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Le don de moelle osseuse, vous connaissez ?

Du 8 au 14 mars prochain se déroulera la 5e Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse : « Ma chance, c’est vous ! ». Cette pratique, encore trop méconnue du grand public, permet pourtant de sauver des milliers de vies chaque année dans le monde… Elle concerne aussi des patients de plus en plus âgés – 65 ans voire 70 ans – grâce aux techniques de greffe appelées « greffes avec conditionnement d’intensité réduite ».

 

Chaque individu possède ses propres « caractéristiques HLA », véritable « carte d’identité » biologique, d’où la grande difficulté à trouver un donneur compatible pour chaque malade ayant besoin d’une greffe de moelle osseuse. Un malade a une chance sur un million d’être compatible avec un individu pris au hasard dans la population. Mais cette chance existe et peut sauver un malade, d’où la nécessité de disposer dans le Registre national de nombreux volontaires, de toutes origines, représentatifs de la diversité de la population française actuelle. L’inscription de nouveaux donneurs jeunes permet en outre de remplacer les volontaires qui chaque année sortent du Registre parce qu’ils atteignent la limite d’âge.

L’activité de greffe de moelle osseuse


En France, en 2008, 1.472 greffes de moelle osseuse ont été réalisées (soit + 6,7% par rapport à 2007). Parmi elles, 841 greffes ont été réalisées à partir d’un don non familial, c’est-à-dire en faisant appel aux Registres de donneurs volontaires de moelle osseuse contre 765 en 2007. Depuis les années 2000, l’activité de greffe de moelle osseuse augmente. Le nombre de greffes réalisées à partir de donneurs appartenant à la famille du malade est relativement constant. En revanche, la greffe de moelle osseuse réalisée à partir de donneurs provenant des Registres est en forte augmentation. Elle enregistre une progression de + 50% depuis l’année 2004.  Cette augmentation est essentiellement due à la prise en charge de nouveaux malades plus âgés (au-delà de 55 ans et jusqu’à 65 ans). Des techniques de greffe appelées « greffes avec conditionnement d’intensité réduite » et utilisant un traitement moins agressif qu’auparavant pour préparer le malade à recevoir la greffe ont progressivement été mises au point. Désormais, ces malades plus âgés peuvent bénéficier d’une greffe lorsque l’évolution de leur maladie rend ce traitement utile.

Devenir donneur de moelle osseuse


Pourquoi devenir donneur ? Le don de moelle osseuse permet de sauver des malades atteints de leucémies, mais aussi d’autres maladies graves du sang moins bien connues : lymphome (tumeur maligne du système lymphatique), myélome (cancer hématologique du sujet âgé), myélodysplasie (la moelle osseuse ne peut plus produire les cellules sanguines), aplasie médullaire (arrêt du fonctionnement de la moelle osseuse), déficit immunitaire sévère du nourrisson (enfants-bulles), drépanocytose (anomalie héréditaire du globule rouge)…  Dans toutes ces maladies, l’une des solutions thérapeutiques consiste à remplacer la moelle osseuse malade par des cellules de moelle osseuse saine provenant d’un donneur compatible : c’est la greffe de moelle osseuse (allogreffe) ou greffe de cellules souches hématopoïétiques. Encore faut-il trouver un donneur compatible. La probabilité de trouver le bon donneur pour un malade est extrêmement rare.  Toute nouvelle inscription d’un donneur sur le Registre national à l’Agence de la biomédecine (Registre France Greffe de Moelle) représente, pour chaque malade, une chance supplémentaire et un espoir de guérison. Le don de moelle osseuse est anonyme : le donneur et le malade ne se connaîtront jamais (la législation française est fondée sur trois principes : consentement, gratuité, anonymat). Avant de s’inscrire comme donneur volontaire de moelle osseuse, il est nécessaire de s’informer et de réfléchir à cet engagement.

 

Compatibilité entre donneur et receveur


Chaque jour, les médecins greffeurs inscrivent des malades ayant besoin d’une greffe de moelle osseuse sur le Registre national des donneurs volontaires de moelle osseuse afin de rechercher un donneur compatible. La condition absolument nécessaire pour assurer le succès d’une greffe de moelle osseuse est la parfaite compatibilité entre le donneur et le receveur.  La compatibilité est très difficile à trouver car elle dépend, non pas du groupe sanguin, mais de caractéristiques biologiques génétiques : le système HLA (Human Leucocyte Antigen). Chaque individu possède ses propres caractéristiques HLA, sorte de « carte d’identité biologique ». Il existe des millions de groupes HLA différents.  Un malade a une chance sur quatre d’être compatible avec chacun de ses frères et soeurs. Cette probabilité chute à une chance sur un million lorsque la compatibilité est recherchée entre deux individus choisis au hasard dans la population. En France, tous les donneurs de moelle osseuse sont inscrits sur le Registre national de l’Agence de la biomédecine. Ce fichier compte actuellement près de 180 000 inscrits qui, par cet acte de solidarité, peuvent potentiellement sauver des vies. Il existe au total 63 Registres dans le monde (dont celui de la France) qui rassemblent plus de 14 millions de donneurs volontaires dans 44 pays.

 

Le prélèvement: mode d’emploi

Il existe en effet deux types de prélèvement, qui diffèrent par leur technique et par la nature des cellules souches hématopoïétiques recueillies. Actuellement le mode de prélèvement le plus couramment utilisé est le prélèvement dans le sang. Lorsqu’un donneur s’inscrit sur le Registre, il doit donner son accord pour le prélèvement intraosseux. Au moment du prélèvement et en fonction de l’état de santé du malade, une alternative à ce prélèvement peut lui être proposée : le prélèvement dans le sang des cellules souches périphériques.  Le prélèvement est planifié 1 à 3 mois à l’avance, ce qui permet au donneur de prendre les dispositions nécessaires et de s’organiser sereinement. Quel que soit le mode de prélèvement, l’établissement de santé qui le réalise prend en charge les frais d’examens afférents à ce prélèvement, la totalité des frais d’hospitalisation, rembourse les frais de transport et, le cas échéant, indemnise la perte de rémunération subie par le donneur.

 

– Prélèvement dans les os du bassin des cellules de moelle osseuse
La moelle osseuse est prélevée en superficie dans les os postérieurs du bassin, sous anesthésie générale. Ce mode de prélèvement nécessite une hospitalisation d’environ 48 h. Il n’entraîne aucun risque de dommage neurologique de type paralysie, par exemple. En effet, la moelle osseuse n’est pas du tout liée au système nerveux, contrairement à la moelle épinière à laquelle on la confond souvent. La moelle osseuse se reconstitue rapidement. Le volume prélevé est calculé en fonction du poids du donneur et de celui du malade. Hormis les risques classiques associés à toutes forme d’anesthésie et de manière très rare les risques infectieux et hématomes aux points de ponction, le don de moelle osseuse est sans danger

– Prélèvement dans le sang de cellules souches périphériques (par aphérèse)
Les cellules de la moelle osseuse sont prélevées dans le sang. Le donneur reçoit au préalable, pendant quelques jours, par injection sous-cutanée, un médicament (identique à ce qui est fabriqué naturellement par le corps pour réguler la production de cellules du sang) qui stimule leur production et les fait passer des os vers le sang, où elles sont récupérées. Ce médicament peut provoquer quelques symptômes mineurs de type fièvre et courbatures. Ce mode de prélèvement d’une durée de 3 à 4 heures, ne nécessite ni anesthésie, ni hospitalisation. Il arrive que 2 prélèvements soient nécessaires.

 

En pratique

Pour devenir donneur de moelle osseuse, il faut être âgé de 18 ans minimum à 50 ans révolus (on peut ensuite donner jusqu’à 60 ans), être en parfaite santé, accepter de répondre à un entretien médical (antécédents médicaux, mode de vie…) et de faire une prise de sang. Etre donneur volontaire signifie être inscrit sur le Registre français. L’inscription est réalisée à la suite d’un entretien médical avec un médecin du centre d’accueil le plus proche de son domicile soit dans un centre hospitalier ou dans un Établissement Français du Sang. L’inscription est révocable à tout moment. Ces centres sont répartis sur l’ensemble du territoire français. L’entretien médical est suivi d’une prise de sang qui permet de déterminer les caractéristiques HLA du volontaire (sa « carte d’identité génétique »), l’absence de contre-indications médicales au don et une parfaite compatibilité HLA permettant de valider son aptitude à donner. Les médecins peuvent très vite faire appel au donneur, un mois après son inscription, mais aussi beaucoup plus tard, après plusieurs années ou peut-être jamais. L’inscription sur le Registre national résulte d’une décision personnelle, mûrement réfléchie et implique un engagement sur le long terme. Lorsqu’un donneur est appelé, c’est qu’un malade compte effectivement sur son don. Le prélèvement de moelle osseuse n’est cependant jamais réalisé dans l’urgence et se programme dans un délai moyen d’un mois, ce qui laisse au donneur le temps de s’organiser. (source SeniorActu)

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