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Covid-19 et handicap : L’image du corps mise à l’épreuve par la crise

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L’image du corps à l’épreuve du COVID-19

L’isolement, la réduction des activités physiques, le temps passé devant les écrans et le climat anxiogène pourraient avoir eu une influence non négligeable sur notre satisfaction corporelle. Ainsi la crise du Covid-19 peut modifier la manière dont nous percevons notre corps.

L’année 2020 aura été baignée d’une adversité peu commune pour l’ensemble des français et peut-être encore davantage pour les personnes en situation de handicap : isolement forcé, arrêt des soins pourtant indispensables, climat d’insécurité parfois extrêmement anxiogène.

De mars à mai, beaucoup ont dû se suradapter pour maintenir le cap et pour compenser le manque de soins, pour gérer les relations familiales d’ultra-proximité et cette trop grande distance avec le monde.

Certains se sont réfugiés dans les écrans, d’autres ont compensé dans l’assiette. Les apéros virtuels ont pris leur place dans certains foyers, le téléphone et internet ayant aussi certainement sauvé l’équilibre psychique du plus grand nombre.

Cette situation inédite a-t-elle eu un retentissement sur la relation que nous entretenons avec notre corps ? C’est ce que se sont demandé les chercheurs de l’université anglaise Anglia Ruskin. Leur étude, portée sur 500 personnes âgées en moyenne de 34 ans, montre que les longues semaines de confinement ont abimé l’image corporelle de bon nombre d’individus : les femmes seraient ainsi plus insatisfaites de leurs silhouettes, avec un souhait plus important de perdre du poids, contre un besoin de muscles et d’activité physique grandissant pour ces messieurs.

Des journées différentes en temps de Covid-19 et des répercussions sur le corps

Sarah, assignée à résidence depuis des mois, témoigne de ce sentiment très fort qui l’envahit progressivement : « Je ne me supporte plus, je ne peux plus danser, je n’arrête pas de manger, j’ai l’impression d’avoir gonflé et pris 10 kilos, je me sens nulle et inutile ». Le nombre d’heures passées devant les écrans serait aussi proportionnel au sentiment d’insatisfaction du corps dans la tranche d’âge étudiée : les journées passées devant les séries auraient notamment surexposé aux idéaux de minceur et d’athlétisme, et beaucoup plus qu’à l’accoutumé. Les images incessantes de corps malades ont aussi probablement impacté la relation que nous entretenons avec nos capacités physiques : « Mon corps va-t-il être malade ? Va-t-il tenir ou développer une forme grave de la maladie ? Suis-je capable de résister à ce virus dont on dit tout et son contraire ? Mon corps est-il plus vulnérable car plus à risque ? ».

Si certains réussissent à s’affranchir d’une forte puissance intérieure, d’autres au contraire peinent à retrouver un élan vital suffisant pour faire face et se sentir mieux.

Des stratégies à élaborer

Aussi, les stratégies permettant de renforcer l’image du corps n’ont pas pu se mettre en place : les soins portés à l’apparence, les activités sportives ont été réduites à peau de chagrin, alors qu’ils sont autant de nourritures pour l’image de soi et donc l’estime de soi. Ils génèrent un bien-être corporel nécessaire au bien-être psychique mais aussi une meilleure connaissance de son corps, indispensable à une bonne image de soi et base d’une bonne confiance en soi pour faire face à l’avenir.

Les coiffeurs, spa, centres d’esthétiques fermés ont empêché cette prise en soin essentielle à l’équilibre mental des personnes. « Au-delà du quotidien très pénible et de cette solitude, je ne supportais plus mes cheveux, je me faisais honte, je me suis ruée sur le coiffeur dès le déconfinement », témoigne Roseline. Prendre soin de soi et de son corps quand la vie nous malmène peut s’avérer le levier indispensable pour tenir le cap et retrouver l’équilibre. La mise à l’arrêt des socio-coiffeurs et socio-esthéticiennes intervenant dans des centaines d’établissements a aussi retiré aux usagers des moments de bien-être précieux et indispensables. Il nous faudra, à l’avenir, veiller à ce que ces soins essentiels puissent perdurer autant que possible, et s’autoriser individuellement une plus grande bienveillance vis-à-vis de celui qui nous maintient à la vie : notre corps.

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