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UCANSS : La sécurité sociale s’engage pour le handicap

UCANSS la sécurité sociale engagée pour le handicap avec Carole Bonvalot

Les caisses de sécurité sociale fortement engagées dans l’emploi des personnes handicapées à travers l’UCANSS

L’Union des Caisses Nationale de Sécurité Sociale ( UCANSS ), qui est aussi la Fédération des employeurs du Régime général de Sécurité Sociale, vient de signer pour la première fois une convention avec l’Agefiph. À travers ce partenariat, le Régime général engage l’ensemble des organismes (Caf, Carsat, Cpam, URSSAF…, soit 344 organismes de Sécurité sociale) dans le déploiement de sa politique en faveur de l’emploi des personnes handicapées, ceci dans une philosophie d’offre de services. Elle vise aussi à améliorer la visibilité de sa politique handicap institutionnelle auprès des salariés et du grand public. Au-delà de cette Convention, le Régime général s’inscrit dans la durée de la thématique du handicap avec une culture d’organismes qui porte ses valeurs. Carole Bonvalot, directrice du développement et de l’accompagnement des ressources humaines de l’UCANSS s’exprime sur les différents volets de cette politique.

Pouvez-vous nous présenter l’UCANSS ?

L’UCANSS est la fédération des employeurs du Régime général, composé de 4 caisses nationales, têtes de réseau des branches qui constituent la sécurité sociale en France : Maladie, Retraite, Recouvrement et Allocations Familiales. Tous les organismes de sécurité sociale ont la même convention collective avec une impulsion commune sur les politiques de ressources humaines. Notre statut de fédération ne nous donne cependant pas de pouvoir hiérarchique sur les organisations. Nous sommes surtout là pour impulser et accompagner les politiques communes. Tous ces organismes de sécurité sociale sont des organismes privés chargés d’une mission de service public, d’où notre lien avec l’Agefiph et non pas le FIPHP. Cette fédération existe depuis le début des années 1970. Sa gouvernance est assurée par un Conseil d’orientation (intégrant les représentants des assurés sociaux et des employeurs) et un Comité exécutif (composé notamment des quatre directeurs des caisses nationales).

Quel est l’historique de votre politique institutionnelle du handicap ?
Cela a débuté avec les politiques locales de chaque employeur qui sont au nombre de 344, comme je le disais plus tôt. Pour le Régime général, il y a eu une véritable volonté qui s’est dégagée à partir de 2010 avec plusieurs briques. Nous avons commencé par un plan cadre développement durable pour la période 2011-2014 qui fixait déjà des objectifs en matière de handicap. Nous avons eu un accord de branche en 2011 sur la responsabilité sociale de l’employeur, mais ce qui fut pour moi le point de départ de la politique handicap ambitieuse que nous portons, c’est un diagnostic conseil qui a été réalisé en 2012 en cofinancement avec l’Agefiph. De grande ampleur il recouvrait à la fois les aspects qualitatifs et quantitatifs. Le comité exécutif de l’UCANSS, avait commandé ce diagnostic avec deux grands objectifs : Dans un premier temps, connaître la situation du Régime général car l’éclatement des employeurs ne nous permettait par d’avoir la vision nationale de nos résultats, comme l’appréciation des employeurs sur la politique handicap. Très logiquement, le deuxième objectif c’était d’être conseillé pour identifier les leviers d‘action que nous pouvions activer pour porter une politique ambitieuse sur le sujet du handicap à l’adresse de tous les organismes. Le diagnostic nous a aussi permis de constater que nous avions de sérieux points d’appui avec un taux national d’emploi direct de 4,7%, ce qui était très au-dessus de la moyenne nationale. 62% des organismes avaient une contribution Agefiph égale à 0. En 2013 nous étions à 4,9%, en 2015 nous avons atteint les 5,5% et 78% des organismes n’ont plus de contribution Agefiph.

Combien de personnes travaillent pour le régime général ?
Près de 148 000 personnes sont en CDI parmi lesquelles 8000 personnes sont en situation de handicap.

Comment s’organisent les recrutements ?
Je précise en préambule que le recrutement est du domaine du directeur local car ce sont des organismes autonomes. Pour autant un certain nombre d’actions étaient organisées de manière similaire dans les organismes, par exemple, des partenariats avec Cap Emploi. Nous avons aussi un dispositif institutionnel intitulé « Parthage » dédié aux candidats handicapés, qui est dans l’esprit de la loi El Khomri. Le principe est de sourcer puis d’accompagner de façon globale des personnes aptes à suivre une formation qui les guidera vers un recrutement. Nous sommes aussi présents sur les forums et dans ce cadre nous allons réunir les différents organismes sous une seule bannière Régime général. Lors du « Paris pour l’emploi » nous avions 13 organismes représentés sur un stand et ceux-ci ont collecté plus de 500 CV de salariés en situation de handicap. Nous avons aussi une bourse des emplois, c’est un outil institutionnel incontournable, chaque offre d’emploi doit y figurer. Cette bourse est visible par le grand public et ses offres vont à l’avenir apparaître dans des JobBoards, spécialisés ou non.

Trouvez-vous des candidats à tous les niveaux de la hiérarchie ?
Non, nous avons encore des marges de progrès dans ce domaine. En local, c’est une difficulté rencontrée par tous les directeurs. Nous avons pu constater que le dispositif « Parthage » est encore trop peu utilisé alors qu’il est très performant en sourcing et permet un accompagnement sur mesure du futur salarié dans son projet professionnel.

Communiquez-vous vers les collaborateurs handicapés en poste ?
Nous nous adressons d‘abord aux directeurs locaux à qui nous souhaitons donner encore davantage d’informations sur les dispositifs liés au handicap. Nous avons aussi un site intranet à disposition de tous nos salariés, au travers duquel nous communiquons sur la politique handicap. Il est vrai que nous ne communiquons pas assez directement auprès de nos salariés et notamment sur les avantages de la RQTH pour ceux qui seraient concernés par un handicap invisible. La convention prévoit une centaine de formations de sensibilisation à destination des directions et des managers. Ces derniers seront nos relais auprès des salariés, sur la politique handicap. Nous avons lancé récemment la mission handicap nationale composée de six référents nationaux et vingt-deux référents territoriaux, qui sont d’autres interlocuteurs des équipes de direction. Le changement de regard, la sensibilisation représente un axe très fort de la convention.

Que faites-vous pour le maintien dans l’emploi ?
Nous tentons de repérer les risques de désinsertion professionnelle le plus tôt possible : à cet effet, une formation est prévue pour 2018. Nous allons également aider les employeurs locaux à nouer des liens avec les acteurs extérieurs du maintien dans l’emploi tels que les Sameth, la santé au travail… par des réunions et la création d’outils tels que des annuaires. Il nous faut fluidifier les partenariats sur le sujet. L’Agefiph nous a beaucoup aidé en ce sens.

Pourquoi avoir choisi le modèle de la convention plutôt que l’accord ?
C’était une piste privilégiée par le comité exécutif et le diagnostic parce que cela nous permettait de bénéficier de l’expertise de l’Agefiph. Cela nous permet aussi d’être plus rapidement opérationnels, au travers d’un outil plus concret que l’accord de branche.

Quels sont les objectifs que vous vous êtes définis ?
En termes d’objectifs chiffrés en cohérence avec l’Agefiph, nous travaillons sur un taux d’emploi direct et pour cette convention, nous souhaitons maintenir le taux d’emploi actuel. Cela peut sembler peu ambitieux mais il faut savoir que dans les cinq ans qui viennent nous avons un volume important de départs à la retraite et notamment chez les personnes handicapées, cela représente un tiers des effectifs. Vous comprenez que de simplement maintenir ce taux va nécessiter une politique très volontariste. Les autres objectifs sont plus difficilement chiffrables car basés sur des actions de fonds qui concernent la formation, la réalisation de diagnostics locaux….

Quels sont vos liens avec le milieu protégé ?
Aujourd’hui nous sommes à 9 millions d’euros d’achats dans le secteur protégé sur des secteurs traditionnels que sont les espaces verts, l’imprimerie, la mise sous plis… D’ici 2018 nous allons monter à 15 millions d’euros avec une plus grande diversité des sous-traitants et des segments d’activités, ce qui est très ambitieux.

Propos recueillis par JMMC

Pour plus d’infos sur le site de l’ UCANSS : http://extranet.ucanss.fr/portail

Photo : Carole Bonvalot, directrice du développement et de l’accompagnement des ressources humaines de l’ UCANSS.

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