Emploi
Adia : Les demandes spontanées des entreprises en forte hausse
Adia est un acteur majeur de l'insertion des personnes handicapées depuis de nombreuses années et le point de vue d'Yvette Dufour responsable de la mission handicap sur le marché du travail des personnes handicapées a son importance. Elle nous livre, sans faux semblant, les réponses à nos questions.
Où en êtes-vous aujourd'hui, chez Aida, dans votre politique d'insertion des TH ?
Yvette Dufour : A son arrivée, notre nouveau Directeur Général s'est emparé de ce sujet en réaffirmant haut et fort l'engagement d'Adia en faveur de l'emploi des travailleurs handicapés. Ce combat a également été au cœur de notre dernière campagne de communication. Mais plus concrètement, la loi du 11 février 2005 qui a renforcé les obligations des entreprises de 20 salariés et plus est bien connue aujourd'hui. De ce fait, elles nous sollicitent encore plus qu'avant et spontanément pour que nous les accompagnions dans leurs recrutements...qu'il s'agisse de grandes entreprises soucieuses de répondre à leurs enjeux de Responsabilité sociale, ou de PME et c'est plus nouveau, qui font appel à notre savoir-faire de recruteur.
Nous observons également une demande forte d'informations de la part des entreprises qui n'emploient pas de personnes handicapées et qui s'inquiètent d'une part des risques qu'elles prennent quant au montant de leur contribution volontaire AGEFIPH, et d'autre part, de la difficulté à démarrer des actions de recrutement efficaces.
Quels sont les enjeux actuels pour les entreprises ?
Yvette Dufour : La difficulté à laquelle elles sont le plus confrontée, c'est de trouver des candidats dont le niveau de formation correspond au niveau de pré-requis qu'elles recherchent. L'enjeu actuel est de donc de former les candidats qui ont besoin de monter en compétences pour répondre aux exigences formulées par les entreprises. C'est ce que nous faisons tout au long de l'année par le biais de la formation continue. Mais nous incitons aussi les entreprises à revoir leurs critères de recrutements à la baisse afin de donner leurs chances aux candidats handicapés et de les inscrire ensuite dans un parcours professionnalisant. Les entreprises restent malgré tout assez frileuses pour former en nombre les salariés handicapées recrutés. Nous nous orientons donc plus vers des formations individuelles, plus chères mais plus souples à gérer.
Nous menons ces projets en particulier pour les candidats victimes récentes d'un accident de vie ou qui sortent de centres de rééducation professionnelle. Ce type de public est très motivé pour renouer avec l'emploi et il suffit de peaufiner leur savoir-faire initial. Quant aux personnes qui sont au chômage depuis longtemps, elles doivent avant tout montrer leur motivation et venir dans nos agences en ayant réfléchi à leur projet professionnel. Ce sont les critères sur lesquels nous les sélectionnons et elles sont les seules à pouvoir dire jusqu'ou elles se sentent capables d'aller.
Comment réagissent les entreprises face à ce manque de candidats ?
Yvette Dufour : Elles cherchent véritablement des solutions pour embaucher des personnes handicapées. Et une de ces solutions, c'est de s'adresser à Adia. Mais elles sont aussi confrontées à des candidats handicapés qui ne veulent pas être déclarés comme tel en particulier lorsque leur handicap ne se voit pas. Et c'est un risque supplémentaire évident d'accident du travail. Toutes les mesures nécessaires à la sécurité et à l'intégrité physique du candidat en poste ne peuvent pas être prises dans ces conditions. Nous devons inciter les candidats handicapés à déclarer leur handicap, nous devons leur expliquer qu'ils ont tout à y gagner !
Quels sont vos objectifs pour les prochains mois ?
Yvette Dufour : Nos possibilités d'intervention s'étant largement étendues, nos objectifs passent par une forte croissance de nos délégations en intérim mais aussi de nos recrutements pour des CDI (plus de 100 signés en 2007) et des CDD. Bien sûr, nous continuons de maintenir la pression sur la formation pour consolider les compétences des personnes qui ne trouvent pas par eux-mêmes un emploi.
La baisse d'activité actuelle vous inquiète t'elle ?
Yvette Dufour : Certes il y a une baisse d'activité dans l'intérim. Et nous craignons que cette baisse se poursuive en 2009 mais la demande des entreprises qui souhaitent remplir leur obligation reste forte. Elles ne cherchent pas à recruter uniquement en intérim mais elles recrutent également en CDD/CDI.
Propos recueillis par JMMC
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