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Advancity : « Améliorer l’accessibilité des personnes handicapées, c’est améliorer la mobilité de chacun »

Pauline Dalicier, chargée de mission écomobilité, et Philippe Chusseau, président du comité stratégique écomobilité d’Advancity, nous dressent un état des lieux de l’accessibilité des villes françaises.

 

Pouvez-vous nous présenter Advancity ainsi que son comité stratégique écomobilité? 

  

*Advancity est un pôle de compétitivité dédié à la ville et aux mobilités durables, tant dans le domaine des écotechnologies urbaines que dans celui de l’adaptation et de la transformation des villes. Il a pour ambition de :

– structurer et développer le savoir-faire français en s’appuyant sur le potentiel francilien ;

– contribuer à la constitution d’un carrefour d’informations et d’échanges sur la ville durable ;

– capitaliser sur la marque Advancity pour accompagner la promotion du savoir-faire français à l’international.

Advancity est composé de quatre comités stratégiques : écoville, écomobilité, éco construction et écotechnologies, qui sont alimentés par une réflexion sur trois thèmes transversaux : ville numérique, transition énergétique et santé en ville. Depuis sa création en 2006, il a labellisé et financé 135 projets.

 

*Le comité stratégique écomobilité concerne la mobilité des personnes et des marchandises. Il inclut également la problématique de l’accessibilité. Tout en innovant sur l’amélioration des systèmes et des infrastructures existants (notamment en ce qui concerne les transports publics), Advancity travaille dans une démarche prospective et expérimentale autour de tous les modes de déplacement et des nouveaux services offerts aux citoyens et aux professionnels ; ce dans le but de faciliter et rendre plus « durables » leurs déplacements et leur approvisionnement. Ainsi trois axes de travail sont privilégiés : les équipements, les systèmes et le pilotage.

 

Comment évaluez-vous l’accessibilité des villes françaises en termes de mobilité des personnes en situation de handicap ? 

 

Si je me réfère au récent baromètre de l’association des paralysés de France, le constat est mitigé. En effet, malgré une hausse de la moyenne générale des 96 chefs-lieux départementaux, à peine plus de la moitié des écoles et seulement 42% des réseaux de bus sont accessibles aux personnes en situation de handicap. Le constat est le même pour les cabinets médicaux et paramédicaux puisque la moitié des personnes handicapées ont des difficultés à en trouver un accessible. 

L’objectif de 2015 ne sera pas tenu. Avec Advancity nous souhaitons soutenir les projets susceptibles d’améliorer le plus rapidement possible la situation. Nous constatons que les projets d’infrastructures sont lourds et complexes, mais que les innovations de service dédiées à de nouveaux usages offrent des perspectives intéressantes et apportent parfois de nouvelles solutions (applications numériques dédiées à l’accessibilité par exemple).

 

Quels sont les secteurs et/ou villes qui se distinguent ?

 

Sauf erreur de ma part, Grenoble conserve la tête du classement devant Nantes et Caen grâce à une politique assez forte en matière d’amélioration des déplacements et des transports collectifs. Ce sont des villes où les acteurs n’ont pas hésité à faire des expériences et à investir, tout en réfléchissant aux problèmes de gestion des voitures (covoiturage…). Grenoble et Nantes ont également travaillé sur de nouveaux systèmes d’information, un point de blocage. Le fait de pouvoir expérimenter de nouveaux usages (en déployant les moyens nécessaires, toutes proportions gardées) est à notre avis un point de blocage important à prendre en compte et autour duquel on pourrait faire bouger les choses à l’avenir. À l’opposé, Digne-les-Bains ferme la marche avec Alençon et Chaumont.

La situation en Île-de-France n’est pas homogène. Les projets du Grand Paris contribueront à l’amélioration en zone péri urbaine mais il nous faudra encore relever le défi des territoires les plus excentrés et les moins accessibles (pour tous!).

 

Constatez-vous une évolution positive ? Et pour l’avenir, comment vont évoluer les choses selon vous ?

 

Globalement, la moyenne nationale du baromètre de l’accessibilité reste en progrès puisqu’elle est passée de 10,6 à 13,04 en 2012 et, enfin, 14,14 en 2013. Cette évolution moyenne ne doit toutefois pas faire oublier les fortes disparités. Et l’amélioration de l’accessibilité, notamment pour les lieux publics, sera très probablement un enjeu de la nouvelle mandature des élus municipaux.

 

Qu’est-ce qui pourrait être amélioré et comment ?

 

Permettez-moi de ne pas m’exprimer de manière générale et de centrer cette réponse sur le Nouveau Grand Paris : Advancity est tout particulièrement mobilisé sur le futur Grand Paris Express et les projets d’aménagement qui accompagneront sur les territoires, l’arrivée du futur métro.  La mise en accessibilité des équipements publics ne relève pas directement de notre compétence, en revanche, il nous appartient de mettre à la disposition des maîtres d’ouvrage et des élus les innovations (de nos membres) utiles aux personnes souffrant de handicap. Nous avons promu par exemple une application de guidage des piétons.

Notre contribution à l’amélioration de l’accessibilité tient compte de la réduction des moyens de financement des collectivités et de l’impérieuse nécessité de proposer des solutions économiquement viables – l’ingénierie des modèles économiques est incontournable maintenant.

 

Quelque chose à ajouter ?

Nous avons constaté que répondre aux besoins d’accessibilité des personnes handicapées c’est améliorer la mobilité de chacun… et que chacun a été ou sera, même ponctuellement, plus ou moins handicapé un jour… Autrement dit, on voit que lorsqu’on améliore quelque chose pour les personnes handicapées, les valides apprécient aussi. Les services pour l’amélioration de la mobilité sont utiles à tous. Si l’on arrive à démontrer cela, on a gagné. C’est un véritable enjeu de développement.

 

 

 

Wikiwalk, Streetlab et SAS-VH : Trois projets innovants labellisés et financés par Advancity

 

Wikiwalk : un  service de guidage vocal, urbain et collaboratif

 

Wikiwalk permet à tous, et notamment aux personnes en situation de handicap, de relier un point géographique à un autre en se laissant simplement par le service Wikiwalk qui transmet des consignes vocales par le biais d’un canal audio dans les écouteurs du « Walkit ».

Celui-ci se présente sous la forme d’un kit piéton que l’on connecte sur un téléphone mobile. Il est équipé d’un module GPS et les coordonnées sont transmises en fréquence vocale sur la ligne micro du kit piéton. Le « Walkit » permet de déposer des indications géolocalisées sur son parcours, pour aider d’autres membres de la communauté qui passeront plus tard au même endroit. Un service web permet également au « Wikiwalker » :

– de saisir son adresse de destination,

– d’acquérir des crédits de guidage,

– de saisir une adresse de destination pour un autre membre de la communauté (saisie collaborative),

– de stocker et restituer vocalement des points d’intérêt déposés par la communauté.

 

Wikiwalk est un service universel, facturé à l’acte, et compatible avec tous les téléphones, dernière génération ou non. Il peut aussi être utilisé comme kit piéton standard.

Dans le cadre de l’industrialisation du « Walkit », une étude est actuellement menée par Pr[i]me Altran afin d’utiliser des matériaux bio pour fabriquer son boîtier.

 

Streetlab : Des solutions pour améliorer l’accessibilité et l’autonomie des personnes déficientes visuelles

 

Société créée par l’Institut de la Vision (1er centre européen dédié à la recherche scientifique et médicale sur les maladies de la vision), vise à répondre aux enjeux de l’accessibilité et à l’amélioration de la qualité de vie des personnes déficientes visuelles, en cohérence avec la loi du 11 février 2005. Ainsi Streetlab apporte son expertise pour :

•  Concevoir des solutions innovantes s’appuyant sur les usages spécifiques aux personnes atteintes de déficiences visuelles.

• Évaluer les produits et services auprès de panels de personnes déficientes visuelles.

• Sensibiliser à la réalité de la malvoyance et de la basse vision.

 

Pour mettre en œuvre ces missions, Streetlab dispose de plateformes d’expérimentations (simulateurs des pathologies de la vision, rue artificielle, appartement laboratoire et zone d’expérimentation urbaine…), d’une équipe pluridisciplinaire et d’une ressource pour recruter des panels constitués de personnes déficientes visuelles par l’intermédiaire de l’Hôpital des Quinze-Vingt.

 

SAS-VH : Un système d’accès PMR innovant et sécurisé aux véhicules ferroviaires

 

Le projet SAS-VH consiste à combler, automatiquement et en toute sécurité, la lacune présente entre le quai et le train, maillon manquant dans la chaîne du déplacement ferroviaire du voyageur en situation de handicap. C’est une opération qui doit se dérouler dans le confort et l’autonomie en même temps qu’elle doit assurer la sécurité du passager, de la circulation ferroviaire et des personnes qui sont sur le quai. Il s’agit d’une innovation majeure qui permet de résoudre le problème d’accessibilité par cette montée/descente dans les voitures. Pour cela, il faut mesurer avec précision la lacune horizontale et verticale existant entre l’équipement fixe (quai) et la plateforme d’accès dans le train, sans contact, ni repère sur le quai.

Actuellement il n’existe pas de système réellement utilisable en toute autonomie et dans des temps compatibles avec l’exploitation ferroviaire (arrêts en gare de l’ordre de 1 à 3 minutes).

Ce projet répond donc,  notamment  pour  les  personnes handicapées et en fauteuil roulant, à une stratégie de développement du voyage ferroviaire pour tous en Europe, et peut-être ailleurs, dans le cadre d’une stratégie de développement durable. En cours de perfectionnement, ce projet nécessite à nouveau deux ans et demi de développement puisqu’il reste à fiabiliser ce système, toujours au sens ferroviaire du terme, et à le tester dans une voiture circulant réellement dans un train. Cette expérience sera l’occasion de mesurer les taux de fiabilité, de résoudre les causes de pannes éventuelles et de rechercher les composants électroniques et mécaniques les plus adéquats.

 

Retrouvez plus d’informations sur ces projets et de nombreux autres sur : http://www.advancity.eu/

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