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Fongecif : une évolution qui profite aux personnes handicapées

Stéphane Giboudaud directeur de Fongecif régional

Les FONGECIF ou Fonds de Gestion des Congés Individuels de Formation sont en France des OPACIF (pour Organisme PAritaire au titre du Congé Individuel de Formation).

Créés en 1983, ils sont aujourd’hui au nombre de 17. Ces fonds sont financés par les entreprises via le paiement obligatoire de la contribution à la formation de leurs employés. Même les salariés dont les entreprises ne sont pas assujetties peuvent réaliser une demande de financement. C’est un outil paritaire régional au service des salariés. Les activités des FONGECIF reposent sur deux grands piliers : l’accompagnement, l’information et l’orientation des salariés ; et le financement des projets professionnels. Les FONGECIF sont touchés de plein fouet par la réforme de la formation actuelle. Afin de comprendre leur évolution et l’impact que cela aura sur les personnes en risque d’inaptitude ou de handicap nous avons posé nos questions à Stéphane Giboudaud, Directeur Général du Fongecif Auvergne Rhône-Alpes.

Où en êtes-vous avec la réforme de la formation ?
L’année 2019 est une année de transition pour les Fongecif avec les changements prévus par la loi. En effet nous allons cesser d’être Fongecif fin 2019, pour devenir début 2020 : « Transitions Pro ». Ainsi, jusqu’à la fin de l’année 2019, nous assurons certaines des missions historiques de Fongecif qui ne seront pas poursuivies en 2020. C’est le cas du Conseil en évolution professionnelle. Parallèlement, nous assurons de nouvelles missions en 2019, par anticipation de notre nouveau statut. Cela concerne notamment, depuis le début de l’année, la mise en place du dispositif du CPF projet de transition professionnelle qui a pris la suite du congé individuel de formation (CIF). Nous lançons actuellement le dispositif « démissionnaire » qui s’adresse aux personnes qui démissionnent avec un projet de reconversion ou de création d’entreprises, toujours par anticipation de nos nouvelles fonctions. En 2020, nous monterons en puissance sur les autres missions de « transitions pros » que nous n’avons pas encore initiées.

Quelles autres nouvelles activités allez-vous déployer ?
Outre le déploiement des dispositifs dont je viens de parler, nous aurons de responsabilités de suivi du conseil en évolution professionnelle, et des responsabilités sur l’identification des besoins en compétences sur le territoire régional. Une responsabilité sur la qualité des formations que nous financerons et des responsabilités en ce qui concerne l’élaboration de partenariats avec les acteurs régionaux des services publics de l’emploi.

Quelles seront les conséquences sur votre fonctionnement ?
Cela va avoir des conséquences profondes, ne serait-ce que pour passer de l’association Fongecif à l’association transitions Pro. Dans un premier temps, les métiers changent et font appels à des compétences complémentaires à celles qui nous mettons en œuvre actuellement. Cela va aussi générer une réorganisation territoriale avec une nouvelle structure budgétaire. Cela ne va pas sans une transformation complète de la gouvernance, avec la mise en œuvre de nouveaux statuts et l’installation d’un nouveau conseil d’administration, dès cet automne, pour être opérationnel au mois de janvier 2020. Chacun des 17 Fongecif est concerné de la même manière. Cette réorganisation ne se fera pas sans des départs avec la fermeture de certains sites mais aussi des recrutements avec la montée en puissance d’autres sites. La mobilité interne de certains collaborateurs sera aussi sollicitée. C’est donc une réforme extrêmement ambitieuse que nous vivons puisqu’elle aborde tous les champs de la formation professionnelle, allant de l’apprentissage à la formation des salariés. Elle concerne aussi bien les structures et les systèmes financiers que les finalités stratégiques qui vont vers une plus grande prise en compte des personnes et des besoins de la personne en matière de formation. Le cœur de cette réforme prend sa source dans la société des compétences, qui est aujourd’hui un sujet crucial. Dans nos économies occidentales, la compétitivité se fait par les compétences. Le monde change et sur ce sujet nous devons être capables de nous réinterroger de manière régulière pour évoluer. Mais il est encore top tôt pour mesurer l’efficacité de cette réforme. Ce n’est qu’au terme de 2020 que nous pourrons apprécier la valeur ajoutée que cette réforme apporte.

Qu’en est-il concernant les enjeux autour du public en risque d’inaptitude et situation de handicap ?
Nous avons l’ambition de donner, dans l’ensemble des dispositifs que nous gérons, une priorité aux personnes en situation de handicap. Pour cela nous avons un partenariat assez étroit avec l’Agefiph et avec les acteurs de la prévention : notamment la CARSAT, la médecine du travail et les Cap Emploi… de façon à ce que ces acteurs soient en mesure de parler de dispositifs d’aide à la reconversion professionnelle et aident à préparer dans les meilleures conditions, les projets qui nous sont adressés. Cela permet à nos conseillers de savoir ce qu’a fait la Carsat, Cap Emploi… Et donc de voir si le projet a été accompagné et par qui. De là, nos conseillers vont développer une relation étroite avec les conseillers des structures de prévention pour faire aboutir le projet. Cette instruction des dossiers plus fluide et plus qualitative nous permet de mieux franchir le cap de sélection des dossiers CPF Projets de transition professionnelle. Nous le mesurons dès aujourd’hui de manière précise car nous sommes sur un taux de sélectivité des projets de 90% pour le public en risque d’inaptitude ou de handicap, alors que ce taux n’est que de 50% pour le public ordinaire. Avant de le proposer le dossier à la commission de sélection, nous avons la possibilité de le renvoyer au conseiller, afin de le compléter ou de le modifier pour le faire aboutir. Autre aspect important, nous avons mis dans notre process de sélection une priorité politique sur les dossiers des personnes en risque d’inaptitude ou de handicap. Cela nous permet dans un contexte de budget contraint, parmi de bons projets, de prioriser ceux qui concernent les personnes touchées par le risque d’inaptitude ou le handicap.

Notre défi actuel est d’encourager les personnes touchées par les risques d’inaptitude ou de handicap à venir nous solliciter, car ces sollicitations restent insuffisantes de la part de ce public.
Il nous faut encore souvent aller chercher les dossiers à la source. Les obstacles à la mobilité sont importants mais grâce à la transformation de l’offre de formation ce public devrait mieux s’y retrouver.

Est-ce que le financement de cette nouvelle formule est assuré ?
Oui, bien sûr, car les associations « Transition pro » sont inscrites dans la loi avec un financement établi. Nous allons négocier prochainement la convention triennale (2020-2022) avec le préfet de région et la Direccte pour déployer les activités dont je vous ai parlé. Ensuite, l’ambition, la qualité, la performance que nous pourrons mettre sur ces missions sera aussi liée à l’engagement de nos interlocuteurs sur les objectifs.

Est-ce que le rapprochement de Cap Emploi et Pôle Emploi a un impact sur votre travail ?
Ce sont deux réseaux avec lesquels nous travaillons régulièrement. Ce que nous espérons, c’est que la qualité du travail que nous avions avec eux n’en soit pas altérée, mais il n’y a pas de raison que cela change.

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