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Image de soi et handicap

Être soi-même : Assumer sa différence pour être heureux

Véronique Barreau, ce luxe et courage d' être soi-même.

Ce luxe et courage d’être soi-même

Par Véronique Barreau, journaliste santé et diversité. Les médias, notre histoire, nos proches, nous montrent en permanence des images d’hommes et de femmes à qui nous devons ressembler. Du look aux attitudes, des effets de mode aux pratiques branchées, chaque nouvelle génération est sous l’emprise de modèles toujours moins diversifiés. Face à ces dictats inconscients et bien présents, comment assumer sa différence et l’exprimer aux yeux de tous ? Comment parvenir à vraiment être soi-même ?

Ils sont beaux, épanouis, athlétiques, performants, ont tout pour plaire et inondent notre quotidien et nos esprits : ils représentent le couple modèle, la petite fille parfaite, le papa ou la maman dévouée, ceux des films américains du dimanche après-midi ou de la série française du lundi soir. S’ils s’avèrent être des modèles d’inspiration, ils peuvent aussi devenir source d’une désillusion personnelle, avec ce sentiment intime d’être finalement bien différent. De quoi décourager nos aspirations les plus profondes ou camoufler un physique un peu hors normes.

Chaque être doit pourtant vivre avec ces clichés, se les approprier et en faire l’expérience dans un premier temps, pour ensuite y renoncer et tenter, plus tard de faire le choix de ce qui lui convient pleinement et toujours être soi-même. « J’ai passé toute ma vie à vouloir être une maman parfaite, avec une maison ultra propre, des enfants sages et bien éduqués, et une famille idéale aux yeux de tous. Un jour, j’ai explosé et je suis partie à l’autre bout du monde », explique Christiane.

Céline Boura*, elle, témoigne des certitudes qui lui ont collé à la peau très longtemps et qui l’ont longtemps définie : « Lorsque j’étais petite, je pensais que pour être heureuse, il fallait être blonde aux yeux bleus ; des années plus tard j’ai compris qu’être métisse, avoir ce mélange de plusieurs couleurs, ça avait été une grande force pour comprendre ma singularité et pour créer ma place ». Être et se sentir différent est un exercice de style pour l’esprit et sortir de ses schémas de pensée peut relever d’un véritable défi. Un jour, pourtant, le courage d’être soi l’emporte… Céline explique que sa vie a changé à partir du moment où elle s’est véritablement écoutée : « Ce jour-là, pour la première fois de ma vie, je m’entends et je m’écoute. Avant, j’entendais mon intuition, mais j’avais peur… depuis, je me suis fait une promesse, celle de ne plus jamais trahir cette voix au fond de moi ».

Une rencontre, un petit changement de vie suffisent parfois à faire bousculer les lignes pour devenir plus fidèle et parvenir à être soi-même : « Je me suis toujours sentie très féminine, mais mes parents pensaient que je ne pouvais pas montrer mes jambes parce que j’étais en fauteuil ; mon mari m’a beaucoup aidée à m’assumer et j’ose aujourd’hui les jupes, les corsets, les vêtements un peu moulants », explique Claire. Apprendre à choisir selon ses propres goûts, envies, désirs, en se souciant un peu moins du regard des autres : telle est peut-être la première étape vers le courage d’être soi. Une étape qui requiert une certaine audace, car, si elle permet une meilleure affirmation de son être, elle fait aussi courir le risque nécessaire de ne pas avoir l’approbation de l’autre.

Il faut du courage pour apprendre à dire non lorsque ça ne nous convient plus, mais aussi pour accepter de dire oui à nos besoins sans avoir peur d’être mal vu ou mal aimé : « Une semaine par an, je pars en voyage toute seule. C’est la seule façon de rompre le ressentiment que j’éprouve, en dépit de tout l’amour que j’ai pour ma fille », explique Céline, maman d’une fillette touchée par l’autisme.

Thibaut, lui, a pris la décision de ne plus partir en vacances avec d’autres handis : « Depuis mon accident de voiture, mes proches veulent m’imposer chaque année des séjours adaptés avec d’autres handis, j’y suis allée deux fois pour leur faire plaisir, mais je n’y prends aucun plaisir et pire… ça m’est insupportable de passer autant de temps avec d’autres handis ». Thibaut, comme tant d’autres, a fait le choix d’être fidèle à lui-même, et de ne plus se laisser définir par son entourage ou par la pression sociale. Petit à petit et pour chacun d’entre eux, le pouvoir de dire, de choisir, aura permis, par une succession d’étapes courageuses, de cheminer vers ce luxe d’être soi en toutes circonstances.

*Céline Boura -www.leluxedetresoi.com

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