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Cap emploi : Dans la Nièvre, la satisfaction domine

Jean-Marie Vieillard, directeur du Cap Emploi de la Nièvre en région Bourgogne Franche-Comté

À l’issue du congrès national de Cheops qui s’est déroulé à Besançon, nous avons rencontré Jean-Marie Vieillard, directeur du Cap Emploi de la Nièvre en région Bourgogne Franche-Comté.

Le Cap emploi se compose de 11 salariés pour l’ensemble du département – qui est peu peuplé (210 000 habitants). Chaque année, environ 900 personnes sont accompagnées dans les filières du tissu économique local. Ce dernier comprend un peu plus de 250 entreprises de plus de 20 salariés soumises à l’obligation d’emploi de personnes en situation de handicap, et son entreprise la plus importante emploie un peu plus de 600 salariés. Ces entreprises œuvrent dans des secteurs très variés avec un fort aspect industriel. Compte tenu de la configuration économique locale, les conseillers Cap Emploi doivent s’adapter à des situations très atypiques. Jean-Marie Vieillard nous fait remarquer que les centres de décision des entreprises les plus importantes sont hors du département. Il explique également qu’en ce qui concerne l’industrie, elle est plutôt en déclin et requiert davantage de maintiens dans l’emploi que de recrutements.

Depuis quand existe Cap Emploi ? 
Cap Emploi existe depuis 1996 et été créé in extenso à l’époque pour répondre à la loi de 1987. Il ne propose pas d’autres activités que le placement et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.

Comment qualifiez-vous votre activité ?
Nous sommes bien implantés dans le territoire avec un petit nombre d’acteurs ce qui fait que nous nous connaissons bien. L’ancienneté moyenne au sein de notre Cap Emploi est de 12 ans. Ce sont des interlocuteurs fidèles bien connus des entreprises, qui obtiennent des résultats souvent au-delà de nos objectifs. Ces objectifs qui nous assignés ne sont pas une difficulté en soi.     

Concernant le financement, êtes-vous satisfait ?
En termes de financement et de fonctionnement, je peux dire que nous avons le bon dimensionnement par rapport au territoire et aux besoins qui en découlent.

Comment vous et votre équipe vivez la perspective de la réforme de l’emploi ?
En réalité cela n’a pas eu de grands effets, car nous n’avons pas de grandes entreprises et peu de d’entreprises de plus de 250 salariés concernées par la mise en place d’un référent handicap. Dans la plupart des cas ce sont les sièges des entreprises – situés hors du département – qui gèrent ces mutations. Au final, cela ne va pas changer nos relations avec les entreprises ni-même notre fonctionnement car nous sommes plutôt bien dotés.    

Comment percevez-vous le rapprochement de Cap Emploi et Pôle Emploi ?
Ce n’est pas encore calé mais nous commençons à avoir une certaine vision du mode opératoire. Il va y avoir des sites pilotes mis en place début janvier puis une montée en charge.
En ce qui nous concerne, nous attendons ce rapprochement car nous connaissons bien nos homologues de Pôle Emploi qui, comme nous, ne sont pas très nombreux. Historiquement nous avons déjà été physiquement accueillis dans leurs locaux. Pour nous c’est positif car cela va lever des difficultés d’accès aux prestations et aux formations que nous connaissons en ce moment.

Comment votre relation historique avec l’Agefiph va-t-elle évoluer ?
Nous ne savons pas encore véritablement comment cela va évoluer. Nos contacts Agefiph en local sont, eux aussi, encore dans l’attente, mais concrètement cela ne va pas changer grand-chose car ce n’est pas l’Agefiph qui nous donne des consignes opérationnelles. Le changement se fera plutôt au niveau du catalogue de l’Agefiph qui va devoir évoluer. Nous avons l’habitude de nous adapter à chaque évolution sans que cela ne change vraiment le travail sur le terrain. Si pour l’usager cette réforme sera relativement transparente, ce que nous espérons, c’est qu’elle donnera accès aux offres de l’Agefiph à un plus grand nombre de personnes en situation de handicap. Ce qui ressort de certains rapports c’est que les personnes qui dépendent du Cap Emploi ont plus de difficulté à accéder aux prestations Pôle Emploi et inversement. 

Côté financement, est-ce que le nouveau circuit qui passe par l’Urssaf risque de changer quelque chose pour vous ?
A priori cela ne devrait pas changer. Une partie vient de Pôle Emploi et une autre vient de l’Agefiph, et sur le volume il n’y a pas d’évolution en perspective. Nous n’avons jamais eu de soucis jusqu’à présent et cela devrait continuer comme cela. Nous sommes même plus convaincus des capacités de recouvrement de l’Urssaf.

À propos du congrès de Chéops, que pouvez-vous en dire ?
Le point le plus important est le rapprochement avec Pôle Emploi illustré par la présence du délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle et du directeur général de Pôle Emploi. Ils ont expliqué de manière opérationnelle comment ce rapprochement allait se faire, de manière à rassurer les plus sceptiques et à répondre aussi aux questions sur le mode opératoire qui sera mis en œuvre. C’était une journée très pratico pratique sur le thème du futur changement. Dans notre département, il y a deux acteurs, donc c’est assez simple. Dans le département du Rhône, il y a 25 acteurs différents… donc cela va être un peu plus compliqué à mettre en œuvre. Mais globalement les réactions sont assez positives car ce changement renforce la position des Cap Emploi sur leur spécialité de compensation du handicap.

Et du côté de Pôle Emploi ?
La présence du directeur général, qui est resté très longtemps, montre son intérêt pour cette opération, et il a bien précisé que Pôle Emploi n’absorbe pas Cap Emploi, ce qui était une crainte. Si au niveau de la direction générale le message est clair et positif, c’est aussi le cas au sein de la direction régionale de Franche-Comté. Sur le terrain les agences sont aussi ravies de ce rapprochement. Cela va aller de paire avec la mise en place d’un système d’information digitale qui nous permettra de communiquer avec simplicité et efficacité. Il y a eu une crispation passagère qui a été dissipée par des perspectives de recrutement et de bonne entente entre nos deux réseaux.

En conclusion, il me paraît très intéressant de voir que Pôle Emploi va monter en compétences sur les handicaps les moins techniques, tels que le mal de dos, et les prendre en charge avec notre appui si nécessaire. Et de notre côté nous allons monter en compétences sur des handicaps dits complexes, tels que l’autisme, le handicap psychique, qui demandent plus d’expérience et beaucoup plus de temps d’accompagnement. Ainsi toutes les catégories de personnes bénéficieront d’un meilleur accompagnement. Mes conseillers portent de beaux projets sur l’autisme et sont heureux de savoir qu’ils vont pouvoir s’y consacrer.

Quel est le planning du rapprochement avec Pôle Emploi ?
La première vague de ce rapprochement va se faire dès janvier 2020 avec une extension prévue à l’automne 2020. Pour le reste des agences, l’extension se terminera début 2021, mais cela reste sous réserve.

En photo : Jean-Marie Vieillard, directeur du Cap Emploi de la Nièvre en région Bourgogne Franche-Comté.

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