situation de handicap et leur accompagnant. Il prévoit également des financements supplémentaires permettant aux participants d’avoir accès à des soutiens techniques et pédagogiques adaptés.

De fait, bien que seulement 50 000 jeunes y aient recours chaque année, le programme Erasmus+ est accessible à un grand nombre de citoyens. Il s’étend notamment à des domaines moins académiques (la restauration ou la carrosserie automobile, par exemple).

Faciliter l’accès d’Erasmus + aux jeunes en situation de handicap

Alors que les jeunes en situation de handicap rencontrent des difficultés dans l’accès à la formation (faible niveau de formation initiale), l’apprentissage et les dispositifs de professionnalisation sont des leviers importants vers l’emploi. Et les jeunes en situation de handicap en CFA gagneraient à se saisir massivement de ce programme européen. Cependant, celui-ci est largement perfectible à plusieurs titres !

D’abord, au terme de la période de mobilité, chaque participant doit remplir un questionnaire afin d’évaluer les retombées de sa participation au dispositif (la reconnaissance de la mobilité par l’institution d’origine, le renforcement du sentiment d’identité européenne et l’amélioration des compétences linguistiques).

Il n’est pas inutile d’avoir recours à des analyses qualitatives, même si celles-ci demeurent bien souvent subjectives.

Mais ce qui en revanche pose problème, à fortiori pour un jeune en situation de handicap, c’est la complexité dudit questionnaire, dont le remplissage conditionne pourtant le versement de la dernière tranche de la subvention à l’étudiant. Le vocabulaire « UEien » y est bien trop présent, ce qui complique grandement la compréhension de contenu.

Du fait de leur proximité avec les bénéficiaires, les agences nationales chargées de recueillir les réponses, sont mieux à même de contribuer à l’amélioration de la qualité des propositions et de leur mise en œuvre, en les adaptant, de façon personnalisée aux spécificités de chacun. Elles jouent un rôle qui est absolument essentiel, notamment en termes de retours d’informations durant les phases de candidature et de mise en œuvre, et également en ce qui concerne la facilitation de l’accès au programme.

Une nécessité de simplifier les démarches

Néanmoins, le programme devrait subir, à des fins de facilitation de mise en œuvre, une réduction drastique des obligations administratives, tant envers les bénéficiaires que les États membres. Il est absolument primordial, dans l’avenir, d’avoir un gros point de vigilance, en termes de réduction des frais administratifs, de rationalisation et de simplification de l’organisation du programme, pour la pérennisation et surtout l’efficience de ce dernier.

Pour les jeunes, en matière de mobilité européenne et de handicap, le programme demeure complexe en ce qui concerne les candidatures, la mise en œuvre et l’établissement de rapports. Il est à déplorer la répétitivité des procédures, (les mêmes informations devant être fournies plusieurs fois).

Pour beaucoup d’entre eux, le contrat pédagogique est compliqué à remplir, et le contenu d’un cours est susceptible d’avoir été modifié avant leur arrivée. Les catalogues des cours ne sont pas toujours actualisés. Cela peut être source de déception car, à leur arrivée, certains étudiants constatent que le cours qu’ils souhaitaient suivre n’existe plus.

Par ailleurs, les conventions de financement entre les universités et les agences nationales ont été modifiées à plusieurs reprises. Là aussi, l’objectif en matière de simplification n’a pas encore été atteint.

Réduire la charge administrative permettrait aux bénéficiaires du programme de mieux se concentrer sur le contenu de leur projet à l’étape de planification, ainsi que sur l’atteinte de leurs objectifs, et ainsi éviter les ruptures de parcours.

Dans cette perspective, l’introduction des montants forfaitaires, des taux forfaitaires et des coûts unitaires, constitue une première avancée qui a permis de simplifier la gestion financière du programme. Mais il conviendrait, pour améliorer l’accès à Erasmus+, que les bourses destinées à faciliter la mobilité des personnes physiques soient adaptées en fonction du coût de la vie et des frais de séjour dans le pays d’accueil.

En effet, souvent, les bourses Erasmus+ ne suffisent pas à couvrir les coûts, et les étudiants doivent recourir à d’autres sources de financement, comme des économies personnelles ou l’aide de leurs parents. Cela peut dissuader les étudiants défavorisés de participer. Rappelons que nombre de jeunes en situation de handicap vivent toujours sous le seuil de pauvreté

Les coûts unitaires par tranche kilométrique ne tiennent, en outre, pas compte de l’existence ou de la fréquence des liaisons, ni des différences de tarifs entre les destinations touristiques et les endroits isolés. Le recours au calculateur de distance favorise les personnes qui se trouvent dans des zones métropolitaines, ce qui crée une disparité territoriale inadmissible. Enfin, actuellement, la période minimale prévue est de trois mois. Des étudiants en situation de handicap, qui ont des soucis de fatigabilité notamment, ont besoin d’une plus grande souplesse, et une période minimale d’un mois correspondrait davantage à leurs besoins.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur : https://info.erasmusplus.fr/

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