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Mode, beauté et handicap

Handicap et estime de soi: La peur du ridicule

La peur du ridicule

Avec ou sans handicap, la peur du ridicule nous a tous concerné à un moment ou un autre.

Par Véronique Barreau. La peur du ridicule est universelle. Très présente chez les jeunes enfants et les adolescents, elle existe aussi chez la plupart des adultes : on déteste passer pour des imbéciles ou des ignorants, paraitre faible, vulnérable ou trop différent aux yeux des autres. Cette crainte est démultipliée par une pression contemporaine constante de performance.

L’école, les devoirs, les leçons, les activités sportives, les études sont autant de prétextes à la pression de la perfection et alimentent la crainte du ridicule. À l’âge adulte, les attentes d’excellence sociale se multiplient et s’accumulent : il faut avoir l’air heureux, épanoui, disposer d’une bonne situation financière, d’un réseau d’amis, être vu comme un bon parent et être en quête d’un « toujours plus » professionnel. La réalité vécue est pourtant bien différente et cette trop grande distinction entre le réel et l’attendu engendre des préoccupations importantes sur l’image qu’on laisse à donner.

Les circonstances
Si l’inconscient collectif est un terrain fertile à la peur du ridicule, ce sont aussi bien souvent les circonstances qui définissent une situation sujette à la moquerie. On trouve ringard une émission tv présentant des hommes et des femmes cherchant l’amour, certains profils un peu atypiques pouvant être perçus comme risibles car décalés. On se trouve trop grand car la norme est plus petite. On ne s’imagine pas porter une tenue d’été alors qu’on est en plein hiver.

La crainte inspirée par la norme
À travers l’œil d’une certaine norme (norme de valeurs, de mœurs, d’actes, de vêtements, des corps, de situation), on se regarde les uns les autres avec cette crainte du risible : « Que va-t-on penser de moi? Les autres ne vont-ils par rire de moi ? ». Si cette appréhension peut traverser l’esprit de temps en temps, elle peut être parfois très envahissante et presque invalidante, résultant d’une estime de soi instable : « J’ai toujours peur de tendre la main pour dire bonjour et que l’autre ne la prenne pas », témoigne Cindy, non voyante. Une autre raconte aussi les nombreuses fois où elle n’était pas allée à une soirée de peur d’avoir l’air stupide, toute seule et donc de se sentir rejetée par le groupe. La crainte du ridicule s’accroit aussi lorsque l’on appartient, à priori, à un groupe social plus stigmatisé ; bien souvent, le sentiment de ne pas être « comme tout le monde », de ne pas être « à la hauteur » se cumule à des expériences d’enfance douloureuses : « À l’école déjà, j’étais la risée de beaucoup de mes camarades, qui ne comprenaient pas pourquoi je portais ces grosses lunettes et je devais me déplacer avec ma canne blanche ». Être trop différent peut porter une atteinte directe à notre estime, notre narcissisme, sous tendu par notre besoin d’être respecté pour ce que l’on est véritablement.

Se mettre sur le devant de la scène
Pour sortir de cette difficulté pouvant être ravageuse, les professionnels préconisent parfois des activités de « mise en scène » ; la danse, le théâtre, le relooking, sont autant de possibilités de faire l’expérience du regard des autres sous toutes ses formes, de rire de soi et des autres sans danger, pour de faux, en jouant la comédie, en interprétant un rôle ou en se déguisant. Ces activités peuvent permettre de sortir de soi, de lâcher une partie de l’emprise que l’on maintien habituellement sur sa propre image et de comprendre aussi que le regard des autres est souvent bien plus indulgent que ce qu’on aurait pu imaginer.

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