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Autisme: le coordinateur de l’étude sur le packing défend son approche face aux critiques des associations de parents

LILLE, 6 avril 2009 (APM) – Le coordinateur de l’étude sur le packing chez les enfants autistes, le Dr Jean-Louis Goeb (CHU de Lille), défend son approche pluridisciplinaire de a prise en charge de cette pathologie face aux critiques des associations de parents. Une étude de démonstration de l’efficacité du packing (ou enveloppement) chez les enfants autistes avec troubles graves du comportement, financée sur le programme hospitalier de recherche clinique (PHRC) qui a commencé en décembre 2008, est très critiquée par une association de parents d’autistes, Léa pour Samy, partisane d’une approche exclusivement éducative de la prise en charge. L’association a présenté jeudi au cabinet de la ministre de la santé une demande de moratoire sur l’étude. Selon l’association, les conseillers techniques de la ministre ont indiqué qu’ils étudieraient le dossier et donneraient leur réponse avant la fin mai.

“Notre service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du CHU de Lille a une vision pluridisciplinaire de la prise en charge de l’autisme, avec un volet éducatif, thérapeutique et pédagogique. Je ne nie pas que le packing peut être pratiqué dans des services de psychiatrie ou dans des instituts médico-éducatifs sans méthodologie précise mais je ne défends pas du tout cette approche”, a déclaré le Dr Goeb.

 

“Nous sommes très attaqués par certaines associations de parents d’enfants autistes. Mais nous ne sommes pas des ‘ayatollahs du divan’, qui allongent un enfant autiste et attendent ‘l’émergence de son désir’. C’est une approche totalement inadaptée chez des enfants autistes qui, parfois, ne savent pas parler mais il est vrai qu’elle est encore
pratiquée. Nous défendons une psychiatrie moderne”. Le packing pratiqué à Lille, dans le service dirigé par le Pr Pierre Delion, consiste à envelopper l’enfant dans un linge froid, à 10-15 degrés, humide mais essoré puis de couvertures pour permettre un réchauffement en 3 à 5 minutes, indique le Dr Goeb. La séance se déroule en présence de deux ou quatre soignants formés qui entourent l’enfant.

“La peau, à 36 degrés, ressent un choc au froid mais il ne s’agit pas du tout de placer l’enfant en hypothermie”, souligne le Dr Goeb. “L’objectif est qu’il prenne conscience de son corps. L’enfant autiste n’a pas d’image de son corps, c’est ce qui le conduit à se faire mal pour ressentir son corps dans la douleur. Nous utilisons le choc au froid et ce serrage pour entrer en relation avec lui. Car tout se fait en présence de soignants qui l’entourent, lui parlent, essaient d’entrer en relation avec lui”.

 

“En pratique clinique, nous constatons des progrès étonnants avec cette méthode. Les enfants schizophrènes verbaux ou des enfants psychotiques ont témoigné des bienfaits de ces séances. Et des enfants autistes non verbaux nous emmènent dans la salle où le packing est pratiqué. Comme aucune évaluation scientifique n’a été faite à ce jour, il nous a semblé utile de mener une étude pour valider la technique”.

 

Le protocole de l’étude prévoit de mesurer l’efficacité à trois mois du packing auprès de 162 enfants de plus de 5 ans, répartis en trois groupes (rispéridone avec
enveloppements humides initialement froids, rispéridone seule, rispéridone avec enveloppements secs). Les enfants doivent présenter un syndrome autistique, un syndrome d’Asperger ou un trouble envahissant du développement (TED) non spécifique avec des troubles graves du comportement (auto- ou hétéro-agressivité, automutilations,
instabilité psychomotrice sévère, stéréotypies graves et envahissantes). Chaque enfant doit être sous rispéridone depuis au moins un mois car ce médicament
est le seul possédant une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les troubles du comportement chez l’enfant autiste de plus de 5 ans. Cette condition a été posée pourqu’il n’y ait pas de perte de chance pour le patient dans l’étude.

 

Un patient a été recruté et deux autres sont en pré-inclusion, a indiqué le Dr Goeb. Le recrutement ne se fait pour l’instant que dans le Nord-Pas-de-Calais, même si l’étude
prévoit la participation de deux autres services, le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du CHU de Caen (Pr Jean-Marc Baleyte) et celui du CHU d’Amiens (Pr
Christian Mille).

 

“Le protocole de l’étude est lourd à mettre en place, ce qui rend le recrutement difficile. Mais cela ne nous empêche pas de faire bénéficier des enfants du packing, sans qu’ils soient inclus dans l’étude”, indique le Dr Goeb.

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