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Emploi-Formation et handicap

Métiers du numérique et handicap : Une voie accessible

Jean-Baptiste Monin métiers du numérique et handicap

It-Akademy : Métiers du numérique et handicap ne sont pas incompatibles, cette voie offre beaucoup d’opportunités en termes d’emplois

Rencontre avec Jean-Baptiste Monin, dirigeant-fondateur d’IT-Akademy, et spécialiste en développement et en cybersécurité depuis 2005. Il nous explique pourquoi métiers du numérique et handicap peuvent tout à fait être conciliés dès la formation.

It-Akademy, qu’est-ce que c’est ?
C’est une école d’informatique située à Villeurbanne (69). Elle a une histoire un peu particulière dans la mesure où avant d’être une école c’était une société de conseil, spécialisée justement dans le développement et la sécurité informatique. Au fil du temps, elle a évolué vers la formation jusqu’à devenir une école, au fur à mesure que l’on détectait d’importants besoins en ce sens.
Aujourd’hui It-Akademy forme des techniciens et ingénieurs jusqu’au Bac+5.

Quelles formations proposez-vous ? Dans quelle mesure correspondent-elles aux besoins du marché ?
Nous proposons principalement deux types de parcours : des formations diplômantes et des formations qualifiantes.
Formations diplômantes
– Le cursus de développeur full stack est notre formation phare aujourd’hui et ce profil est en très fort développement dans le domaine du numérique. À ce jour, nous sommes la seule école en France qui propose un titre RNCP de niveau 2 sur ce métier. Développeur full stack, c’est un métier assez nouveau et hybride. Dans les métiers traditionnels du développement, chacun est assez spécialisé : on distingue le développeur « front » (développeur d’interface, designer de sites web – la partie visuelle) et le développeur « back » qui lui va plutôt s’intéresser à la partie non-visible pour l’utilisateur (traitements informatiques, sauvegarde des données…). Avec l’avènement des start-ups qui sont souvent de très petites structures (mais avec des besoins en développement informatique importants), celles-ci font appel à des profils qui sont en quelque sorte des couteaux-suisses, et qui savent allier des compétences « front » et « back ». C’est à cela que correspond le profil de développeur full stack, qui est en mesure de répondre à tous les besoins, et qui est d’une certaine manière « spécialiste en tout ».
– Nous proposons également une formation d’expertise en cybersécurité, de titre niveau 1 (équivalent du bac+5). C’est notre deuxième cœur de métier. Avec une communication médiatique de plus en plus importante sur la cybersécurité depuis environ un an, ce domaine prend lui aussi une place prépondérante dans nos cursus.
Ce sont vraiment les deux métiers qui se développent le plus actuellement sur le marché du numérique, car il y a un besoin très important avec une vraie pénurie de collaborateurs pour les entreprises.
– Nous dispensons par ailleurs une formation de chef de projets informatique (niveau 1).
Formations qualifiantes
Ces formations s’adressent à des publics plus divers, notamment avec des personnes qui préparent une reconversion, des publics « décrocheurs » ou éloignés de l’emploi… avec plusieurs niveaux. Ces formations ont été mises en place récemment en fonction des besoins que l’on a identifiés sur le marché.
– Parmi elles, une formation pour la maîtrise des usages pour la transition numérique, qui doit permettre à des salariés de maîtriser les bases informatiques pour être à l’aise sur un poste de travail, car aujourd’hui l’informatique est partout.
– Nou savons également une formation qui consiste en une préparation aux études du numérique. Celle-ci s’adresse à un public qui n’a aucune compétence en informatique mais qui souhaite poursuivre dans ce domaine.

Les formations que vous proposez sont-elles accessibles à des personnes en situation de handicap ?
Les métiers du numérique présentent l’avantage de demander assez peu d’adaptations du poste de travail. Ainsi nous veillons à ce que nos locaux soient bien accessibles et à ce que les aménagements nécessaires soient mis en place (changement de siège, souris…). Il reste une problématique au niveau de l’enseignement, notamment pour les personnes sourdes et malentendantes. Et justement nous sommes voisins de l’entreprise Signes et formations, avec laquelle nous sommes en discussion pour essayer de co-construire une offre de formation, qui permettrait d’étoffer leur offre en termes techniques, et qui nous apporterait des solutions pour rendre nos cursus plus accessibles aux sourds et malentendants. Le coût d’un interprète LSF en présentielle ne nous permet pas d’ouvrir une session spécifique aujourd’hui. Et donc cette proximité avec Signes et Formation est une belle opportunité. Quant aux personnes déficientes visuelles, même si le matériel est relativement coûteux, cela reste faisable d’adapter l’écran, le clavier et les logiciels.

Métiers du numérique et handicap : La pertinence de la recherche d’emploi dans le secteur du numérique

Certains secteurs ou métiers liés au numérique sont-ils plus susceptibles de recruter que d’autres ? Où sont les besoins en recrutement les plus forts ?
Toutes les études du marché de l’emploi vont dans le même sens : le secteur du numérique se développe très bien, et particulièrement les métiers liés au développement. Aujourd’hui, sur la zone Rhône-Alpes, on a identifié une vraie pénurie de développeurs informatiques. Les projections vont dans le même sens pour tout ce qui est lié à la cybersécurité et aux objets connectés. Donc s’il y a trois métiers vraiment susceptibles de recruter c’est : développeur d’applications, développeur d’objets connectés et spécialiste en cybersécurité.

Les métiers du numérique peuvent-ils être plus facilement accessibles aux travailleurs handicapés que d’autres métiers ? Ou pas forcément ?
Ces métiers ont l’avantage d’être assez sédentaires, souvent recherchés dans les grandes agglomérations, ce qui peut simplifier les choses en matière de transport et en matière de locaux, souvent assez modernes et bien équipés pour l’accessibilité PMR. Comme indiqué plus tôt, des adaptations de poste matérielles peuvent également être mises en place. Donc, structurellement parlant, ces métiers sont plutôt accessibles aux personnes en situation de handicap et s’y prêtent même particulièrement bien. Cela se confirme aussi avec nos entreprises partenaires. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu parler d’une situation différente ou plus compliquée liée au handicap d’une personne.

Si l’on évoque les possibilités en termes de métiers du numérique et handicap, cette voie peut-elle représenter une alternative au manque de qualification ?
Tout à fait, métiers du numérique et handicap sont tout à fait compatibles. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles on s’adresse depuis de nombreuses années aux personnes en situation de handicap, car elles sont souvent concernées par le manque de qualification. C’est aussi pourquoi nos cursus sont pensés pour être accessibles à tous les niveaux dès le départ, pour finir ensuite sur du diplômant. Nos critères de sélection d’un candidat apprenant ne sont pas liés forcément à ses diplômes, et nos formations peuvent être accessibles même sans le bac. Ce qui va compter pour nous c’est : une forme d’esprit logique, indispensable pour l’informatique ; la motivation. Évidemment, il faut certaines qualités, notamment savoir écrire convenablement, car on fonctionne beaucoup avec des emails, mais le socle scolaire n’est pas l’élément déterminant. Les candidats pourront être orientés selon leur niveau de départ, en commençant par exemple par une formation qualifiante, pour aller ensuite vers une formation diplômante jusqu’à bac+5.

Du coup c’est aussi un secteur qui se prête mieux que d’autres à la reconversion d’un travailleur devenu handicapé ?
Oui. Souvent des personnes se laissent décourager par les clichés, qui laissent entendre que pour devenir développeur informatique ou travailler dans le numérique au sens large il faut être plutôt matheux, avoir fait une filière scientifique… Effectivement, certains métiers très spécifiques (cryptage, statistiques…) de l’informatique ne sont accessibles qu’avec un bon niveau, voire un très haut niveau, en mathématiques est indispensable. Mais ce n’est vraiment pas généralisé. Il y a un grand panel de métiers, notamment dans le développement, qui ne demandent pas d’être matheux. De même, beaucoup pensent que l’informatique est un domaine réservé aux hommes, mais pas du tout ! C’est un secteur où la mixité a toute sa place !

Métiers du numérique et handicap : Choisir la formation appropriée

Comment choisir la formation la plus appropriée pour un candidat qui s’intéresse au numérique et aux technologies mais qui n’a pas d’idée précise de métier ?
Le numérique est un secteur très large. Dans un premier temps, une démarche de recherche personnelle est nécessaire pour identifier les grandes branches et les différents métiers du secteur (missions locales, associations d’orientation et d’insertion…). La curiosité est d’ailleurs l’une des qualités essentielles à nos métiers. Ensuite, le numérique est un secteur très dynamique dans lequel il y a régulièrement des ateliers, salons, conférences… ce qui rend les possibilités d’information très vastes.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose ?
La filière numérique est sans doute l’une des grandes filières d’avenir dans le pays pour les vingt prochaines années, et elle connaît aujourd’hui une vraie pénurie de profils. D’où l’importance de s’y intéresser y compris pour les personnes qui ont des parcours atypiques. Je pense qu’il y là une vraie opportunité sociale, car c’est vraiment une filière qui permet d’aller loin, d’avoir un poste agréable, avec une rémunération confortable, et dans laquelle on peut vraiment s’épanouir, sans avoir forcément besoin d’avoir un parcours très classique notamment type grandes écoles. Il n’y a pas beaucoup de secteurs aujourd’hui qui peuvent offrir autant d’opportunités à des publics aussi divers.

En photo : L’avatar de Jean-Baptiste Monin, dirigeant-fondateur d’IT-Akademy – métiers du numérique et handicap

One Comment

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  1. Bonne initiative celle ci pourrait se délocaliser dans les différentes régions françaises
    car il y a beaucoup de personnes en situation de handicap mais qui ne sont pas prises en compte par les institutions de l’état parce qu’elles sont éloignées de la capitale.

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