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Crise sanitaire et handicap : La pandémie sous le prisme de l’APF

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La crise sanitaire sous le prisme d’APF France Handicap à Villeurbanne

Toutes les associations de personnes en situation de handicap ont fait face à l’impact de la crise sanitaire dans leur fonctionnement, mais ce sont les adhérents qui ont payé le plus lourd tribut. Dans une société encore trop inadaptée aux différentes formes de handicap, les confinements ont amplifié certaines difficultés et donné naissance à bien d’autres désagréments dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences psychosomatiques.

Lors d’un point informel avec l’APF France Handicap de Villeurbanne, nous avons recueilli quelques données et points de vue de la part de professionnels et de personnes en situation de handicap. Comme nous pouvons le constater, solidarité et créativité ont été les maîtres-mots.

Quels sont les points marquants pour vous et l’association ?

La première pensée qui vient à l’esprit de nos interlocuteurs, c’est le sentiment d’une solitude qui s’est accentuée. Autre conséquence, le confinement a impliqué des délais de traitement plus long des dossiers de la part des administrations, ce qui a généré de l’angoisse, du stress et de la frustration.

Puis les tergiversations et les mesures annoncées successivement par le gouvernement ont fait naître beaucoup d’inquiétude par rapport au COVID-19. Enfin nous avons aussi pu constater que les situations complexes ont été pour la majorité amplifiées.

Comment avez-vous répondu aux différentes étapes du confinement ?

En premier lieu, nous avons mis en place une permanence téléphonique pour répondre aux nombreuses questions et inquiétudes quotidiennes de nos adhérents.

Nous avons organisé des conférences téléphoniques pour permettre aux salariés et aux élus politiques de se tenir mutuellement informés de la situation et de mettre en œuvre des missions pour affronter la crise. Salariés, élus politiques et bénévoles ont pris le parti, dès le départ, de contacter régulièrement les adhérents de notre territoire pour prendre des nouvelles, connaitre leur situation et leur environnement familial, amical ou de voisinage, pour mesurer leur capacité à affronter cette crise.

Nous avons renforcé nos partenariats avec les villes et notamment les Centres Communaux d’Action Sociale [CCAS] pour les pousser à soutenir leurs habitants en situation de handicap. Cela s’est traduit par l’extension des services de portage de repas au domicile, la mise en place de paniers solidaires et de visites au domicile, un soutien téléphonique. Un lien a aussi été fait avec plusieurs services d’aide à la personne pour garantir la continuité de la prise en charge au domicile.

Grâce aux réseaux sociaux nous avons gardé un lien visuel avec certains adhérents isolés et nous avons créé des groupes WhatsApp pour garder une dynamique d’échange. Des activités de loisirs ludiques en ligne ont été imaginées, par l’intermédiaire de notre page Facebook et notamment la mise en place d’un groupe d’une cinquantaine de personnes. Ainsi jeux, concours et idées d’activités à faire chez soi ont été communiqués et encouragés.

Quelles ont été les conséquences sur la vie des personnes?

Un sujet dont on ne parle pas, celui de l’école à la maison pour les parents en situation de handicap fut une préoccupation pour nous. Ces parents à la santé parfois fragile ont dû assurer un rythme quotidien intense avec parfois plusieurs enfants. Le handicap alourdit les démarches, amplifie la fatigue, le stress, et des tensions familiales font leur apparition.

Pour les parents confrontés à la déficience visuelle, assurer l’école à la maison est d’une grande complexité. Comment prendre connaissance des travaux que l’enfant doit réaliser quand ils sont scannés et envoyés par mail ? Parallèlement beaucoup de ces parents en situation de handicap étaient et sont toujours considérés « à risque ». Or, avec des enfants qui sont très mobiles et en capacité d’aller à l’école, le risque de transmission familiale est majeur.

L’accès aux droits s’est aussi sérieusement compliqué avec des administrations qui tournent au ralenti. Un cas assez rare, heureusement, concerne l’un de nos adhérents en situation de handicap, à la santé extrêmement fragile et qui est détenu dans un centre pénitentiaire. Il s’est vu refuser sa demande d’avancement d’aménagement ou de suspension de peine malgré les risques connus qu’il encourrait.

Citons également le cas d’une aide familiale quotidienne qui ne vient plus que deux fois par semaine… Pour les personnes prises en charge habituellement à 100%, c’est devenu très difficile à vivre.
Ce sont aussi les vacances qui sont tombées à l’eau pour des personnes qui n’ont pas d’autres occasions dans l‘année de pouvoir s’évader.

Crise sanitaire et handicap : Quelques extraits de paroles d’usagers

“Même si j’ai besoin d’être active, d’avoir des liens sociaux, en étant en situation de handicap, je ne suis pas une personne qui sort tous les jours. Ce qui me manque, c’est l’activité, les jeux de société ».

“Je pense que le confinement a fait qu’on a appelé notre entourage plus souvent. Avec internet, le téléphone, on ne s’est coupé d’aucun lien : enfants, amis, adhérents APF France handicap… Malheureusement, il faut attendre des situations comme ça pour prendre conscience que finalement, on a besoin les uns des autres !”

“Avant le confinement, je donnais des cours d’accompagnement scolaire et je faisais de l’alphabétisation auprès des migrants. Toutes mes activités se sont arrêtées. De nombreux rendez-vous médicaux ont été stoppés parce qu’ils n’étaient pas vitaux. Ne pas aller chez le kinésithérapeute, par exemple, ça m’a manqué, j’ai l’impression de marcher moins bien qu’avant. Le confinement a changé ma vie.”

Plus d’infos sur : https://www.apf-francehandicap.org/

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