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L’Agefiph est-elle prise au piège de la vague des réformes ?

Agefiph

Fin juin, une note technique de la DGEFP a interpellé la gouvernance de l’Agefiph et du Fiphfp : elle laissait entrevoir le dessaisissement des deux fonds de leurs fonctions historiques comme de leurs financements.
Nous avons rencontré Malika Bouchehioua, présidente de l’Agefiph, pour quelques explications.

  • Quelle est la situation de l’Agefiph au regard des éléments évoqués par la DGEFP dans un document de travail du 25 juin 2019 ?
    Lorsque nous avons reçu ce document de travail des services de l’Etat, nous avons été très étonnés, voire même déstabilisés car les éléments ne reflétaient pas la restitution des groupes de travail organisés par Sophie Cluzel dans le cadre de la concertation menée en début d’année. Certes, nous parlions de rapprochement Cap Emploi-Pôle Emploi mais absolument pas d’un tel chamboulement.
    Nous avons saisi cette opportunité pour être force de proposition et rappeler le rôle fondamental que joue l’Agefiph notamment grâce à sa gouvernance tripartite mobilisant les partenaires sociaux et les associations représentatives des personnes handicapées. Cette situation a renforcé la cohésion entre les membres du conseil et nous a soudés et a permis de rappeler que l’Agefiph n’est pas qu’un collecteur de fonds.
    Une écoute de grande qualité nous a été réservée et nous avons pu expliquer que, pour qu’une entreprise ou un service public soient vraiment inclusifs, ils doivent pouvoir s’appuyer sur des acteurs spécialisés. Je dirais même que cette présence est indispensable.
    N’oublions pas que la réforme de l’Obligation d’emploi des travailleurs handicapés, tout comme la fin des accords agréés, sont très proches, et que nous pouvons déjà voir le rapprochement des Cap Emploi avec Pôle Emploi se mettre en place. Tout cela représente des évolutions importantes qui doivent s’appuyer sur l’expertise et l’expérience de l’Agefiph et du FIPHFP pour donner des résultats
    Mais il nous faut être encore plus forts qu’hier pour développer l’emploi des personnes handicapées qui restent au centre de nos préoccupations. Elles ne doivent pas se retrouver perdues au milieu de ces réformes. Au contraire, l’enjeu est bien de leur apporter de meilleurs services.
    Ce que nous avons tout d’abord mis en avant, c’est notre expérience, des partenariats fluides et agiles avec une forte capacité à rebondir et un véritable savoir-faire dans l’accompagnement des entreprises et dans les territoires.
    Tout cela traduit une capacité d’action transversale, qui prend en compte la personne handicapée dans toutes les dimensions de son parcours professionnel tout en tenant compte de ses aspirations.
    La note technique de la DGEFP a permis de pousser la réflexion et faire émerger plusieurs scenarii ambitieux. Si ce document de travail nous laissés perplexes, il nous a aussi permis de nous challenger tous collectivement.
  • La pérennité de l’Agefiph est-elle assurée ?
    La réponse est oui, et au-delà de cette pérennité, ce que nous souhaitons, c’est maximiser les chances de succès pour les personnes car elles sont prioritaires et renforcer la qualité des services offerts. Le fonctionnement de la gouvernance de l’Agefiph permet cela car elle réunit les employeurs, les représentants des salariés et les associations de personnes handicapées.. La co-construction avec tous est dans notre Adn.
  • Toutes les conventions en cours seront-elles assurées jusqu’à leur terme ?
    Oui et elles seront mêmes en général renouvelées car l’Agefiph est autonome dans ce domaine.
  • Le rapprochement du réseau Cap emploi et de Pôle Emploi se fera-t-il et si oui quelles seraient les conséquences pour l’Agefiph ?
    Ce rapprochement est avant tout le résultat des travaux de concertation de l’ensemble des acteurs de terrain et des personnes concernées qui ont jugé que c’était la meilleure chose à faire. Même si nous avons beaucoup contribué à la construction de ce réseau, Cap emploi n’est pas l’affaire que de l’Agefiph et nous prenons acte des réflexions et propositions. Plus que de conséquences, je préfère parler d’adaptation. La mission de l’Agefiph, c’est le handicap, celle de Pôle Emploi, c’est l’emploi. Il y a donc une coopération étroite à construire entre nous pour favoriser l’inclusion. Ce que nous proposons à Pôle Emploi, c’est tout d’abord un appui avec transfert de savoir-faire, notamment pour le pilotage, et nous sommes prêts à soutenir les équipes pour bien prendre la mesure du « sujet handicap », c’est aussi faire un travail d’information approfondie et de pédagogie sur notre catalogue de services et d’aides financières. Nous allons également répondre au besoin de Pôle Emploi d’un catalogue plus facilement mobilisable par les conseillers.
    Si je résume, Cap et Emploi et Pôle emploi vont travailler davantage ensemble et Pôle emploi et l’Agefiph vont développer des synergies.
    Pour les demandeurs d’emploi en situation de handicap, tout cela doit se traduire par plus de simplicité et plus d’efficacité.

  • L’Agefiph va-t-elle garder la maîtrise de son offre de services actuelle et quel sera son rôle demain ?
    La réponse est oui. Cette offre de service est destinée aux demandeurs d’emploi mais aussi plus largement aux salariés, aux personnes en formation, ou par exemple à celles en service civique. Les mêmes besoins s’expriment pour toutes les personnes en activité ou en recherche d’activité.  Nous travaillons pour fluidifier l’accès à nos services et aides financières pour les conseillers, en particulier ceux de Pôle emploi. L’Agefiph s’est engagée à être réactive, à évaluer de façon constante cette offre et à mener des réajustements à très court terme… Et pour cela nous sommes très à l’écoute de Pôle Emploi et de l’ensemble de nos partenaires. L’innovation vers de nouvelles mesures relèvera aussi de notre compétence, ce qui nous amènera à faire une veille et un travail prospectif continu. Notre objectif : l’efficacité pour des parcours réussis.
    Cette offre sera accessible plus rapidement et plus facilement grâce à une plateforme nationale d’information et de services créée par la Caisse des Dépôts et la CNSA, l’Agefiph est pleinement impliquée dans sa conception.       

  • Sur quel niveau de financement l’Agefiph pourra-t-elle s’appuyer quand la collecte sera entièrement aux mains de l’Urssaf ?
    Il est écrit dans la loi que les fonds collectés seront reversés dans leur intégralité à l’Agefiph, de fait nous n’avons pas de crainte à ce sujet. Nous sommes à ce jour assurés d’une stabilité financière.

  • Avez-vous une idée du type de coordination qui pourrait naître entre l’Agefiph et le Fiphfp ?
    Nous sommes deux organismes avec la même finalité, des missions très proches dans des sphères d’action différentes. Plus que de coordination je parlerais de synergie. Nous travaillons ainsi ensemble sur le terrain avec les acteurs de l’emploi et les mêmes ambitions, et nous contribuons aujourd’hui à développer une offre de services convergente pour les personnes.   

 

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