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Des médecins et inspecteurs du travail contre la “mise à mort de la médecine du travail”

PARIS (AFP) – Le projet de loi sur les retraites va mettre à mal l’indépendance du médecin du travail et “ne permettra plus de faire le lien entre travail et santé”, ont dénoncé vendredi des médecins et inspecteur du travail auprès de l’AFP. A l’issue d’une rencontre avec la Direction générale du travail (DGT), l’inspecteur du travail Gérard Filoche et les médecins du travail Odile Chapuis et Elisabeth Delpuech, porte-paroles d’un collectif regroupant 1 100 membres (inspecteurs et contrôleurs, médecins du travail), ont notamment demandé que la réforme de la médecine du travail ne soit pas incluse “en catimini” dans le projet de loi sur les retraites.

 

Ce projet, qui sera examiné en commission à partir de lundi au Sénat, prévoit en effet plusieurs transformations de la médecine du travail, via des amendements du gouvernement et de l’UMP déposés lors de l’examen à l’Assemblée.

“Nous avons demandé au directeur général du travail Jean-Denis Combrexelle qu’il interrompe ce +cavalier législatif+ et qu’il relance un débat public sur la médecine du travail”, a expliqué M. Filoche.

Le collectif, qui a lancé une pétition intitulée “non à la mise à mort du travail”, a recueilli 20.000 signatures.

Les médecins du travail s’inquiètent notamment d’un article du texte prévoyant que les directeurs des services de santé au travail interentreprises (SSTI), nommés par les employeurs, deviennent “garants de l’indépendance du médecin du travail”.

“Notre indépendance est déjà mise à mal régulièrement par les directeurs, avec des empêchements quotidiens. Parfois on nous retire les entreprises que l’on surveillait”, explique Mme Chapuis, médecin du travail de Bourg-en-Bresse, qui craint que le projet de loi ne casse “toute possibilité de faire le lien entre santé et travail”.

Elle déplore également “le morcellement” des actions de la médecine du travail, qui seront, selon le projet de loi, réparties au sein d’une équipe pluridisciplinaire, comprenant des médecins du travail, mais aussi des intervenants en prévention des risques professionnels et des infirmiers, qui seront “moins formés” et n’auront “pas de garantie d’indépendance”, dit-elle.

Un syndicat de médecins du travail, des associations d’accidentés du travail et de victimes de l’amiante (Fnath et Andeva) ainsi que l’Ordre des médecins ont déjà émis des critiques sur cette réforme de la médecine du travail.

A la mi septembre, le ministre du Travail Eric Woerth a affirmé que la médecine du travail sortait “tout à fait confortée” du projet de loi.

De son côté, le Centre interservices de santé et de médecine du travail (Cisme), représentant les employeurs, a souligné des “avancées significatives”

dans le projet de loi, affirmant notamment que l’indépendance technique du médecin était “réaffirmée et confortée”.

Même constat de deux auteurs d’un rapport sur la médecine du travail : le professeur Paul Frimat souligne notamment que les missions des services de santé au travail ne “se substituent pas à celles du médecin du travail”, dont l’indépendance est selon lui “respectée”.

Pour le médecin du travail Gilles Leclerc, co-auteur du rapport, si la réforme “donne du pouvoir au directeur du service” de santé au travail, ce pouvoir est “très nettement encadré”. Il salue aussi la “traçabilité des expositions professionnelles”.

caz/db/sd

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