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Conférence Nationale du Handicap : Les temps forts et les mesures clefs

Emmanuel Macron : Conférence Nationale du Handicap : Les temps forts et les mesures clefs

Retour sur la Conférence Nationale du Handicap qui s’est tenue le 11 février à l’occasion du 15e anniversaire de la loi handicap du 11 février 2005

La Conférence Nationale du Handicap s’est déroulée le mardi 11 février, à l’Elysée, en présence de près de 500 personnes.

De nombreux ministres présents et mobilisés pour la Conférence Nationale du Handicap
Pour nous montrer l’importance que le gouvernement voue au handicap, de nombreux ministres étaient présents durant toute la matinée pour assister à la Conférence nationale du handicap, notamment la Ministre du Travail Muriel Pénicaud, la Ministre des Sports Roxana Maracineanu, la Ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, le Ministre chargé de la ville et du logement (auprès du ministre de la Cohésion des Territoires) Julien Denormandie, le Ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse Jean-Michel Blanquer, le Ministre de la culture Franck Riester, la Ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales Jacqueline Gourault, la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel, la Secrétaire d’état auprès de la ministre des solidarités et de la santé Christelle Dubos, le Secrétaire d’état auprès de la ministre des solidarités et de la santé Adrien Taquet, le Secrétaire d’état auprès du ministre de l’économie et des finances et du ministre de l’action et des comptes publics, chargé du numérique Cédric O, le Secrétaire d’état auprès du ministre de l’action et des comptes publics Olivier Dussopt, la Secrétaire d’état auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, et bien sûr, le président de la République Emmanuel Macron et son épouse Brigitte Macron. Claude Chirac était aussi présente pour faire un discours d’inauguration en hommage à son père, Jacques Chirac, qui fut à l’origine de la loi de 2005.

Une liste impressionnante qui semblait surtout destinée à donner confiance aux associations mais que l’on peut tout de même saluer. 

Un retard à rattraper dans la prise en charge des personnes en situation de handicap
Alors que s’est-il dit lors de cette conférence nationale du handicap ? Tout d’abord, les membres du gouvernement et le président Macron lui-même ont admis que la France avait du retard dans la prise en charge des personnes en situation de handicap, et qu’il fallait se retrousser les manches, d’où le slogan : « Tous concernés, tous mobilisés » qui représente la philosophie de sa politique. Toutes les grandes associations étaient présentes, mais elles avaient au préalable rencontré le président Macron histoire de préparer le terrain et sans doute d’éviter tout débordement. De nombreuses personnalités et la gouvernance du CNCPH étaient également présentes.

La conférence nationale du handicap a débuté par un long discours de Claude Chirac, sur ce que le handicap avait représenté pour son père Jacques Chirac, lorsqu’il était à la tête du gouvernement.
S’en est suivi un discours de Jéremy Boroy, le nouveau président du CNCPH, faisant ressortir les nombreuses difficultés qui persistent dans le champ du handicap, et notamment les difficultés d’accès aux sites internet des administrations ou des chaînes de France Télévisions pour les personnes déficientes sensorielles.

Un rappel des actions menées au cours des deux dernières années
C’est Sophie Cluzel qui s’est ensuite exprimée sur les droits des personnes handicapées et les changements sociétaux nécessaires… à commencer par une mobilisation des acteurs de la société civile, des politiques, des entreprises et des administrations pour faire évoluer la situation des personnes handicapées. Elle a ensuite énuméré toutes les actions déjà accomplie ou en cours de réalisation par le gouvernement en faveur des personnes handicapées, telles que l’augmentation de l’AAH ; la simplification administrative ; la reconnaissance du handicap à vie pour celle et ceux dont l’état de santé ne peux plus évoluer ; le droit de vote des personnes déficientes mentales, la réforme de l’emploi et de secteur protégé…

C’est ensuite Axel Dauchez, de Make.org, qui a présenté une partie des résultats de son enquête nationale sur la perception du handicap par les Français. Celle-ci a recueilli près d’un million de réponses – nous y reviendrons dans un autre article.

Une séquence pédagogique destinée au public
Ensuite quatre ministres sont intervenus sur la scène de la conférence nationale du handicap, en présence de quatre témoins respectifs, sur le thématique du travail, de l’école, de la santé et des procédures administratives, véritable bête noire des personnes handicapées. Chaque ministre a répondu, dans son domaine, au témoin qui lui présentait une situation de dysfonctionnement. Cette partie était assez pesante et peu instructive au final.

Le public a ensuite pu s’exprimer par des questions qui sont restées toutes assez « soft ». Et chaque ministre présent dans la salle pouvait répondre en fonction de ses compétences sur le sujet. Cela ressemblait à une sorte de thérapie collective qui n’a pas apporté grand-chose, en dehors du fait de nous montrer que les ministres s’intéressaient au sujet du handicap, qu’ils savaient répondre, et faire amende honorable lorsqu’ils n’avaient pas encore la réponse.

Les ministres en débat lors de la Conférence Nationale du Handicap 2020
Les ministres en débat lors de la Conférence Nationale du Handicap 2020

La signature d’une convention de confiance entre les associations et l’État
S’en est suivi la signature d’une convention de confiance signée entre les associations, l’État et les opérateurs, ainsi que l’Association des départements de France, dont nous avons pu immédiatement remarquer les problèmes de représentativité. Parmi les 16 signataires seulement deux femmes et une personne handicapée ; le président d’APF France Handicap.  

Un discours engagé d’Emmanuel Macron pour cette nouvelle Conférence Nationale du handicap
Enfin est arrivé le moment de la conférence nationale du handicap que tout le monde attendait : l’intervention d’Emmanuel Macron.
Un discours qui met d’abord l’accent sur l’anniversaire des 15 ans de la loi du 11 février 2005, jour pour jour. Il a ensuite abordé les notions d’inclusion de vie parmi les autres, sans oublier ceux pour qui ce n’est pas possible, mais qui ne doivent pas pour autant exclus de la République : « Chaque Français fait partie d’une seule nation, elle-même faîte de citoyens et citoyennes, qui, tous, ont leur vulnérabilité, leurs blessures, leurs forces et leurs faiblesses, leurs différences ».
Les notions de tolérance et d’acceptation ont été largement mises en avant comme la capacité de travailler ensemble. Les associations ont été largement remerciées pour leur travail et leur engagement. Tout comme les personnes, qui, chacune à leur niveau, transforment le quotidien.  « Cette conférence signe la mobilisation de toute la société, elle nous demande de changer nos habitudes », a déclaré le Président de la République, avant d’annoncer les mesures qu’ils souhaitent voir se mettre en place d’ici à 2022.

– Augmenter le nombre d’AESH et revaloriser leur statut
La situation de la scolarité a été abordée par le biais des AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap). En 2017, ils étaient au nombre de 55 000. Ils seront à la rentrée 2020 au nombre de 66 000, il y en aura 11 500 de plus en 2022. Mais cela ne suffit pas car le statut et le contrat qui lient ces personnes à l’Education Nationale ne sont pas assez attractifs ; de fait les personnes recrutées ne restent pas. Il va donc falloir offrir des contrats dignes à ces personnes, ce qui est la seule solution pour que la situation s’améliore.
Il reste 8000 enfants handicapés sans solution scolaire pour lesquels Emmanuel Macron s’engage à trouver une solution pour la prochaine rentrée. Plus aucun enfant ne restera sur le bord de la route, selon ses dires. C’est d’après lui un objectif totalement atteignable.

– Un meilleur accompagnement des enfants autistes et de leur famille
Emmanuel Macon a également abordé le cas des personnes autistes et la solution mise en œuvre par le gouvernement : le forfait diagnostic et l’accompagnement sans reste à charge pour les familles, valable de 3 à 6 ans, mais qui ne rencontre pas encore le succès attendu. Cet accompagnement sera prolongé jusqu’à l’âge de 12 ans pour répondre aussi au cas de diagnostic tardif.

– Un accompagnement pour les personnes souffrant de troubles dys
Le président a ensuite évoqué le cas des personnes atteintes de troubles Dys, pour lesquelles les familles bénéficieront du même type de forfait d’accompagnement. « Pour rattraper le retard français, parce que l’on en acquiert et nous ne sommes pas les meilleurs de la classe, loin de là, nous allons aussi créer une maison de l’autisme, lieu ressource pour les familles trop souvent désemparées, et permettre à toutes les associations de se retrouver, d’avoir accès aux meilleures pratiques et à la connaissance de toutes les aides et dispositifs ». Il a également précisé que pour les enfants en établissement, l’amendement Creton est pérennisé de manière à rassurer les familles.

– Un enseignement supérieur plus inclusif
« Après l’école, l’enseignement supérieur doit aussi être de plus en plus inclusif.  En 2017, il y avait 24 000 étudiants en situation de handicap, il y en a 35 000 à ce jour, c’est un bond historique en deux ans de temps. Mais on peut faire beaucoup plus ».

– Plus aucun enfant sans solution ou obligé de quitter la France
Le deuxième grand objectif que fixe le président, c’est que d’ici 2021, plus aucun adulte ou enfant en situation de handicap ne soit laissé sans solution au point de devoir quitter la France pour la Belgique, comme cela se fait depuis des années. Selon Emmanuel Macron, ils étaient au nombre de 1000 par an, ils ne sont plus que 500 par an, et « cela doit cesser totalement, ce n’est pas digne de la France ». Mieux encore, il promet de créer les conditions pour que reviennent ceux qui sont déjà en établissement en Belgique.

– La mise en place d’un numéro national unique pour s’informer sur le handicap et ce qui s’y rattache
C’était l’une des mesures attendues lors de cette nouvelle conférence nationale du handicap. Pour faciliter l’accès aux informations utiles dans les toutes les étapes du parcours de vie d’une personne handicapées et faire disparaître le parcours du combattant administratif auxquels sont soumis les familles, comme les personnes handicapées elles-mêmes, un numéro national unique sera mis en place début 2021. Aux administrations de s’organiser pour réunir les informations sollicitées avec les 400 plateformes d’accompagnement qui seront mises en place sur le territoire. Simplicité d’accès et égalité républicaine sont les maîtres mots. Quel que soit leur lieu de résidence, les Français doivent pouvoir bénéficier du même service et des mêmes droits. C’est l’ambition affichée par l’accord de confiance signé entre les associations, l’État et les opérateurs et l’Association des départements de France. Le président s’engage à une égalité de réponse pour une demande donnée quel que soit le département, et à ce que le délai de réponse des MDPH pour une demande d’accès à un droit ou au renouvellement de celui-ci ne dépasse pas 3 mois. Aujourd’hui en effet cela peut aller, selon le type de demande, et selon le département, de 2 mois à 2 ans.

Un discours d’Emmanuel Macron prononcé avec conviction et enthousiasme, comme il sait très bien le faire. Malheureusement la chaîne des acteurs qui doivent se mettre en marche pour répondre à ces objectifs n’aura peut-être pas le même sens des priorités. Et on sait à quel point les administrations comme les collectivités peuvent mettre en place un phénomène d’inertie lorsqu’elles ne sont pas du même avis que le gouvernement.

Pour en savoir plus : https://www.gouvernement.fr/conference-nationale-du-handicap-tous-concernes-tous-mobilises

Téléchargez le discours d’Emmanuel Macron : discours_emmanuel_macron_conference_nationale_du_handicap

 

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