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Cancer et Covid-19 : La Ligue contre le cancer donne l’alerte

Cancer et Covid-19 : La Ligue contre le cancer lance une alerte

Cancer et Covid-19 : La Ligue contre le cancer interpelle les pouvoirs publics

Retards de diagnostic, impossibilités ou reports de dépistages ou vaccinations, modifications des protocoles de soins, arrêts des traitements, isolements, aidants au bord du burn-out : voici quelques unes des nombreuses raisons pour lesquelles la Ligue contre le cancer alerte sur la dangereuse dégradation de la situation des personnes concernées par le cancer. Elle interpelle les pouvoirs publics et formule des recommandations pour aider les malades à concilier au mieux cancer et Covid-19.

Acteur de terrain agissant au plus près des malades depuis le début de la crise du Covid-19, la Ligue contre le cancer fait état d’une nette dégradation de la situation des personnes concernées, avec une “multiplication des problèmes quant à la continuité des soins contre le cancer”. En témoigne le succès de la ligne téléphonique mise en place par l’association depuis le début du confinement et qui reçu des milliers d’appels.

Cancer et COVID-19 : Quelles conséquences pour les personnes malades ?

Le retard de diagnostic : une perte de chance considérable

L’association rappelle régulièrement, à travers ses campagnes de sensibilisation, que plus la maladie est détectée précocement, meilleures sont les chances de la soigner avec succès. Mais aujourd’hui, la situation tendue des établissements de soin, la fermeture de plusieurs services (radiologie, scanner, etc.) et la hiérarchisation des prises en charge engendrent des retards de diagnostics mettant en péril de nombreuses vies. Une réalité qui pourraient à moyen terme nécessiter des traitements plus lourds et plus coûteux à l’avenir.

” Nous savons déjà par exemple que des personnes qui constatent l’apparition d’un grain de beauté ou une boule au sein ne feront pas actuellement la démarche de consulter, explique le Professeur Axel Kahn, Président de la Ligue contre le cancer. Cette situation ne peut durer éternellement : un diagnostic tardif c’est évidemment un processus de soin tardif, donc beaucoup plus lourd avec des chances de rémissions inférieures. C’est une réalité concrète terrible pour ces personnes et une difficulté supplémentaire qui se profile pour notre système de santé”.

“Bien que les établissements de soins hospitaliers et ambulatoires se soient globalement organisés de façon extrêmement réactive face à l’épidémie, ce que nous constatons sur le terrain n’est pas tenable, poursuit-il. Il est aujourd’hui absolument nécessaire d’assurer un suivi à distance des personnes en traitement et de les accompagner en ville durant cette crise COVID-19 mais aussi au-delà car les cas seront nombreux.

Nous avons soutenu les mesures initiales préconisées par le Haut Conseil de Santé Publique (décalage des cures, d’interventions non urgents, protocoles plus concentrés de radiothérapie, etc.) en suivant une ligne de conduite simple : trouver un compromis entre les meilleures chances du traitement des tumeurs et la préservation des malades vis-à-vis du Covid-19.

Maintenant, à quelques jours du déconfinement, il convient sans délai que les personnes atteintes de cancer ou nécessitant dépistage ou vaccination, doivent réintégrer un parcours de soins rassurant, efficace et disponible. L’angoisse des malades ne doit pas être minimisée, elle exige un dialogue qui paraît aujourd’hui impossible”.

Pour les personnes atteintes d’un cancer et déjà diagnostiquées, les conséquences du Covid-19 sont déjà bien visibles

Ainsi la Ligue contre le cancer note parmi les nombreux changements constatés :

  • Des reports de traitements, une substitution des médicaments par voie orale,
  • Une limitation voire une interruption de l’aide à la toilette de certaines personnes seules et âgées,
  • Un arrêt des soins de kinésithérapie et de la prise en charge de la douleur,
  • Une interruption du suivi psychologique (lorsque les structures n’ont pas mis en place des consultations à distance)
  • Une impossibilité d’accès à certains soins palliatifs pour les personnes en fin de vie à domicile avec difficulté de ré-hospitalisation en cas d’urgence.

“Ces situations engendrent de l’incompréhension et des inquiétudes de la part des personnes malades, qui redoutent une moindre efficacité du protocole engagé, la progression ou la récidive de leur cancer, déplore Axel Kahn. Elles craignent des pertes de chance liées aux reports et modifications des protocoles de leur traitement, ce qui déclenche parfois une angoisse de mort. Certaines d’entre elles se posent la question de la pertinence de la reprise du traitement passé un certain délai, ont des doutes sur l’équivalence de performance et expriment des inquiétudes quant aux possibles effets indésirables qui peuvent survenir à domicile”.

« Les personnes ont peur de mourir car elles ne sont pas soignées. Elles ont peur que le cancer soit plus important ou qu’il se propage » explique également un Comité départemental de la Ligue contre le cancer.

Les proches deviennent parfois des « professionnels de santé », malgré eux

Les proches aidants, quant à eux, sont des victimes collatérales de cette situation et font face à une gestion forcée des soins à domicile, soins curatifs (voire palliatifs) de leur proche malade. En raison du confinement, ces aidants sont isolés quand la fin de vie est organisée à domicile. Ils ne disposent pas toujours du matériel médical et de l’accompagnement humain nécessaires, “ce qui rend cette expérience traumatisante et douloureuse”, estime la Ligue contre le cancer.

« Aujourd’hui comme tout le monde est en confinement, l’infirmière qui faisait mes soins a passé le relais à mon mari qui a changé mon pansement plusieurs fois. La consultation avec la chirurgienne fin mars a été annulée. Mon seul souci ce sont les fils qui soudent ma cicatrice douloureuse », témoigne ainsi, à travers son Comité départemental de la Ligue contre le cancer, une patiente ayant subi une mastectomie.

Certaines personnes isolées ont dû faire appel à une solidarité non conventionnelle de proximité

La Ligue contre le cancer a également constaté qu’en raison de la rupture des liens avec l’équipe soignante, le médecin et les aides à domicile, les malades se sentent isolés, voire abandonnés. Qu’il s’agisse de l’équipe de l’hôpital, du médecin traitant, des infirmières libérales ou des aides à domicile (pour les courses, le ménage, etc.), l’association observe que les personnes malades souffrent d’une solitude extrême et d’un sentiment d’abandon. Du fait de l’épidémie, certains hôpitaux sont saturés et ne sont pas en mesure de maintenir le lien avec les personnes atteintes d’un cancer. Le médecin traitant, parfois très difficile à joindre, n’est pas forcément en mesure d’identifier et de gérer les effets indésirables des traitements contre le cancer. Au-delà de l’organisation des soins à domicile, les personnes malades du cancer peuvent rencontrer de particulières difficultés dans leurs activités de la vie quotidienne.

La Ligue contre le cancer relate ainsi l’un des appels reçus par la permanence médicale de la Ligue contre le cancer : « Appel d’une femme atteinte d’un cancer du poumon et du COVID-19, qui ne peut joindre son médecin traitant (disque lui demandant d’appeler le 15) et qui cherche des renseignements : quand saura- t-elle qu’elle ne développe pas de forme grave ? Quand prendre du doliprane ? Quels signes justifient d’appeler le 15 ? ». 

Un appel aux pouvoirs publics : L’absolue nécessité d’un suivi à distance des personnes en traitement et de leur accompagnement en ville

La Ligue contre le cancer demande aux pouvoirs publics la mise en place un plan d’accompagnement pour tous les malades du cancer, notamment :

Organiser des correspondances régulières avec l’hôpital, par téléconsultation s’il est impossible de faire autrement, afin d’assurer une communication efficace des informations importantes aux personnes malades ; favoriser la bonne observance des traitements ; rompre l’isolement des personnes soignées à domicile et de leurs proches aidants

Former les professionnels ambulatoires (médecins généralistes, professions libérales, etc.) aux spécificités de la prise en charge de la maladie cancéreuse, pour permettre l’accès à des soins curatifs, de support et palliatifs adaptés

Aux personnes malades, la Ligue transmet un message clair « ne vous résignez pas, prenez soin de votre santé, appelez votre médecin et soignez-vous ! »

Depuis le début du confinement, la Ligue est mobilisée, active et défend de manière acharnée les droits des personnes malades et de leurs proches ainsi que le respect de leur dignité :

– Elle a demandé et partiellement obtenu la reconnaissance des proches-aidants dans les prises en charge compensées par l’Assurance maladie.

– Elle s’est élevée, avec succès, contre le confinement prolongé des personnes de plus de 65 ou 70 ans, jugé discriminatoire, et la stigmatisation de ces dernières

– Actuellement, elle position pour que les masques de protection soient gratuits et accessibles pour les publics vulnérables et leurs proches-aidants.

La Ligue contre le cancer se mobilise pour aller plus loin et faire réintégrer dans la prise en compte sanitaire et sociale les personnes atteintes de cancer ou cherchant à éviter un cancer.

 

Pour plus d’infos : www.ligue-cancer.net

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