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Élections régionales et handicap en Île-de-France : Valérie Pécresse

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Pierre Deniziot est vice-président chargé du Logement et du Handicap en région Île-de-France et membre de la liste de Valérie Pécresse, actuelle présidente de la région Île-de-France, liste soutenue par « Libres », les Républicains et l’UDI. Il nous présente ses propositions en matière de handicap à l’approche des élections régionales d’Île-de-France des 20 et 27 juin 2021.

Quelle place le handicap occupera-t-il dans votre politique régionale ?

Le handicap a occupé une place centrale dans la politique que j’ai mené durant ce mandat et j’ai bien l’intention de garder ce cap. Il y a un intérêt humain, social et économique à agir en faveur de l’égalité entre personnes en situation de handicap et personnes valides. Le handicap ne figure pas dans les missions de la Région mais je me dois d’agir pour l’ensemble des Franciliens et j’ai d’ailleurs nommé un Vice-Président en charge du handicap.

J’ai lancé Région solidaire, un programme ambitieux pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales dont la politique en faveur du handicap est un des piliers.

Bien sûr, focus sur les transports. A l’issu de ce mandat, 38% des gares et stations franciliennes sont accessibles à ce jour, 100% du réseau de bus et les lignes A et B du RER sont accessibles dans Paris. Le réseau PAM (« Pour Aider à la Mobilité »), réseau régional de transports spécialisés, est en passe d’être enfin régionalisé. Et j’ai œuvré activement pour que des lignes de métro et RER facilitant l’accès pour les personnes souffrant de handicap cognitif soient labellisées Cap’handeo. Mobilité et handicap restent au cœur de notre politique.

Chaque étape de la vie d’une personne en situation de handicap appelle des réponses différentes. Nous sommes par ailleurs à considérer tous les types de handicaps, visibles ou invisibles, sensoriels, physiques, psychiques, cognitifs, neurodéveloppementaux. Nous voulons favoriser une variété d’offres qui permet des parcours de vie respectueux et dignes. Créer des places, réhabiliter des équipements et favoriser l’habitat inclusif sont au cœur de nos investissements. Au total, le soutien régional a bénéficié à 66 établissements et 50 services au bénéfice de 6320 personnes pour un total de près de 15 M€. Je veux continuer ainsi.

Nous travaillons de concert avec les MDPH. Ainsi, la Région a contribué à améliorer le quotidien des personnes bénéficiaires de la Prestation Compensatoire du Handicap. Elle participe au remboursement des équipements techniques, des aménagements des lieux de vie, des adaptations de véhicules au handicap.

Enfin, nous sommes mobilisés pour que le statut des aidants soit mieux pris en compte. Aidants au travail, jeunes aidants, poly-aidants, santé des aidants sont des thématiques que nous continuerons de porter et de soutenir pour aider à la prise de conscience sociétale indispensable sur ce sujet.

La culture constitue également un vecteur essentiel pour l’émancipation et l’autonomie des personnes en situation de handicap. J’ai donc souhaité que la Région contribue à faciliter l’accès à la culture pour les personnes qui en sont le plus éloignées

Vous l’aurez compris, c’est une politique qui vise à agir sur tous les fronts : les transports, la culture, les prises en charges et aussi et surtout les changements de mentalité.

Quels seront les grands axes de cette politique en matière de handicap ?

Notre politique s’articule autour de plusieurs axes :

– La politique en faveur des personnes en situation de handicap irrigue toutes les politiques régionales : scolarité, transports, logement et hébergement, sport, culture, tourisme et loisirs. Nous voulons nous saisir de toutes nos marges de manœuvre.

– Nous agissions aux interstices depuis 2016, là où les politiques ne vont pas ou peu. Prenons l’exemple des établissements ou services qui sont trop codifiés. Cette codification engendre des ruptures de parcours avec des périodes charnières qui ne sont pas comblées. Cela pose des problèmes dramatiques. Nous voulons donc favoriser l’émergence des projets dits « passerelles ».

– Nous prenons en compte l’ensemble des personnes qui accompagnent les personnes en situation de handicap. Je pense en particulier aux aidants et aux acteurs du secteur médico-social qui manquent de considération.

– Nous allons continuer de nous appuyer sur un Agenda 22 très structuré qui systématise l’attention au handicap dans l’ensemble de nos politiques.

– Nous serons aidés par notre Conseil Consultatif Régional du Handicap qui est une instance représentative des tous les types de handicaps, de tous les départements, composé d’associations et de personnalités qualifiées.

– Nous mettrons un accent particulier sur l’accès aux soins pour les franciliens handicapés qui sont encore malheureusement trop souvent confrontés aux refus de soins.

– Nous ferons de l’autisme et des troubles associés la grande cause régionale de notre début de mandat. Nous nous focaliserons sur la scolarisation, l’accompagnement vers l’emploi et le logement. J’ai rencontré trop de parents franciliens dans une grande détresse parce que leurs enfants étaient autistes et que les réponses proposées pour faire face à leurs difficultés étaient insuffisantes. La Région peut avoir un effet d’entraînement majeur que je souhaite activer.

Quelles mesures comptez-vous mettre en place en faveur de l’emploi et de la formation des personnes en situation de handicap ?

C’est toujours le pragmatisme et mes nombreux échanges avec les franciliens qui me guident pour concevoir des mesures.

Alors tout d’abord, nous allons continuer le travail engagé en faveur du déplacement. Se déplacer, c’est une liberté fondamentale mais c’est aussi un préalable indispensable pour aller travailler. Notre objectif est de permettre 100 ¨% d’accessibilité des transports. Pour tout euro dépensé par les collectivités, un euro sera investi par la Région dans les projets de mise en accessibilité des transports en commun.

L’orientation scolaire commence dès le lycée mais nous avons malheureusement hérité d’un patrimoine vétuste et qui n’a pas été mis aux normes. Dès 2015, nous avons mis en place notre Ad’AP lycées et nous poursuivrons nos investissements massifs afin que les lycées franciliens soient accessibles à tous. Les jeunes en situation de handicap ont vocation à aller dans le lycée de leur secteur, avec leurs amis, sans avoir à s’exiler à des dizaines de kilomètres. Nous reconduirons notre dispositif individualisé de travaux d’urgence afin d’effectuer rapidement les mises aux normes nécessaires pour accueillir un lycéen handicapé dans un lycée pour lequel les travaux ne sont pas prévus dans l’immédiat par notre Ad’AP.

Nous prenons également des dispositions particulières pour les jeunes franciliens en créant le Revenu Jeunes Actifs. Ce RJA permet aux 18-25 ans s’inscrivant à l’une des formations gratuites et qualifiantes du catalogue de percevoir, pour toute formation suivie dans l’un des secteurs en tension, d’une durée au moins égale à 6 mois, un revenu net 670 euros par mois. Soit un revenu de 4.000 euros pour 6 mois, porté à 5.000 euros pour un jeune en situation de handicap.

Nous renforcerons notre partenariat avec l’AGEFIPH et le FIPHFP afin de permettre aux franciliens handicapés d’être mieux accompagnés dans leur parcours de formation et leur insertion professionnelle. Le thème du handicap sera porté dans l’ensemble des bassins d’emplois co-présidés par la région.

Enfin, nous aiderons particulièrement les ESAT et les entreprises adaptées d’Ile-de-France qui sortent fragilisés de la crise COVID. Nous les accompagnerons dans le développement de nouvelles activités pour s’adapter à un contexte post-COVID qui les oblige à se réinventer.

J’ai la conviction que la thématique du handicap est aussi un « laboratoire d’idées » profitable à tous. Adapter nos dispositifs, nos politiques, notre société à des personnes ayant des spécificités nous conduit à nous réinterroger sans cesse, à douter, à imaginer, à proposer, à expérimenter, à innover. Les solutions que nous trouvons et que nous trouverons ensemble bénéficieront au plus grand nombre.

De toutes mes forces, je souhaite une région qui soit solidaire, qui protège, qui libère les talents et qui n’oublie personne, y compris les franciliens fragiles ou qui ont des besoins spécifiques. C’est pourquoi le handicap est au cœur de mon projet pour l’Île-de-France que nous voulons.

Pour en savoir plus sur les élections régionales, rendez-vous ici.

En photo : Valérie Pécresse et Pierre Deniziot – Élections régionales et handicap en Île-de-France

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