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Enfants et handicap

Enfance et handicap : Le CREAI Rhône-Alpes s’investit

Enfance et handicap Creai Eliane Corbet

Enfance et handicap : « Il faut mobiliser et coordonner les actions d’accompagnement », estime le CREAI Rhône-Alpes.

Le 8 mars 2017, le CREAI Auvergne-Rhône-Alpes organisait avec le soutien du Défenseur des droits, de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, de l’Observatoire National de la Protection de l’Enfance (ONPE), de la CNAPE et de NEXEM, une journée d’étude dédiée au thème « Enfance et handicap ». À cette occasion, nous sommes allés à la rencontre d’Eliane Corbet, directrice déléguée aux relations institutionnelles au CREAI Auvergne-Rhône-Alpes.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je travaille au CREAI depuis un certain nombre d’années, sur tout le champ que représente le CREAI, mais surtout dans le secteur du handicap et de la protection de l’enfance. J’ai une formation de psychologue. Notre travail est très centré sur les conseils auprès des pouvoirs publics, pour alerter et attirer l’attention sur les réponses aux besoins. Et en même temps sur des constructions d’analyse de besoins autour des situations de vie, aussi bien dans le champ handicap que protection de l’enfance. Et là, ici, c’est une opportunité avec les travaux conduits qui convergent pour relier ces deux champs.

Quel était l’objectif de cette journée thématique Enfance et handicap ?

Il est essentiellement de faire converger et prendre en compte les besoins des enfants qui sont aussi en protection de l’enfance et qui ont besoin aussi qu’on prenne en compte leurs besoins particuliers au titre du handicap. Ce sont deux champs relativement cloisonnés et les enfants payent le prix de ce cloisonnement. Ce peut être soit parce qu’on n’a pas assez pris en compte des besoins universels (ce qui peut avoir des conséquences sur le développement de l’enfant), soit parce que ces enfants sont en situation de handicap et que l’on n’a pas pris en compte leurs besoins particuliers sous l’angle de cette problématique. Il y a alors le risque d’entraîner un sur-handicap. Nous avons attiré l’attention sur la nécessité de prévention à la fois primaire, secondaire, voir tertiaire, pour détecter les difficultés et apporter une réponse appropriée et coordonnée au plus tôt. Actuellement il y a une opportunité du fait de la nouvelle loi du 14 mars 2016, qui recentre la protection de l’enfance sur l’enfant au singulier et ses besoins fondamentaux. La définition des besoins fondamentaux vient de paraître. D’autre part, dans le secteur de la protection de l’enfance et du handicap, il y a un travail aussi pour centrer sur les besoins. On a plusieurs fois parlé de la mission dite « Séraphin ». Il faut en fin de compte les rapprocher. Il y a aussi un gros travail réalisé, depuis plus de dix ans, sur des référentiels d’évaluation, et c’est le moment de voir comment les faire évoluer. Nous sommes à un moment clef.

Pourquoi avez-vous décidé de mettre le thème « Enfance et handicap » en avant ?
Nous avions vu, dans nos travaux, que tout était trop disjoint dans ces deux domaines. Nous avions vu aussi, et notamment en travaillant sur les situations dites complexes, que beaucoup d’enfants relevaient des deux champs (enfance et handicap). C’est d’ailleurs ce qui est démontré dans le rapport du Défenseur des Droits aux enfants, qui nous a servi à donner une plus grande force à cette thématique. C’est un support fait par une institution indépendante de la République. La parution de ce rapport était un moment clef pour faire valoir ce thème. Et en même temps, tous les travaux faits actuellement, il faut les faire converger. Beaucoup d’idées communes ne sont pas vues d’une façon assez convergente. Ces enfants ont besoin de soins, d’une prise en compte du point de vue de la santé et des pouvoirs publics. Nous devons aussi savoir mieux comment alerter et ouvrir au plus vite l’accès aux évaluations, comment coordonner les différentes actions d’accompagnement… Ce besoin de coordination revient très souvent, mais pour coordonner il faut déjà mobiliser.

Selon vous qu’est-ce qui pourrait permettre d’améliorer la situation ?
Nous travaillons sur un plan d’actions à dérouler. On a construit un programme par thématiques, avec une progression. Chaque thématique est un point qu’il faut travailler, avec toujours la démarche de définir d’abord et avancer ensuite. Nous devons apprendre à mieux identifier, mieux comprendre, et relier les différentes problématiques et solutions… et en même temps ne pas confondre. Il y a une clinique propre à l’enfance et une clinique propre au handicap. Ce n’est pas seulement faire du transversal comme un slogan, c’est aussi avoir des approches cliniques et que celles-ci soient complémentaires.

En photo : Fabienne Quiriau, Eliane Corbet et Joëlle Nicoletta – Journée enfance et handicap.

Les CREAI

Les CREAI, Centres Régionaux pour l’Enfance et l’Adolescence Inadaptée, ont été mis en place dans chaque région de France métropolitaine et dans les DOM-TOM depuis le 22 janvier 1964.

Leur vocation première consistait à être un lieu ouvert à tous les partenaires de l’action sociale en vue de favoriser leur collaboration et de créer une équipe technique à la disposition du terrain et de l’administration qui venait d’être mise en place (DDASS et DRASS) ; tout en jouant un rôle important dans le domaine de l’information et de la formation.

Le rôle des CREAI a été redéfini par une note de service interministérielle du 13 janvier 1984 : Les CREAI doivent « être des lieux de repérage et d’analyse des besoins et d’étude des réponses à y apporter, des lieux de rencontre et de réflexion entre les élus, les représentants des forces sociales et ceux des administrations concernées, de fournir des analyses et des avis techniques aux décideurs, ainsi qu’aux gestionnaires des établissements et services. Ils ont, à cet égard, un rôle important à jouer comme outil technique au service des responsables de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique en faveur des personnes handicapées et inadaptées à l’échelon régional ».

La mission des CREAI s’est élargie au fil du temps et comporte désormais des aspects complémentaires : observation des besoins et des attentes des populations, étude et recherche, aide à la planification, évaluation des actions, conseil, formation des professionnels, en plus de leurs missions classiques d’expertise, d’animation, de valorisation des travaux du secteur.

Plus d’infos sur : www.creai-ra.com

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