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Brexit et handicap : Quels pourraient-être les impacts ?

Chroniques britanniques : Brexit et handicap

Chroniques britanniques : Brexit et handicap font-ils plutôt ou mauvais ménage ? Quel impact la sortie de l’Europe du Royaume-Uni pourrait-elle avoir sur le handicap ?

Par Jean-Christophe Verro. Note préliminaire – Brexit et handicap : le Brexit n’ayant pas encore eu lieu, et sa forme n’ayant toujours pas été décidée, il est à ce stade compliqué d’en mesurer tous les effets et résultats.

Pour mémoire, environ sept options sont toujours en débat, allant de la sortie sans accord à l’abrogation de l’article 50 (article déclenchant la sortie de l’UE) faisant rester le Royaume-Uni dans l’Union Européenne, en passant par différentes formes d’accords telles qu’une union douanière, un accord de même type que celui de la Norvège, ou celui avec le Canada, ou encore l’accord proposé par la premier ministre Theresa May (et accepté par l’UE), mais déjà rejeté par trois fois au parlement.

Le possible impact sur le handicap
Concernant le handicap directement, il est très improbable que le Brexit ait un impact.
En effet, les lois définissant et protégeant le handicap sont des lois britanniques, existant depuis plus d’une quarantaine d’années et qui n’ont pas été modifiées par l’UE.
Ces lois vont donc rester, et vont si nécessaire évoluer positivement, comme les britanniques l’ont toujours fait.

La santé en pointillés…
En revanche, en ce qui concerne la santé, l’impact est beaucoup plus certain.
En effet, tout d’abord la relocalisation de l’Agence Européenne du Médicament (EMA) de Londres à Amsterdam, va faire perdre à la Grande-Bretagne sa place de leader européen en termes d’innovations thérapeutiques, au détriment des malades.
D’après le ministre de la santé, le Brexit placerait la Grande-Bretagne à la fin de la queue dans l’accès aux nouveaux traitements vitaux (nouvelles molécules et médicaments).
Également, le déménagement de cette agence fait perdre à la Grande-Bretagne tous les essais thérapeutiques de pointe menés en Europe, et auxquels elle prenait part de manière très active.

… à commencer par les médicaments
Ensuite, conformément aux recommandations de cette agence, les industriels ont commencé à prendre leurs dispositions.
Deux acteurs majeurs de l’industrie pharmaceutique ont relocalisé leur site de production sur le continent afin de continuer à assurer leur flux de livraison, au détriment du marché britannique.
J’en ai fait personnellement l’expérience, avec des délais d’approvisionnement démultipliés (en semaines au lieu de jours) sur certains médicaments qui me sont prescrits régulièrement.
C’est pour cela que la Grande-Bretagne, dans ses plans de préparation au Brexit, parle de stocker des médicaments afin d’éviter les ruptures d’approvisionnement qui pourraient avoir de lourdes conséquences sur les personnes fragiles.

Les recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme
Un dernier point qui pourrait être touch
é par le Brexit, serait l’impossibilité d’effectuer une procédure ou un recours auprès de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme).
Cette cour permet à tout citoyen européen d’avoir un recours lorsqu’il n’est pas entendu par la justice de son pays. Elle est régulièrement utilisée pour faire condamner les Etats (notamment la France) quand ils ne respectent pas certains droits, notamment pour le droit des personnes handicapées. La sortie de la CEDH est régulièrement ressass
ée par les Brexiters (partisans du Brexit).

Si la Grande-Bretagne présente suffisamment de garanties en termes de respect des droits, à l’heure actuelle, pour ne pas craindre la perte de cette opportunité, il ne faut pas oublier que le parti conservateur, actuellement au pouvoir, a pour plan d’abolir la loi sur les Droits de l’Homme, qu’il juge trop contraignante et imposée par Bruxelles.

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