Partager, , Google Plus, Pinterest,

Posted in:

Le handicap en Grande-Bretagne

Chroniques britanniques: L’accès aux soins des personnes handicapées en Grande-Bretagne

L’accès aux soins des personnes handicapées en Grande-Bretagne

 

Par Jean-Christophe Verro. Je m’appelle Jean-Christophe Verro. J’utilise des aides à la marche depuis 2009 et un fauteuil roulant de façon permanente depuis 2013. Pour des raisons familiales, j’ai déménagé en Grande-Bretagne en juin 2013 et j’habite à Leeds dans le Nord de l’Angleterre. J’ai habité auparavant en région parisienne.

Attention : Cet article n’est certainement pas et surtout pas une comparaison des services de santé en France et en Grande-Bretagne. Ce contenu ne distribue pas de ‘satifecit’ à l’un ou à l’autre mais présente sous l’angle d’une expérience personnelle le service de santé publique britannique, le National Health Service, qui est l’équivalent de la sécurité sociale et du service hospitalier public en France. Le NHS est partagé par tous les pays du Royaume Uni (Angleterre, Pays de Galles, Écosse et Irlande du Nord).

Tout d’abord, il convient d’établir une différence entre les USA et le Royaume-Uni, qui sont souvent confondus ou mélangés. L’accès aux soins des personnes handicapées en Grande Bretagne est gratuit. Les consultations sont gratuites, les médecins sont payés directement par le NHS. Les médicaments sont en théorie payants, cependant ils peuvent être pris en charge par différentes exemptions (Low income tax credit (bas revenus), maternity leave (maternité) et bien sûr les affections de longue durée). Les médicaments prescrits sont uniquement des génériques (un médecin vous prescrit uniquement une molécule et un dosage). Si la prescription n’existe pas en générique, la marque vous sera délivrée. Le NHS choisit uniquement de prendre en charge des médicaments ‘cost effectives’ via un protocole appelé ‘CARE Commission’. Par exemple, l’un des médicaments pris en charge en France n’a pas obtenu l’agrément de la CARE Commission pour des raisons de rapport coût/résultats et effets secondaires jugés dangereux. Néanmoins ce médicament peut être prescrit en ‘private prescription’ mais ne sera pas remboursé.

D’autre part, la distribution de médicaments de spécialité est gérée par des compagnies privées mandatées par le NHS qui vous livrent à domicile. Personnellement, je suis pris en charge à 100% pour tous mes soins, comme je l’étais en France, dans le cadre d’une ‘long term condition’, même lorsque mes soins ne sont pas directement liés à celle-ci. Le NHS est le système de santé publique le plus ancien d’Europe, créé dans les années 30 notamment par un certain Winston Churchill. II est géré par l’État et est financé par une taxe sur les salaires.  Pour que celle-ci soit prélevée à votre nom, vous devez faire une demande de Nino “national insurance number” auprès du NHS. Ce numéro demontre que vous payez (ou avez payé par le passé) vos taxes. Il peut vous être demandé pour des prestations sociales.

La première étape est de s’enregistrer auprès de son GP (General Practioner = Médecin Généraliste) local. Il est le point d’entrée de tous les soins, excepté dentaires – vous pouvez consulter un dentiste directement. Il pratique des “referrals” auprès de “consultants”, c’est-à-dire qu’il demandera pour vous l’accès (“referal”) à des soins nécessitant des médecins spécialistes (“consultants”). Vous recevrez la date de rendez-vous par courrier. Concrètement vous n’avez pas le choix dans une consultation de spécialiste, le GP va établir son ‘referal’ en fonction de plusieurs critères (localisation géographique, spécialité recherchée, coût, etc.). Les consultations de spécialistes se font uniquement à l’hôpital, dans le but de rationaliser les moyens, et au sein duquel sont établies des ‘clinics’ par spécialité. Un ‘referal’ peut être refusé.

La médecine privée (ou libérale) n’existe quasiment pas en Grande-Bretagne. Elle est d’ailleurs très chère et pas du tout remboursée. La gestion des hôpitaux est décentralisée par region ou par ville via des organismes de gestion publics appelés des ‘Trust’. Par exemple, tous les hôpitaux ou établissements de santé que je fréquente appartiennent au ‘Leeds NHS Trust’.

Le GP peut faire également des “referal” plus généralistes comme des demandes concernant l’aide sociale ou des thérapies non strictement médicales mais complémentaires (ex : podologue, etc.). Certains médicaments sont pris en charge par le NHS comme ceux utilisés pour arrêter de fumer.

Le système de santé publique est comme en France à la recherche d’économies et de rationalisation tout en visant la qualité de soins la meilleure et la plus complète. Cela peut amener quelquefois à des décisions surprenantes: lors d’une consultation, j’ai demandé que des réparations soient faites sur mon fauteuil roulant usé (pneus lisses, freins à resserrer). L’hôpital ne pouvant pas réparer un fauteuil ‘externe’, j’en ai eu un neuf!

Récemment, un ‘mini-scandale’ sur une méthode de gestion du NHS a fait la une des informations: dans le cas de certaines affections spécifiques, le NHS donne un budget au malade qu’il gère à sa guise dans le cadre de sa thérapie si celle-ci requiert des soins spécifiques non proposés par le NHS. Certains abus ont été mis en lumière, ces budgets auraient été utilisés pour payer notamment des cours d’équitation, une maison retirée à la campagne, des équipements électroménagers, etc.

Vous souhaitez poser des questions à Jean-Christophe Verro ? Vous souhaiteriez voir abordés des sujets particuliers sur le thème du handicap et/ou de la Grande-Bretagne ? Alors n’hésitez pas à nous faire part de nos suggestions en nous envoyant un mail à l’adresse : caroline@handirect.fr.

Partager, , Google Plus, Pinterest,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

J’ai lu et accepte la politique de confidentialité de ce site