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Agefiph : Peut-elle vous aider pour votre formation en alternance ?

Linda Fusco, comment l' Agefiph peut vous aider pour votre formation en alternance avec un handicap.

Trouver les bons appuis pour une formation en alternance grâce à l’Agefiph

Quand on parle de formation en alternance par l’apprentissage ou par contrat de professionnalisation, dans le champ du handicap, on pense bien sûr à l’Agefiph pour un éventuel cofinancement. Nous avons demandé à Linda Fusco – Chargée de mission Direction de la Sécurisation des parcours – de nous expliquer ce que propose l’Agefiph. La formation professionnelle pour l’Agefiph constitue un axe majeur de la sécurisation des parcours professionnels des personnes handicapées. Elle participe à l’augmentation de leur niveau de qualification, moins élevé que la moyenne des demandeurs d’emploi.

De quelle manière envisagez-vous l’alternance au sein de l’Agefiph ?
L’alternance est un vecteur de développement et d’accès à la qualification et à l’emploi puissant pour tout public et a fortiori pour les personnes handicapées, car elles peuvent ainsi surmonter les difficultés liées à l’écart entre le niveau de formation attendu par l’employeur et celui des demandeurs d’emploi en situation de handicap. Mobilisable à toutes les étapes de parcours, (du jeune à l’adulte), l’alternance est un levier pour sécuriser les différentes phases de Transition Professionnelle de la scolarité « ordinaire » et spécialisée, du milieu protégé et au milieu adapté, à l’accès au premier emploi en entreprise.

Quelles sont les conséquences pour la personne en formation ?
L’alternance permet d’évoluer, de monter en compétences ou de changer de métier et, suite à un licenciement, l’alternance permet de se reconvertir.
Les avantages sont nombreux pour la personne et l’employeur. La personne en situation de handicap est formée en partie sur son lieu de travail et en organisme de formation. Elle élève son niveau de qualification, elle est intégrée au sein d’une équipe de travail, perçoit une rémunération qui permet de concilier en toute continuité une vie personnelle et professionnelle et plus globalement une participation à la vie en société.

Quelles sont les motivations des entreprises dans le domaine du handicap ?
L’alternance permet à l’entreprise de former la personne sur son propre métier, de répondre à une problématique de sourcing sur des métiers en tension ou à forte technicité, d’anticiper des besoins en recrutement et de pérenniser l’emploi. L’entreprise peut facilement accompagner la personne tout au long de son contrat à l’aide d’un tutorat et des aides à la compensation de l’Agefiph. Elle bénéficie également des aides limitant le coût salarial de ces contrats. Le recrutement d’une personne handicapée permet à l’entreprise de mener un projet vraiment humain, c’est une première expérience d’intégration de personnes handicapées, un premier niveau de sensibilisation de l’ensemble des collaborateurs. L’alternance est donc un pari gagnant/gagnant entre l’employeur et la personne en situation de handicap.
Les services et les aides de l’Agefiph permettent ainsi d’accompagner l’alternant. Et l’employeur peut bénéficier d’aides à l’embauche d’une personne situation de handicap en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation dès lors que le contrat est d’une durée minimum de 6 mois et que la durée hebdomadaire de travail est au moins égale à 24 heures. Le montant de l’aide est de 3000 € pour un contrat d’apprentissage et de 4000 € pour un contrat de professionnalisation. L’employeur bénéficie également de l’aide apprenti employeur de l’État mise en place dans le cadre de Loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » adoptée le 5 septembre 2018. L’employeur, tout comme la personne en situation de handicap, peut également bénéficier de toutes les aides à l’adaptation de situation de travail et à la compensation (humaine, technique, matérielle ou pédagogique…) en entreprise et en organisme de formation afin de lever ou réduire les contraintes éventuelles liées au handicap.

De quelle manière l’Agefiph peut-elle aider ou accompagner les personnes qui souhaitent se former par l’alternance ?
L’Agefiph, en régions, a développé des dispositifs de préparation à l’alternance (apprentissage ou professionnalisation) en complément de l’offre de droit commun et en étroit partenariat avec Pôle Emploi, Cap Emploi, les OPCA et les Conseils régionaux. Ces préparations à l’alternance permettent l’acquisition de pré-requis pour accéder à une formation en alternance ou l’acquisition d’un premier niveau de compétences permettant ensuite d’accéder à une formation d’un niveau supérieur.

Quels sont les acteurs qui entrent en jeu ?
La particularité de l’alternance est qu’elle mobilise différents acteurs :
Les référents de parcours Cap Emploi, Pôle Emploi et Mission Locale qui valident le projet professionnel, s’assurent des pré-requis, contribuent à la recherche du contrat, d’autres sourceurs sont également mobilisés en fonction du secteur d’activité et du niveau de formation recherché
Le prestataire de formation, le CFA, le financeur (OPCO), l’employeur…
L’Agefiph facilite ces collaborations, et met en lien différents partenaires pour accompagner et sécuriser le parcours de l’alternant en formation et en entreprise.
Depuis plusieurs années, l’Agefiph a créé dans les territoires des réseaux de référents dans les organismes de formation et les CFA, et professionnalise l’ensemble des acteurs intervenants sur le handicap à des moments clés du parcours. Au premier rang desquels les partenaires institutionnels pour intégrer la problématique du handicap dans les politiques d’emploi et de formation. Les OPCA, demain les Opco, qui financent le contrat et peuvent appuyer et outiller les branches professionnelles et favoriser le développement d’une politique volontariste de de l’alternance. Puis les CFA et les organismes de formation pour assurer, dans de bonnes conditions, l’accueil et l’accompagnement des jeunes et adultes handicapés. L’employeur pour sensibiliser l’ensemble des collaborateurs et faciliter les adaptations de la situation de travail.

Que pouvez-vous nous dire sur le dispositif « Ressources Handicap Formation » ?
Aujourd’hui, l’Agefiph améliore encore ses appuis en créant avec ses partenaires régionaux les Ressources Handicap Formation. Elles proposent un appui pour co-construire des solutions d’aménagement des parcours de formation et créer les conditions de l’accessibilité pédagogique avec l’ensemble des référents, et plus largement pour tous les organismes de formation et leurs formateurs. Elle n’a pas vocation à se substituer aux acteurs mais à organiser leur mise en lien au service d’une meilleure prise en compte des besoins des personnes en situation de handicap en formation. Ce nouveau service s’inscrit dans le cadre des politiques régionales concertées de formation. Il est co-développé régionalement par l’Agefiph et ses partenaires : État, Région, Pôle Emploi… pour tenir compte des besoins et des caractéristiques propres à chaque territoire.

Pouvez-vous nous donner quelques chiffres en matière d’alternance et handicap ?
En 2017, près de 2444 contrats de professionnalisation et 2467 contrats d’apprentissage ont été conclus au bénéfice des personnes handicapées. Et voici quelques chiffres qui détaillent ce résultat.
Pour les contrats d’apprentissage BOE aidés financièrement par l’Agefiph[1], 26% des contrats sont signés par des femmes. 42% ont moins de 18 ans. 29% des contrats sont signés dans les entreprises de 20 salariés et + et 60% des contrats d’apprentissage sont dans le secteur du tertiaire.
Pour les contrats de professionnalisation BOE aidés financièrement par l’Agefiph[2], 51% des contrats sont signés par des femmes. 31% ont 45 ans et plus. 68% des contrats sont signés dans les entreprises de 20 salariés et + et 84% des contrats d’apprentissage sont dans le secteur du tertiaire.

L’issue de l’alternance est-elle majoritairement l’embauche ?
Si la conclusion du nombre de contrats en alternance soutenus par l’Agefiph constitue une donnée importante, le « Plan Alternance » de l’Agefiph initié depuis 2013 a poursuivi deux objectifs plus qualitatifs mais stratégiquement tout aussi essentiels. Ainsi, le taux d’emploi « post contrat professionnalisation » – c’est-à-dire, l’embauche intervenant dans les trois mois qui suivent la fin du contrat – est passé de 51% à 53% alors que le taux d’emploi « post contrat d’apprentissage » connaissait une progression plus significative encore, passant de 51% à 61%. De même, le taux de rupture a baissé dans le champ de la professionnalisation (passant de 9% à 8%) comme dans celui de l’apprentissage (de 17% à 8%).

En photo : Linda Fusco – Chargée de mission Direction de la Sécurisation des parcours à l’Agefiph.

[1] Source Dares et Agefiph, données France entière.

[2] Source Dares et Agefiph, données France entière.

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