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Blind sailing : En avant pour les championnats du monde de voile

Blind sailing : En avant pour les championnats du monde de voile

Olivier Ducruix nous raconte comment il a vécu les championnats du monde de Blind sailing de Kingston, compétition de voile internationale destinée aux personnes aveugles.

Par Olivier Ducruix. L’été touche à sa fin, août est très largement entamé. J’ai déjà bien profité de cette période estivale que j’adore, et j’ai le sentiment que le meilleur reste à venir. Gillou, Eric, Marine et moi nous envolons pour le Canada. Nous avons in-extremis réussi à réunir les fonds pour participer du 1er au 8 septembre 2019 au championnat du monde Blind Sailing, l’évènement majeur des compétitions de voile pour les personnes aveugles au plan international. Atterrissage à Montréal où nous passons une soirée à la terrasse d’un pub, dans la fameuse rue Saint-Denis, qui tient ses promesses, j’adore l’ambiance. L’air est doux, la bière est bonne, les Québécois d’une gentillesse extraordinaire, il y a de la musique un peu partout, ça sent les vacances et le début d’une belle aventure !

Le lendemain, direction Kingston, à 300 kilomètres de là, au bord du fleuve Saint-Laurent, à l’endroit même où il naît, à la limite du lac Ontario. C’est ce dernier qui alimente le Saint-Laurent, large de 13 kilomètres en ces lieux magiques où plus de mille îles pointent le bout de leur nez hors des flots, et offrent au visiteur un spectacle grandiose et unique. C’est ici que nous allons vivre au rythme du championnat du monde pendant 10 jours, la classe !

Je suis tout excité et un peu inquiet en même temps. Pour la première fois dans une compétition de ce niveau, c’est moi qui vais tenir la barre du voilier, et bien que ce soit génial, c’est aussi une grosse responsabilité ! Les règles qui président à ce championnat du monde sont très précises, et pour bien se représenter comment ceci fonctionne, il est nécessaire que j’en donne quelques explications. Les équipages sont constitués de 4 marins, deux sont voyants, et deux doivent être non-voyants ou mal-voyants. Chaque équipe est classée dans l’une des 3 catégories possibles B1, B2 ou B3 en fonction du niveau d’acuité visuelle de ses membres. B1 correspond à ceux qui ne voient rien ou presque, B3 à ceux qui voient « le moins mal », B2 étant intermédiaire. Je fais simple mais tout ceci est très encadré, et le niveau de classification de chaque marin déficient visuel est déterminé avant la régate par un groupe de 3 spécialistes en ophtalmologie accrédités par le World Sailing (instance internationale qui régit les compétitions de voile au niveau mondial). C’est devant ces spécialistes que nous sommes reçus et examinés dans un cabinet médical. De fait, il n’y a donc pas une mais trois compétitions, une par catégorie.

À l’issue de ces examens, sans surprise, il s’avère que nous allons concourir en B1, c’est ce que nous souhaitions ! En effet, c’est la catégorie dans laquelle de toute évidence nous prendrons le plus de plaisir, et qui sera la plus formatrice pour nous. Tout d’abord, en B1 on trouve de très grands champions de la discipline. Des noms célèbres pour qui s’intéresse à notre sport, tels que Vicki Sheen (Grande-Bretagne), Duane Farrar (USA), Kylie Forth (Australie) … tous des marins expérimentés qui participent à ces championnats depuis leur création il y a plus de 20 ans. Duane vit à Boston, et est double tenant du titre. Vicki est présidente de Blind Sailing International Association depuis de longues années. Elle est tout simplement une référence, vainqueur à plusieurs reprises par le passé, et toujours une redoutable adversaire. L’autre intérêt de cette catégorie réside dans le fait que c’est celle où il y a le plus d’équipages en lice pour la compétition. Nous sommes 7 au total, contre 3 en catégorie B2 et 4 en B3. Ceci reste faible néanmoins et c’est dommage. Une explication probable, c’est la difficulté de l’exercice. Il n’y a pas tant que cela de marins déficients visuels expérimentés et entrainés … Un réel effort de développement doit être mené auprès de pays non présents et notamment hors du monde anglo-saxon. Pour preuve, à l’exception de nos amis de l’autre équipe française, l’équipage japonais et nous-mêmes, tous sont américains, anglais, canadiens et australiens. Sept équipages, c’est néanmoins suffisant pour qu’il y ait une belle bagarre sur l’eau, une réelle stratégie, surtout vu le niveau auquel on peut s’attendre. En ce qui nous concerne, pour notre première participation, nous sommes réellement dans l’inconnu ! Nous allons enfin pouvoir nous situer par rapport au « gratin mondial », et c’est un peu « flippant » !

Dans ma prochaine chronique, je vous expliquerai le rôle de chacun à bord, et bien sûr vous découvrirez si les petits français que nous sommes ont pu tirer leur épingle du jeu ou s’ils se sont fait manger par l’ogre anglo-saxon !

 

+ Photo : Olivier Ducruix et ses coéquipiers en pleine navigation.

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