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Assystem : une entreprise « à toutes épreuves »

Avec 9 500 salariés implantés dans 15 pays, Assystem a sa plus grosse filière installée en France où elle emploie 5 200 personnes. Exerçant une activité de bureau d’étude et de conseil, elle emploie techniciens et ingénieurs dans des métiers qui vont de la conception d’aile d’avion, de voiture à celle des centrales nucléaires. Cristelle Jacq est responsable de la mission handicap et responsable pour le groupe des relations avec les écoles et les forums.

(PHOTO : Mission Handicap ASSYSTEM Christèle JACQ & Aurore Dupont Chauvet)

 

H. : Parlez-nous de la Mission handicap.
Cristèle Jacq : Elle est née en mars 2007 après un audit. Nous avions déjà signé la Charte sur l’égalité des chances et l’on était cohérent sur tout, sauf sur le handicap. En juin 2007, nous signions notre première convention avec l’Agefiph. D’une durée d’un an, elle s’appuyait principalement sur le secteur de l’énergie nucléaire qui recrutait beaucoup à cette période […]. Il s’agissait d’une activité développée en interne, dans les bureaux d’études, et qui permettait donc de recruter car, à l’époque, cela nous semblait plus facile d’embaucher des salariés handicapés « en interne » que d’en placer chez nos clients. A la fin de cette première convention, 21 personnes avaient intégré le groupe, autant chez les clients qu’en interne ! Les employés handicapés n’avaient pas « choqué » la clientèle, il devenait donc plus facile de convaincre les managers.

 

H. : Une démarche intéressante…
C.J. : Oui, mais nous nous heurtions à un problème majeur de recrutement. Il n’est pas facile de trouver des candidats handicapés de niveau Bac + 5. Avec la valeur d’exemple de l’énergie et du nucléaire, il était facile de signer la deuxième convention qui coure de septembre 2008 à septembre 2009. Il s’agit désormais d’étendre les actions engagées dans ce secteur à tous les autres domaines d’activité d’Assystem France. Cette politique s’articule autour de quatre axes. Il faut d’abord sensibiliser les managers pour faire tomber les tabous. […] Ensuite, il faut agir sur l’intégration. Pour cela, nous sommes en contact avec des associations, comme Tremplin; il y a des réseaux dont on peut se servir. Le maintien dans l’emploi est également très important. Nous avons fait beaucoup d’aménagements de postes et nous avons enregistré 15 déclarations en 2008, preuve que la Mission Handicap a su se montrer convaincante. Enfin, nous devons développer les échanges avec le milieu protégé et multiplier par 2,5 le chiffre d’affaires avec les sous-traitants.

 

H. : Que va-t-il se passer en 2009 ?
C.J. : Durant la deuxième convention, nous allons renforcer la formation alternance avec un engagement sur 10 stagiaires et 5 contrats d’apprentissage. Nous allons aussi affermir les liens avec le milieu protégé, les expériences menées l’an passé s’étant révélées très positives. En ce qui concerne l’informatique et ses métiers, je constate que les centres de rééducation professionnelle forment de plus en plus de personnes handicapées et prodiguent des formations en phase avec nos métiers. On trouve plus de personnes handicapées dans l’informatique et nous avons intégré une personne malvoyante dans nos équipes. […]

H. : Où en êtes-vous par rapport aux obligations imposées par la loi de 2005 ?
C.J. : Nous avons un taux d’environ 2%. Nous sommes donc soumis à la contribution et on le restera sans doute. Nous voudrions signer cette année un accord d’entreprise avec les syndicats. Jusque là, nous étions trop « jeunes », nous avions besoin de conseils et d’aides financières. Sans cela, nous nous serions trompés d’objectif. En un an, nous avons compris ce qui était vecteur dans notre secteur et ce qui ne l’était pas. De plus, la mentalité évolue, les managers sont plus jeunes et plus enclins à répondre positivement aux sollicitations vis-à-vis du handicap. Avec 25% de jeunes embauchés chaque année, la sensibilisation est de plus en plus forte, certains ayant participé au centre Handimanagement. En 2008, la filière informatique a embauché 448 personnes, handicap compris, en CDI. En complément des obligations, nous avons aussi une politique de soutien de nos collaborateurs handicapés. Nous assurons par exemple, à hauteur de 700 euros, des aménagements de leur vie extra-professionnelle (adaptation informatique personnelle…).

 

Propos recueillis par Serge Mouraret

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