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« Accepter son handicap et le faire oublier est la clef de la réussite »

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Paris. Une soirée pluvieuse de novembre. Dans le hall blanc du luxueux hôtel « Le Méridien Étoile », Philippe Orville, affiche un large sourire. Devenu paraplégique incomplet suite à un accident de ski en 1986, il est aujourd’hui Directeur régional des ressources humaines France Nord chez Starwood, grand groupe hôtelier (Sheraton, Westin, The Luxury Collection…). Il s’occupe de gérer les salariés de cinq hôtels haute gamme dans la région parisienne. À 53 ans, cet éternel optimiste dégage l’aisance et la confiance d’un homme heureux et épanoui. Un homme complet. « Le plus beau compliment que l’on puisse me faire c’est de me dire qu’au bout de cinq minutes on a complètement oublié que je suis en fauteuil roulant », glisse-t-il. Dans le bar cosy de l’hôtel, éclairé par une lumière tamisée, Philippe Orville se prête facilement au jeu de l’interview.

Un DRH en fauteuil roulant : un bel exemple en matière de diversité…
Un DRH en fauteuil roulant… et black ! C’est en effet un atout quand on communique sur l’intégration. J’en joue énormément lorsque je m’exprime dans des entretiens, des forums ou des réunions.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis né à Paris en 1958. J’ai grandi dans la banlieue de la capitale à Ivry-sur-Seine. Après mon bac, j’ai rapidement souhaité rentrer dans la vie active. Mes parents ayant repris le restaurant antillais de l’oncle de mon père, je suis devenue responsable de salle à 22 ans. Je connaissais bien l’établissement pour y avoir travaillé les week-ends. Le dynamisme de l’univers de la restauration et la relation avec le client m’a particulièrement séduit. Après deux ans, j’ai postulé pour intégrer le groupe Hilton. J’ai été embauché en tant que commis de restaurant. Le changement fut radical. Je devenais le dernier maillon de l’équipe et perdais 50 % de mon salaire. Mais le sacrifice valait le coup. Quatre ans plus tard, j’étais promu directeur du restaurant. N’ayant pas fait l’école hôtelière, j’ai suivi entre temps des cours d’anglais, d’oenologie pour apprendre les bases nécessaires, certaines compétences techniques.

 

Que s’est-il passé suite à votre accident de ski ?
Je ne pouvais plus être directeur de restaurant, un poste qui demande d’être particulièrement mobile. L’idée de faire des ressources humaines m’est venue de la DRH de l’équipe. Après avoir été formé, j’ai obtenu un premier poste en tant
que responsable de formation. J’ai gravi les échelons jusqu’au devenir directeur des ressources humaines. La suite de mon parcours est ponctuée de plusieurs expériences en tant que DRH aux Antilles et en Espagne. J’ai ensuite rejoint Paris.

Votre handicap a-t-il été un obstacle dans votre vie professionnelle ?
Personnellement, je n’ai jamais ressenti que le handicap comme un frein pour accéder à un travail. Pour les dirigeants, embaucher une personne handicapée peut même être un atout, un exemple de réussite dans son équipe. Je pense avoir eu davantage de difficultés par rapport à ma couleur de peau.

En quoi votre parcours a-t-il impacté votre vision de DRH ?
Bien évidement, j’ai naturellement une vision approfondie de ce qu’est la diversité. Je sais qu’il est possible de réussir lorsqu’on est « différent ». « Yes we can », comme dirait l’autre. Le plus important c’est l’attitude, la motivation et le plaisir
que l’on prend à faire son travail.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer aux personnes handicapées ?
Reconnaissez votre différence, reconnaissez votre handicap et faites-le oublier aux autres. Bien sûr, je suis conscient que ce cheminement est plus ou moins simple en fonction du type d’infirmité. Mais à mon sens, c’est la clef de la réussite. Une
personne gênée par son handicap va transmettre son malaise à son interlocuteur.
Plus la crainte est présente, plus vous allez la communiquer. En vous assumant, vous changez votre façon de vous exprimer, vous envoyez des ondes positives et faites tomber les barrières. C’est en acceptant soi-même sa différence qu’on la fait accepter aux autres.

1 COMMENTAIRE

  1. Mouais…enfin il oublie de dire qu’il se venge sur tous les salariés qu’il peut virer sans cœur et sans empathie, il est à la solde du patronat, une marionette

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