Raphaël Merlin ou le rock face au handicap
Paraplégique depuis 7 ans, Raphael, alias Manston, a surmonté les épreuves du handicap par, et grâce à, la musique. Rockeur éternel depuis toujours, il sort aujourd’hui son tout premier opus qui se veut réaliste mais avant tout fédérateur et porteur d’espoir.
Raphaël Merlin ou Manston ? La différence est infime voire inexistante entre ces deux personnages. Tout deux ont commencé la guitare à 12 ans et ont vu le même clip du groupe Oasis à la télé ayant ainsi la même « révélation » pour cette musique rock. Finalement, Raphaël c’est Manston, un tout unitaire où le seul et unique message transmit est qu’il faut « voir au-delà du handicap ». Il n’est pas juste un « handicapé », c’est aussi et avant tout un homme et un artiste. Ce genre de rockeur dans l’âme où les remous du rock d’Outre Manche vont et viennent dans ses veines comme les vagues sur la plage. Cette « sensibilité et cette attirance » pour cette musique sont le point de départ de tout, et c’est de là que par la suite, sa passion, encore naissante et curieuse à l’époque, lui permettra de surmonter son accident de la route.
Avant de devenir paraplégique Raphaël ne vivait déjà que pour la musique. Multi musicien autodidacte, ayant travaillé avec divers groupes (six pour être exacte), allant de la pop au métal il ne se posait aucunes limites apprenant de chacune de ses expériences. Il n’a cessé « d’expérimenter » et d’être « au contact des autres ». A cette époque Raphaël n’est pas encore Manston. Le tournant majeur de sa vie va au-delà d’un simple changement, c’est une réelle « renaissance » pour lui.
La musique en guise de thérapie
Le 23 août 2004 Raphaël a un grave accident de moto durant lequel il « passe sous un camion ». Réanimé de justesse par les secours à l’aide d’une piqure d’adrénaline au cœur, il s’en suivra une semaine de coma et deux ans d'hospitalisations qui lui feront côtoyer des milieux difficiles. Désormais son regard sur la vie ne sera plus jamais le même qu'avant. « Quand tu apprends que tu ne pourras plus te servir de tes jambes ça fout un coup » confie t-il en toute simplicité, assumant pleinement son handicap. Mais si Raphaël vit aussi bien son infirmité aujourd’hui c’est parce qu’il fût grandement soutenu par sa « famille et les amis qui ont toujours été présents », notamment Vincent Héraudet qui lui a permis de développer et réaliser son premier album (en l’accompagnant notamment à la batterie sur l’album).
Manston est alors né.
Derrière Le Miroir voici le nom de son premier album. Avec des textes en français pour être compris de tous, cet album est un exutoire où il se lâche complètement, délivrant sa vision de la vie, stupéfait tel un nouveau né ouvrant pour la première fois les yeux sur un monde nouveau. Ce disque Manston le définit comme une « fierté et l’accomplissement d’un projet » qui lui tenait à cœur, savourant le « plaisir de la finalité ». Pour lui c’est clair, la musique est une vraie « thérapie », et même si ce premier album avait à la base des vertus auto-thérapeutique pour Raphaël, il c’est avéré qu’il a touché beaucoup plus de personnes qu’il ne l’aurait imaginé. Il ajoute « vouloir délivrer un message d’espoir » et cherche à rassembler chacun, en situation de handicap ou non. Pour lui il faut prendre les reines de sa vie, ne pas et ne jamais se « renfermer sur son handicap ». Ainsi en tirant force de cet accident gravissime, Manston a enfin trouvé une ligne directrice, un chemin duquel on ne pourrait l’ébranler. Motivé et déterminé il prépare un nouvel album. « Le handicap n’est pas un frein », constate t-il en prenant pour exemple Tony Iommy, célèbre guitariste du groupe de Heavy Metal britannique Black Sabbath, qui s’est fait sectionner l'extrémité de deux de ses doigts par une presse hydraulique.
« Chaque chanson est tournée vers un aspect positif des choses ».
Raphaël, décontracté et très chaleureux revient alors sur sa jeunesse.
Ambition égal réussite
Jeune, il suivait un baccalauréat STI (Science et Technique Industrielle) en électronique afin d’avoir les bases pour plus tard vivre dans le domaine musical. Mais les études et lui faisaient deux : « Je n’ai jamais vraiment aimé l’école », et avoue que la meilleure des situations est celle où l’on peut « conjuguer sa passion avec son métier ». Ainsi il semble incontestable que Raphaël, a toujours eu de l’ambition et des projets et que cela qui lui a permis de surmonter bien des épreuves douloureuses.
Selon le philosophe allemand Nietzsche « sans la musique, la vie serait une erreur ». Voilà qui devrait définitivement résumer la vision de Manston, rockeur, handicapé et alors ?
David Guillemaud








