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Coin lecture du handicap

Assistance sexuelle : Découvrez la nouvelle d’Antoine M

Assistance sexuelle nouvelle d'Antoine M

Édouard et moi : Une nouvelle qui aborde le thème de l’assistance sexuelle sans tabous.

Notre chroniqueur Antoine M. prépare actuellement un recueil de nouvelles. En attendant de vous dévoiler plus d’informations à ce sujet, il vous propose de découvrir ici en exclusivité l’un de ses textes : Celui-ci aborde le thème de l’ assistance sexuelle.

Édouard et moi

Mon réveil des années 90 avec ses fameux chiffres numériques rouge-vif sonne tel une alarme à faire jaillir les morts. Il est 8.00 h. Je me lève précipitamment pour foncer dans la cuisine afin de préparer le petit déjeuner pour mes bouts d’choux. La porte d’entrée de notre pavillon parisien est restée entre-ouverte. C’est sans doute l’œuvre de mon client préféré, le plus fidèle, le plus régulier et surtout le plus normal. Mes deux enfants dévalent les escaliers. Ma fille m’embrasse sur la joue, quant à mon fils, il fixe son bol de céréales au chocolat avant de le dévorer. Mon téléphone portable hurle. Sans doute un nouveau « patient ». Le rendez-vous est fixé aujourd’hui à 14h. Je pourrai emmener mes enfants à l’école, faire les courses et le ménage. Après avoir ingurgité ma salade bio et vu les informations de 13h, je me précipite sous la douche pour « préparer » mon rendez-vous. L’épilation est de rigueur dans ce métier mais il ne faut pas non plus que « mon client » ait l’impression de faire un cunnilingus à une gamine de douze ans. Faut-il encore qu’il en soit capable. Dans ce métier l’exigence est obligatoire. Je sors ma Mini Cooper du garage et m’en vais pour rencontrer pour la première fois ce pauvre homme qui a besoin des services de mon corps.

J’arrive devant une immense villa contemporaine mais qui dénote tout de même une certaine misère – le jardin non entretenu, une voiture à l’abandon, un mobilier de jardin usé, ce qu’il me laisse penser que la solitude et la fainéantise doivent être ses principales amies. Pour être franche, je ne m’attendais pas à rencontrer Bruce Wayne. Je sonne à la porte et une Alfred mal lavée vient m’accueillir. Elle se présente comme étant la « maman » d’Edouard. Edouard était myopathe, il n’avait l’usage que de ses bras pour se branler. Aujourd’hui, je suis venue pour remplacer sa main gauche (Edouard était gaucher). Sa mère m’indique la porte de sa chambre qui se trouve au fond d’un couloir blanc décoré de tableaux insignifiants. Je frappe deux coups. Aucune réponse mais j’entends avec pudeur des gémissements féminins numériques. J’entrouvre la porte et je surprends Edouard, son pénis à demi-molle dans sa main assis dans un fauteuil hyper sophistiqué. Il me regarde d’un sourire gêné car il est train de mater un porno de Clara Morgane : La cambrioleuse. Je le rassure et ôte ma robe fleurie en soie. Je ne peux m’empêcher de remarquer que sa bite est énorme et qu’il vient de jouir dans un Kleenex. Je referme la porte et le rassure en lui disant : « C’est pas grave ». Et que je suis enfin là pour lui faire goûter la réalité. Il me demande de l’aider à s’allonger sur le lit sans même se présenter (peu importe, je connais déjà son prénom). Je m’exécute. Je lui enlève son bas de jogging et commence à lui caresser le sexe. J’enlève mon soutien-gorge pour qu’il puisse s’il en a envie poser ses mains sur mes têtons. Il le fait sans hésiter. Edouard n’est pas timide et il a l’air d’aimer ça. Je m’interdis la fellation mais j’autorise la pénétration. Son gros sexe en érection me fait jouir rapidement. J’ai même poussé un petit gémissement. Je finis par le masturber pour qu’il puisse éjaculer sur mes seins. Quand il a craché de sa bite, il s’est évanoui. Je le laisse dormir pendant que je m’essuie de sa semence. Le pauvre ! Il doit être épuisé mais soulagé et je l’espère heureux d’avoir joui sur une aussi belle poitrine. Tout en enfilant ma robe, je récupère mon salaire journalier de 160 euros en coupure de 20 déposé sur sa table de chevet en bois dans une enveloppe avec écrit dessus : « Merci Madame pour ce moment », surement dicté par Edouard à sa mère à mon attention. Quand je quitte la villa, elle est vide. Sa mère doit surement être sortie faire des courses. Sur le chemin du retour, je pleure. Non pas parce que j’ai honte de moi, mais de la peine pour lui. J’arrive devant ma maison en même temps que mon mari. Lui en costard cravate, moi en jupe, il me smacke amoureusement. Il connaît mon métier. Il l’accepte. Je suis assistante sexuelle. Je donne du plaisir aux personnes handicapées. Sous la douche, j’entends mes enfants rentrer. Je me remets à pleurer. C’est mon métier. Je l’ai choisi.

Antoine M.

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