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Cancer colorectal : Le dépistage précoce booste les chances de guérison

L’association Patients en réseau poursuit sa campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal dans la suite de l’opération “Mars bleu 2021”. Rappelant la grande utilité de ce test pour augmenter les chances de guérison, elle dévoile également les résultats de son enquête sur les freins au dépistage et fait part des pistes d’amélioration proposées par les patients à cette occasion.

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Se faire dépister le plus tôt possible pour être mieux soigné et augmenter ses chances de guérison : Tel est le message que souhaite faire passer l’association Patients en réseau à travers sa campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal.

À l’issue de l’édition 2021 de « Mars bleu », campagne de prévention du cancer colorectal qui s’est déroulée tout au long du mois de mars, l’association Patients en réseau fait un bilan sur la survenue et le dépistage de cette maladie. Encore taboue, celle-ci pourrait pourtant être beaucoup mieux prise en charge si le public consentait plus facilement à se faire dépister. Une démarche rapide et gratuite qui permet chaque année d’éviter de nombreux décès en augmentant fortement les chances de guérison des malades identifiés avant l’apparition de symptômes.

« Chaque année, le cancer reste l’une des premières causes de mortalité en France, mais un cancer colorectal dépisté à temps guérit 9 fois sur 10 », souligne l’association Patients en réseau, qui a également mené une enquête auprès des patients en s’appuyant sur sa communauté en ligne « Mon Réseau Cancer Colorectal ». 

Le dépistage du cancer colorectal : une démarche rapide et gratuite

Le test de dépistage du cancer colorectal est proposé tous les deux ans aux personnes âgées de 50 à 74 ans à travers un courrier postal adressé par la Sécurité sociale. Toutefois, les personnes qui n’ont pas reçu ce courrier peuvent également demander à se faire dépister volontairement.
Les personnes qui souhaitent faire le dépistage sont invitées à consulter leur médecin traitant afin qu’il leur remette un kit.

Ce kit, accompagné d’un mode d’emploi détaillé et illustré, permet à chacun de réaliser le test chez soi. Il s’agit concrètement de prélever un petit échantillon de selles et de l’envoyer au laboratoire de biologie médicale dont l’adresse est indiquée sur l’enveloppe de retour fournie dans le kit de dépistage.

À l’issue du test, si l’analyse de l’échantillon est négative, cela signifie qu’aucun saignement ou lésion précancéreuse n’ont été détectés. Si le test est positif, ce n’est pas forcément signe de cancer mais votre médecin vous orientera vers un gastroentérologue afin d’approfondir le dépistage, en faisant éventuellement une coloscopie. Cet examen permet de détecter des polypes cancéreux s’il y en a, ou de retirer des polypes suspects avant qu’ils ne se transforment en cancer.
« Si un polype a déjà évolué en cancer, plus on le détecte tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Dans plus de la moitié des cas, la coloscopie ne décèle aucune anomalie. Elle détecte un polype dans 30 à 40 % des cas et un cancer dans 8 % des cas », indique l’Institut national du cancer.

À noter que le test et son interprétation sont pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, sans avance de frais.

Un ralentissement des dépistages dû aux inquiétudes liées à la pandémie de Covid-19

Bien que le dépistage du cancer colorectal et ses modalités commencent à être mieux connus du grand public, la pandémie de Covid-19 tend à freiner les progrès effectués ces dernières années. Ainsi, de nombreux français hésitent aujourd’hui à se rendre dans des établissements de soins et repoussent ou abandonnent des examens par crainte de contamination. « Une frilosité pouvant avoir de lourdes conséquences dans le cas du dépistage d’un cancer, alors que la maladie fait toujours partie des premières causes de mortalité en France », déplore l’association Patients en réseau.

« Selon les chiffres de l’Institut National du Cancer (INCa), rappelons qu’en 2018 le cancer a touché 382 000 personnes et entrainé plus de 157 000 décès. Parallèlement, l’Institut Gustave Roussy a révélé récemment que la crise sanitaire pourrait entrainer une augmentation de la mortalité par cancer de l’ordre de 2 à 5% au cours des cinq prochaines années, ajoute-t-elle. Une hausse majoritairement dû à des prises en charge trop tardives, laissant le temps à la maladie d’évoluer vers des formes plus graves réduisant les chances de guérison et nécessitant des traitements plus agressifs ».

Concernant plus particulièrement les cancers colorectaux, l’association Patients en réseau indique qu’ils sont au 3e rang des tumeurs les plus fréquentes chez l’homme (après la prostate et le poumon) et 2e rang chez les femmes (après le sein). « Ils touchent 43000 français chaque année. C’est pour cette raison qu’est organisé tous les ans par le Ministère de la Santé « Mars Bleu », un mois entier dédié à la sensibilisation au cancer colorectal ».

Une enquête pour mieux comprendre les obstacles

Afin de mieux identifier les obstacles au dépistage volontaire et d’améliorer son accessibilité, l’association Patients en réseau, avec l’appui de sa communauté Mon Réseau® Cancer Colorectal, a mené une grande enquête auprès de 1626 personnes de plus de 50 ans. Intitulée : « Le dépistage du cancer colorectal : en pratique, où en sommes-nous ? », celle-ci a pour but de mieux comprendre les freins de l’accès au dépistage et les leviers possibles pour l’améliorer.

En effet, alors que le dépistage du cancer colorectal est proposé tous les deux ans dès 50 ans et jusqu’à 74 ans, l’association que seulement 32% des personnes dans cette tranche d’âge se font tester.

Pour améliorer la diffusion du dépistage du cancer colorectal et le rendre plus accessible, 27% des répondants à l’enquête suggèrent de communiquer davantage sur le dépistage et ses bénéfices, 16% de communiquer davantage sur la maladie en elle-même. Enfin, 12% des interrogés jugent qu’il serait bénéfique de recevoir plus d’informations sur la coloscopie, examen médical pratiqué dans le cas d’un soupçon de cancer du côlon.

Au final, deux grands constats sont ressortis de cette enquête :

– Les patients souhaitent que le dépistage soit plus facilement accessible. En ce sens, le passage obligé par une consultation chez le médecin généraliste est un frein important.
Les solutions pourraient donc consister à adresser directement le kit par courrier aux personnes qui le souhaitent, à le mettre à disposition en pharmacie, ou encore à pouvoir le commander en ligne sur Ameli.fr auprès de la CPAM.

– Le kit pourrait être amélioré de différentes manières pour permettre à chacun de réaliser le test plus facilement. Il pourrait notamment comprendre deux papiers “spécial recueil” – en cas d’échec lors du premier essai, pour ne pas devoir consulter à nouveau son médecin pour obtenir un nouveau kit, un papier plus solide, des “collants” plus pratiques, la possibilité de mettre le tout dans la cuvette et tirer la chasse-d’eau. Les patients souhaiteraient par ailleurs plus de clarté dans les explications, notamment qu’il soit « dit clairement de faire le test le lundi ou mardi (hors jours fériés) pour être sûr que cela arrive “en bon état” au centre d’analyse ».

Les propositions pour améliorer le kit de dépistage du cancer colorectal
Les propositions pour améliorer le kit de dépistage du cancer colorectal dans le cadre de l’enquête menée par Patients en réseau.

Une double prévention : Se faire dépister mais aussi limiter les facteurs de risque

En parallèle de sa campagne de sensibilisation au dépistage du cancer colorectal, l’association Patients en réseau rappelle qu’il existe aussi des règles de prévention de base pour diminuer le risque d’être un jour confronté au cancer. « Il s’agit de prévenir l’apparition de la maladie en limitant les expositions aux facteurs de risque connus, liés à nos modes de vie et notre environnement, commente-t-elle. On parle alors de « prévention primaire », qui précède la « prévention secondaire » consistant à détecter la présence d’un cancer le plus tôt possible pour mieux le soigner et le guérir.

Dans le cas du cancer colorectal, la prévention consiste à pratiquer une activité physique régulière, à manger équilibré, maintenir un poids de forme, à ne pas fumer et à limiter la consommation d’alcool, etc. Le dépistage, grâce au kit, reste la meilleure manière de s’assurer que la maladie ne se développe pas ».

 

Mon Réseau® Cancer Colorectal

Pour les personnes touchées par un cancer colorectal et leurs proches, l’association Patients en réseau a lancé en juillet 2020 Mon Réseau® Cancer Colorectal : monreseau-cancercolorectal.com
Objectif : faciliter le quotidien face à l’épreuve de la maladie, rompre l’isolement, permettre de trouver du soutien, d’échanger de manière sécurisée et anonyme, booster les actions de dépistage et permettre un meilleur accès aux thérapies innovantes.

Cette plateforme gratuite disponible sur smartphone et tablette permet d’échanger, de trouver de l’information fiable et des renseignements pratiques. Le réseau facilite également l’accès à des ressources, des événements, conférences et ateliers de proximité ou en ligne. « Mon Réseau® Cancer Colorectal brise le silence et les tabous autour de cette maladie et facilite le parcours de soin des patients à chaque étape.

« Rejoignez Mon Réseau® Cancer Colorectal car comme moi vous y trouverez réconfort, écoute, des réponses à des questions que vous vous posez sans tabou et en tout anonymat, encourage Colette Casimir, Directrice de Mon Réseau Cancer® Colorectal et Patient Expert. Nous sommes là pour vous aider. Contactez-nous, nous sommes déjà passés par là ».

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