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Aidants et isolement social : Le Collectif Je t’Aide publie son 4e plaidoyer

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Le Collectif Je t’Aide dévoile son 4e plaidoyer dédié à l’isolement social des aidants et adresse 10 propositions aux pouvoirs publics.

Déficit de protection et déficit de reconnaissance : C’est ainsi que le Collectif Je t’Aide résume les deux principales causes d’isolement social des aidants au quotidien. Et c’est autour de ces deux points clefs que s’articule son 4e plaidoyer. Dans ce texte, le collectif formule également 10 propositions concrètes à destination des pouvoirs publics afin d’améliorer dès aujourd’hui le quotidien des 11 millions d’aidants actuellement recensés en France.

Accompagnement, protection et reconnaissance des aidants

« L’isolement touche 10 à 15% de la population française et en particulier les aidants qui sont la moitié à se sentir seuls et non soutenus moralement, commente le Collectif Je t’Aide. Pris dans ce que plusieurs sociologues nomment le « cercle vicieux de l’isolement », les aidants cumulent plusieurs facteurs déterminants dans celui-ci (âge, précarité, mauvaise santé, familles mono-parentales…) ».

Par « déficit de protection », le collectif entend « un manque d’accompagnement des aidants qui effectuent, souvent seuls, un travail invisible et gratuit ». Un travail qui demande beaucoup de temps et d’attention sur plusieurs mois et années, et qui engendre des frais financiers et des impacts sur la vie professionnelle des aidants – qui sont 62% à être en activité.

« Ces manques de temps et de moyens conduisent les aidants à faire des choix dans l’organisation de leur temps, et leurs activités, telles que les rencontres avec des proches, les loisirs et les temps pour soi, sont souvent négligés, explique le collectif. Ainsi, 45% des aidants déclarent que l’aide apportée a un impact négatif sur leur vie sociale ou familiale. Ces dynamiques conduisent à une marginalisation sociale des aidants, qui se voient contraints de vivre une vie en dehors des normes sociales ».

Quant au « déficit de reconnaissance », le Collectif Je t’Aide estime qu’il s’exprime à travers l’incompréhension de l’entourage de ce rôle d’aidant et un déficit de visibilité dans la société. Il précise par ailleurs que si 48% des Français connaissent le terme « aidant », seulement 38% en mesurent véritablement le sens. Des éléments qui entraînent le retrait progressif des aidants de leur vie sociale.

Comme le soulignent les rédacteurs du plaidoyer, les conséquences de cet isolement social des aidants sont importantes, avec des risques pour leur santé (épuisement, stress…), des prises en charge tardives, et des coûts sociaux importants pour la société. D’autant plus que cet isolement a été amplifié pendant les confinements successifs, à cause notamment de la fermeture des structures d’accueil et de l’arrêt des aides à domicile.

Des propositions concrètes pour améliorer le quotidien des aidants dès maintenant

Même si de nombreux acteurs s’engagent tous les jours pour lutter contre l’isolement social des aidants (associations, pouvoirs publics, collectivités locales, entreprises, financeurs, mécènes et acteurs de la protection sociale et de la mutualité), les membres du Collectif Je t’Aide estiment que ces actions ne sont malheureusement pas suffisantes « au regard des enjeux de justice sociale, de solidarité et de démocratie ». C’est pourquoi ils formulent 10 propositions concrètes à destination des pouvoirs publics.

  1. Conduire une étude nationale menée par la DRESS pour mettre à jour et compléter les données de connaissance et de repérage des aidants en France.
  2. Mener une campagne de sensibilisation nationale lors de la Journée Nationale des Aidants (JNA) le 6 octobre, financée et diffusée par le Ministère des Solidarités et de la Santé sur le modèle des grandes campagnes de prévention.
  3. Former tous les professionnels en contact avec les aidants, tels que les professionnels de santé, sociaux, médico-sociaux, de l’Education Nationale, de la médecine du travail, les employeurs, les fonctions RH et les acteurs des séjours de vacances et animateurs au repérage des aidants et à leur orientation vers des structures adaptées d’informations et d’accompagnement.
  4. Associer le Collectif Je t’Aide à la création du cahier des charges du label de lieux d’accueil des aidants proposé par le Gouvernement. Cette labellisation devra valoriser les initiatives qui prennent en compte l’ensemble des aidants et décloisonner les volets handicap et perte d’autonomie, et les structures qui informent déjà les aidants telles que les plateformes de répit et les communautés 360.
  5. Soutenir financièrement les associations et fondations qui accompagnent et soutiennent les aidants dans une démarche globale et de qualité.
  6. Former les professionnels de l’emploi, du recrutement et de la formation professionnelle (Pôle Emploi, APEC, Missions locales, organismes de formation, recruteurs, agences d’intérim…) au repérage et à l’accompagnement des aidants dans la mise en valeur des compétences acquises durant l’aidance et dans leur maintien et retour à l’emploi.
  7. Étendre le congé de proche aidant aux personnes s’occupant d’un proche évalué en GIR 4, atteint d’affection de longue durée et d’un proche en situation de handicap inférieur à 80% présentant une situation complexe. Étendre la durée de ce congé au-delà de 3 mois, augmenter son indemnisation et permettre un congé par proche accompagné pour les aidants qui s’occupent de plusieurs proches.
  8. Développer, diversifier et rendre accessibles géographiquement et financièrement les plateformes de répit, tous motifs d’aide confondus, ainsi que leurs financements. Y inclure le répit de longue durée y compris au domicile (suppléance, relayage, baluchonnage®) et les dispositifs de répit non institutionnels.
  9. Poursuivre la mise en accessibilité universelle des lieux publics, de loisirs et de citoyenneté pour permettre l’accès aux aidants et leurs proches aux lieux de sociabilité et développer des solutions de mobilité plus souples, généralisées et moins coûteuses pour se rendre dans ces lieux.
  10. Promouvoir les lieux de vacances et de loisirs inclusifs pour permettre à chacun de vivre en société et favoriser la rencontre et le changement de regard sur la maladie, le handicap, la dépendance et les fragilités. Former les professionnels de l’animation à l’accompagnement des aidants.

Pour découvrir ce plaidoyer sur l’isolement social des aidants dans son intégralité, rendez-vous sur le site dédié.

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